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CRITIQUES DE CONCERTS 19 avril 2019

Nouvelle production de Der Prinz von Homburg de Henze dans une mise en scène de Stephan Kimmig et sous la direction de Cornelius Meister à l’Opéra de Stuttgart.

Der Prinz von Stuttgart
© Wolf Silveri

Exalté par une fosse puissante et concentrée sous la direction du nouveau directeur musical Cornelius Meister, Der Prinz von Homburg retrouve la scène à Stuttgart dans une proposition radicale de Stephan Kimmig, avec une distribution portée par Robin Adams dans le rôle-titre, et la Nathalie étincelante de Vera Lotte-Böcker.
 

Staatstheater, Stuttgart
Le 22/03/2019
Vincent GUILLEMIN
 



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  • À la mort de Hans Werner Henze en 2012, les hommages ont surtout consisté en la programmation de courtes pièces symphoniques. C’est donc avec intérêt que l’on guette les reprises de ses ouvrages lyriques, dont les récentes Bassarides de Rome puis Salzbourg, ainsi que cette nouvelle production du Prinz von Homburg à Stuttgart, portée par le duo Schoner-Meister depuis la rentrée. Le parterre clairsemé prouve cependant que même ici, l’expérience est risquée.

    Pourtant, Stuttgart a bâti les choses intelligemment pour cet ouvrage sur un livret d’Ingeborg Bachmann d’après la dernière pièce de Kleist, écrite quelques mois avant sa mort à partir des mémoires de Frédéric II. En premier lieu, on doit à la direction de Cornelius Meister une concentration de tous les instants. L’action toujours soutenue exalte tant les tonalités mordorées du rêve et ses sonorités cristallines que les moments plus intenses, avec une splendide puissance des bois graves, des cuivres et des percussions.

    La mise en scène confiée à Stephan Kimmig trouve un artiste plus connu dans le milieu du théâtre en Allemagne. On oublie alors les décors de châteaux, tout comme le champ de bataille, pour se concentrer sur un espace clinique de murs gris et carrelages blancs. Le Prince Electeur Friedrich von Homburg rêve éveillé alors qu’une importante bataille se prépare ; il se réveille avec un gant qui lui fait douter de la part de l’onirisme de ce qu’il vient de vivre. Il se trouve alors sur une grande double-échelle, quand les autres le cherchent dessous avec des lampes torches dans le noir.

    Nathalie tente de le réveiller à coup de gants de boxe ; c’est l’un d’eux que retrouve Friedrich à son réveil. Puis en guise de bataille contre l’armée de Stockholm, on assiste en arrière-scène à un barbouillage rouge sang de quelques protagonistes. De nombreuses double-échelles insinuent le doute quant à la réalité, décalant le propos vers les incertitudes d’Henri IV de Pirandello. Rapidement, plus personne ne sait ni ne cherche à démasquer qui est le plus fou de tous.

    Au II, une armoire à glace intérieure sert de coffrage à de nombreuses discussions, renvoyant au passage le spectateur face à son image. Puis la double-échelle réapparaît, un cordage de pendu au centre, puisque pour avoir désobéi pendant la bataille, le Prince doit mourir. Lorsqu’on lui ôte le bandeau des yeux, plutôt que la mort, il assiste à son mariage avec sa bien-aimée.

    De la distribution se démarque le couple princier, celui d’un Robin Adams nerveux en scène pour correspondre au trouble de son personnage, avec une belle maîtrise de la voix sur toute la tessiture requise, même dans les nombreuses parties tendues. On retient son long Gott à l’ouverture de la scène de prison, hommage évident du compositeur à Beethoven. Vera Lotte-Böcker lui répond avec une ligne toujours parfaitement maintenue d’une voix particulièrement ample, au timbre coloré, jamais dénaturé jusque dans le haut du spectre.

    Štefan Margita en Électeur du Brandebourg impose par sa présence, épaulé par l’Électrice impitoyable de Helene Schneiderman. Du reste de la distribution ressort l’Hohenzollern sensible de Moritz Kallenberg, qui offre un intéressant contraste avec le Prince, puis le timbre glabre du Feldmarschall Dörfling de Michael Ebbecke. Si cette musique refroidit encore une partie du public, l’entendre dans ces conditions avec un tel maître en fosse ne peut que lui redonner ses lettres de noblesses.




    Staatstheater, Stuttgart
    Le 22/03/2019
    Vincent GUILLEMIN

    Nouvelle production de Der Prinz von Homburg de Henze dans une mise en scène de Stephan Kimmig et sous la direction de Cornelius Meister à l’Opéra de Stuttgart.
    Hans Werner Henze (1926-2012)
    Der Prinz von Homburg, opéra en trois actes et neuf tableaux
    Livret d’Ingeborg Bachmann, d’après la pièce de Heinrich von Kleist

    Staatsorchester Stuttgart
    direction : Cornelius Meister
    mise en scène : Stephan Kimmig
    décors : Katja Haß
    costumes : Anja Rabes
    vidéos : Rebecca Riedel
    éclairages : Reinhard Traub
    dramaturgie : Miron Hakenbeck

    Avec :
    Štefan Margita (Friedrich Wilhelm, Kurfürst von Brandenburg), Helene Schneiderman (Kurfürstin), Vera-Lotte Böcker (Prinzessin Natalie von Oranien), Robin Adams (Prinz Friedrich Artur von Homburg), Moritz Kallenberg (Graf Hohenzollern)
    Michael Ebbecke (Feldmarschall Dörfling), Friedemann Röhlig (Obrist Kottwitz),
    Johannes Kammler (Wachtmeister), Mingjie Lei (Erster Offizier), Paweł Konik (Zweiter Offizier), Michael Nagl (Dritter Offizier), Catriona Smith (Erste Hofdame), Anna Werle (Zweite Hofdame), Stine Marie Fischer (Dritte Hofdame).

     



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