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CRITIQUES DE CONCERTS 18 septembre 2020

Nouvelle production des Boréades de Rameau dans une mise en scène de Barrie Kosky et sous la direction d'Emmanuelle Haïm à l'Opéra de Dijon.

Du spirituel dans l'air
© Gilles Abegg

On doit à Barrie Kosky une inoubliable mise en scène de Castor et Pollux, montée à Lille et Dijon en 2014. C'est peu de dire combien nos attentes étaient fortes à l'idée de savoir qu'il allait monter Les Boréades. Il fait de cet opéra un hommage à l'art du cartoon et au film muet, magnifié par la direction d'Emmanuelle Haïm et un plateau de premier plan.
 

Auditorium, Dijon
Le 22/03/2019
David VERDIER
 



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  • Barrie Kosky est un ĂŞtre insaisissable qui aime aussi bien l'opĂ©ra romantique, la tragĂ©die lyrique ou l'opĂ©rette berlinoise. Comme Ă  son habitude, il rĂ©ussit Ă  imposer une vision du spirituel et de la grâce, notamment grâce Ă  un Ă©tonnant dĂ©cor signĂ© Katrin Lea Tag. Cet Ă©crin signifiant dĂ©veloppe autour du thème du vent et des nuĂ©es des dĂ©clinaisons poĂ©tiques et merveilleuses. Refusant d'illustrer l'extrĂŞme minceur de l'intrigue par des effets inutiles, l’Australien sort son carnet Ă  dessin et offre Ă  ces BorĂ©ades les contours d'une aquarelle de gestes et de couleurs d'une beautĂ© remarquable.

    Ce chant du cygne que Rameau lui-même n'a jamais pu voir représenté sur scène, raconte les amours contrariés d'Abaris et Alphise – princesse courtisée par les fils de Borée, la divinité du vent du Nord. Stylisé à l'extrême, le décor présente une scène centrale que couvrent et découvrent les quatre pans d'une immense boîte blanche. Cupidon soulève d'un seul doigt cet espace massif, et il suffit d'un souffle pour que roulent d'un bord à l'autre de la scène, les personnages allongés sur le sol.

    Kosky négocie les déplacements du chœur avec une maestria et une élégance qui forcent le respect. Chaque élément du groupe est caractérisé par une attitude particulière, ce qui donne à l'ensemble une multiplication des points de focalisation, quand il ne s'agit pas carrément de faire danser tout ce beau monde à la manière d'une opérette d'Oscar Straus ou Paul Abraham – deux compositeurs chers au directeur de la Komische Oper.

    Ce monde peuplé de divinités s'articule autour de la présence du personnage multiple, incarné par Emmanuelle De Negri. Tour à tour Sémire, Polymnie, Cupidon et Nymphe, elle promène son profil de lutin malicieux et tient les rênes de l'action, comme en témoigne sa façon de guider les personnages avec deux baguettes placées dans leur dos. Les mêmes baguettes refont leur apparition après la terrible tempête du IV, quand Apollon traverse la scène, agitant ses corbeaux sous une pluie d'étoiles.

    Il fallait à ce spectacle des interprètes à la hauteur de cette esthétique d'une beauté épurée. Emmanuelle Haïm déploie les fastes de son orchestre et des chœurs du Concert d'Astrée, avec des timbres scintillants et des lignes de bois en pleins et déliés. Les interventions du chœur sont remarquables d'impact et de vivacité, avec un art des déplacements qui permet difficilement de les dissocier des six danseurs présents sur scène.

    On trouve dans le carquois d'Emmanuelle De Negri toutes les flèches vocales qui se plantent dans notre cœur. Elle fait d'un personnage multiple le centre de focalisation des intérêts, au point de ravir le premier rôle à Hélène Guilmette dont l'Alphise pourra sembler corsetée dans trop de sagesse. Mathias Vidal donne à Abaris une véhémence et une énergie qui jure avec son costume de premier de la classe. Seules les toutes dernières interventions laisseront percer une faiblesse relative dans les notes de passage.

    Ni Sébastien Droy (Calisis) ni surtout Yoann Dubruque (Borilée) ne sauraient prétendre à des moyens capables de séduire une princesse. Les voix sont ici forcées et assez ternes dans l'ensemble. Trop gommeux dans son Adamas, Edwin Crossley-Mercer réalise des prouesses en Apollon tandis que Christopher Purves campe un Borée sculpté dans la masse et très sonore.




    Auditorium, Dijon
    Le 22/03/2019
    David VERDIER

    Nouvelle production des Boréades de Rameau dans une mise en scène de Barrie Kosky et sous la direction d'Emmanuelle Haïm à l'Opéra de Dijon.
    Jean-Philippe Rameau (1683-1764)
    Les Boréades, tragédie lyrique en cinq actes
    Livret de Louis de Cahusac

    Coproduction avec la Komische Oper de Berlin

    Orchestre et Chœur du Concert d’Astrée
    direction : Emmanuelle HaĂŻm
    mise en scène : Barrie Kosky
    décors et costumes : Katrin Léa Tag
    Ă©clairages : Franck Evin
    chorégraphie : Otto Pichler

    Avec :
    Hélène Guilmette (Alphise), Mathias Vidal (Abaris), Emmanuelle De Negri (Sémire / Polymnie / Cupidon / Nymphe), Edwin Crossley-Mercer (Adamas / Apollon), Sébastien Droy (Calisis), Yoann Dubruque (Borilée), Christopher Purves (Borée), et les danseurs Yacnoy Abreu Alfonso, Julie Dariosecq, Benjamin Dur, Anaëlle Echalier, Lazare Huet, Anna Konopska.

     



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