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CRITIQUES DE CONCERTS 18 aoűt 2019

Concert de l’Orchestre de Paris sous la direction de Daniel Harding, avec la participation de la soprano Barbara hannigan et de l’altiste Antoine Tamestit à la Philharmonie de Paris.

Berlioz décoloré
© Harald Hoffmann

Composée à la demande de Barbara Hannigan et créée par elle en 2013 à Berlin, Let me tell you d’Hans Abrahamsen montre ses limites à la Philharmonie de Paris, sans profiter d’une direction impliquée de Daniel Harding, peu inspiré ensuite pour colorer Harold en Italie malgré l’alto expressif d’Antoine Tamestit.
 

Philharmonie, Paris
Le 27/02/2019
Vincent GUILLEMIN
 



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  • ComposĂ©e Ă  partir d’extraits du roman de Paul Griffiths sur la figure shakespearienne d’OphĂ©lie, Let me tell you d’Hans Abrahamsen se prĂ©sente dans sa forme dĂ©finitive en trois parties et sept sous-parties, pour une durĂ©e de trente minutes environ. InitiĂ© par Barbara Hannigan elle-mĂŞme, le projet a conduit Ă  la crĂ©ation de l’œuvre par la soprano fin 2013 Ă  Berlin, avec les Berliner Philharmoniker sous la direction d’Andris Nelsons. L’ouvrage a Ă©tĂ© repris depuis dans plusieurs villes avant d’arriver Ă  Paris, toujours avec sa crĂ©atrice.

    D’abord élève de Per Nørgård, dont il ressort beaucoup plus d’influences stylistiques que de son maître Ligeti ensuite, Abrahamsen joue de la micro-tonalité, sans pour autant jamais atteindre la puissance de message de spectraux tel Grisey, même lorsqu’il demande à frotter une peau sur le tambour pour accompagner toute la dernière partie. Il lisse au contraire un ouvrage seulement développé par d’amples nappes orchestrales, boréales à l’image des musiques du Nord, sans renouveler particulièrement le langage musical de ces cinquante dernières années.

    Hannigan, dans cette œuvre sur mesure, peut se mettre en avant et montrer sa capacité à gérer les écarts et à maintenir une ligne de chant droite, jusqu’à la dernière octave, sans bénéficier en revanche du volume nécessaire pour emplir une salle comme la Philharmonie de Paris. Le parterre l’entend correctement, mais parce que Daniel Harding limite systématiquement le volume sonore, celui des tuttis et des fortes, et même des pizzicati, souvent quasi inaudibles, au risque de ne plus rien proposer d’autres qu’un sage accompagnement dans des sons cristallins et éthérés.

    En seconde partie, le chef anglais peut redonner du volume à l’orchestre, mais nous avions déjà entendu depuis son arrivée à Paris que dans la musique française et Berlioz en particulier, sa lecture cherche souvent la ligne avant la couleur, au risque de passer à côté du sujet. Il débute Harold aux montagnes sans Harold, par une introduction orchestrale épaisse, plus proche du style attendu dans une musique de scène romantique allemande de Mendelssohn ou Schumann, qu’il réussit si bien, qu’adapté à une partition française.

    Antoine Tamestit entre ensuite pour rejoindre l’Orchestre de Paris avec lequel il a déjà joué l’œuvre sous Paavö Järvi. Il débute sa partie d’alto d’un son chaleureux et ample. Pourtant, plutôt que de dépeindre les montagnes d’Italie, l’artiste décolore rapidement son archet et ne livre pas le meilleur de lui-même pour s’adapter aux sonorités grises de l’orchestre. Il propose tout de même d’agréables interventions lors de la Marche des pèlerins, en compagnie de bois touffus et d’une superbe harpe, puis dans la Sérénade, tandis qu’il rate l’Orgie des brigands, placé avec quelques musiciens en haut de l’arrière-scène, au risque de se retrouver complètement couvert par l’orchestre.




    Philharmonie, Paris
    Le 27/02/2019
    Vincent GUILLEMIN

    Concert de l’Orchestre de Paris sous la direction de Daniel Harding, avec la participation de la soprano Barbara hannigan et de l’altiste Antoine Tamestit à la Philharmonie de Paris.
    Hans Abrahamsen (*1952)
    Let me tell you
    Création française
    Barbara Hannigan, soprano
    Hector Berlioz (1803-1869)
    Harold en Italie, op. 16
    Antoine Tamestit, alto
    Orchestre de Paris
    direction : Daniel Harding

     


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