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CRITIQUES DE CONCERTS 19 avril 2019

Nouvelle production de L'Enchanteresse de Tchaïkovski dans une mise en scène d’Andryi Zholdak et sous la direction de Daniele Rustioni à l'Opéra de Lyon.

Un conte cruel
© Bertrand Stofleth

Point culminant du festival Vie et destins, cette Enchanteresse était inédite sous nos latitudes. La mise en scène de Andryi Zholdak donne à l’opéra de Tchaïkovski les dimensions d'un délire onirique de quatre heures. Un cast de tout premier plan et un orchestre chauffé à blanc complètent une soirée à marquer d'une pierre blanche.
 

Opéra national, Lyon
Le 27/03/2019
David VERDIER
 



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  • On connaissait depuis un certain Roi Candaule de Zemlinsky monté à Gand en 2016, le goût d'Andryi Zholdak pour les œuvres méconnues et les mises en scènes complexes et foisonnantes. Inconnue en France, l’Enchanteresse de Tchaïkovski est inspirée d'un conte populaire de la région de Nijni Novgorod qui raconte les amours impossibles entre un jeune prince et une femme du peuple prénommée Kouma, cette enchanteresse qui finira empoisonnée par la mère du prince tandis que celui-ci sera étouffé par son père.

    Ce drame de la jalousie est également un drame social dont la conclusion nous éloigne clairement d'un conte de fée. Le personnage de Kouma revendique une liberté d'aimer et une appétence pour la gent masculine qui fait d'elle une femme fatale. Le décor imaginé par Daniel Zholdak présente trois espaces mobiles, dont la pauvre masure de Kouma, l'intérieur glacé du palais et une chambre nuptiale.

    S'ajoute à ces espaces l'intérieur d'une église située en fond de scène avec, sur le mur latéral, un immense Christ équipé d'un dispositif caméra miniature par Mamyrov, le prêtre maudit à qui Zholdak donne un rôle prééminent. Dans la longue introduction muette, il est filmé en train de traverser Lyon et débarquant sur scène après le service divin pour aller chercher sur un site de rencontres cette enchanteresse par qui le bonheur (et le malheur) arrivent.

    Un casque de réalité virtuelle permet à ce catho-geek de lorgner tranquillement ses proies, dont le portrait est projet en direct sur les hauts rideaux qui séparent la scène à certains moments. Prise dans un tourbillon de références et de situations qui rappellent les délires felliniens de 8 ½ ou Roma, l'action de L'Enchanteresse s'emballe pour notre plus grand plaisir. Le spectacle met à nu une société telle que décrite par Nicolas Gogol ou peinte par James Ensor. Kouma transforme – littéralement – les mâles en rut en satyres, et progressivement, c'est tout le cercle de la famille princière qui finit par imploser.

    Elena Guseva éblouit dans le rôle-titre de Kouma-Nastassia. La voix est à la fois large et percutante, avec des changements de registres qui se jouent des difficultés et séduisent d'un bout à l'autre de l'ouvrage. Mezzo capiteux et sonore, Mairam Sokolova est idéale en Ninila, sœur du redoutable Marymov. La Princesse Eupraxie est interprétée par Ksenia Vyaznikova, qui apporte à ce personnage de mère abusive et meurtrière le timbre et l'engagement adéquats. La projection et l'impact du ténor Migran Agadzhanian offrent au Prince Youri un caractère et une présence incandescente, tandis que son père, le Prince Nikita, trouve en Evez Abdulla une voix saine et voluptueuse. Piotr Micinski incarne parfaitement le sournois Mamyrov, avec une inimitable pointe de noirceur et de vilenie.

    La fosse est portée à incandescence par un Daniele Rustioni qui donne à cette Enchanteresse des accents parfois quasi-wagnériens, à la fois tendus et lyriques, d'une dimension virtuose et expressive qui sublime et séduit l'auditeur. Une immense réussite.




    Opéra national, Lyon
    Le 27/03/2019
    David VERDIER

    Nouvelle production de L'Enchanteresse de Tchaïkovski dans une mise en scène d’Andryi Zholdak et sous la direction de Daniele Rustioni à l'Opéra de Lyon.
    Piotr Ilitch Tchaïkovski (1840-1893)
    L’Enchanteresse, opéra en quatre actes (1887)
    Livret d'Hippolyte Vassiliévitch Chpajinski

    Orchestre et Chœurs de l’Opéra de Lyon
    direction : Daniele Rustioni
    mise en scène : Andriy Zholdak
    décors & éclairages : Daniel Zholdak
    costumes : Simon Machabeli
    vidéo : Etienne Guiol
    préparation des chœurs : Christophe Heil

    Avec :
    Elena Guseva (Kouma / Nastassia), Evez Abdulla (Le prince Nikita), Ksenia Vyaznikova (La princesse Eupraxie), Piotr Micinski (Mamyrov), Migran Agadzhanyan (Le prince Youri),
    Mairam Sokolova (Nenila), Oleg Budaratskiy (Ivan Jouran), Christophe Poncet de Solages (Loukach), Evgeny Solodovnikov (Kitchiga), Vasily Efimov (Païssi), Sergey Kaydalov (Koudma), Simon Mechlinski (Foka), Clémence Poussin (Polia), Daniel Kluge (Balakine), Roman Hoza (Potap), Tigran Guiragosyan (invité).

     



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