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CRITIQUES DE CONCERTS 19 avril 2019

Nouvelle production de Manon Lescaut de Puccini dans une mise en scène de David Pountney et sous la direction de Riccardo Chailly au Teatro alla Scala, Milan.

La jeunesse de Manon
© Teatro alla Scala

Dans la continuité du projet Puccini initié dès sa première saison avec Turandot, le directeur musical du Teatro alla Scala Riccardo Chailly s’attèle maintenant à la version initiale de Manon Lescaut. Il retrouve la soprano Maria José Siri et en dernière minute, le ténor Roberto Aronica, pour remplacer Marcelo Alvarez souffrant.
 

Teatro alla Scala, Milano
Le 06/04/2019
Vincent GUILLEMIN
 



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  • Déjà pour Madama Butterfly, Riccardo Chailly à La Scala était revenu aux sources avec l’édition critique de la version primitive. Il fait de même cette saison avec Manon Lescaut, moins retravaillée ensuite par Puccini, bien que nombre de passages ne soient plus tout à fait les mêmes.

    Ainsi quelques textes s’ajoutent, et l’action, moins concentrée, s’attarde sur certains détails. Cela procure une intéressante fraîcheur à l’acte I et notamment à son Finale, revu dès 1894 pour La Scala, mais joué ce soir dans la version turinoise de la création de 1893. Sola perduta abbandonata augmenté lui aussi est ici plus récité, donc moins lyrique et plus théâtral.

    Le directeur musical des lieux, en grande forme, génère bien plus de dynamique qu’en ouverture de saison pour Attila. Son attention à la scène comme à l’orchestre sublime de nombreuses parties et exalte les chœurs. L’acte IV n’est pas bouleversant, mais traité avec flamme grâce à un Orchestra del Teatro alla Scala superbe en groupe comme en solo, à l’image du basson et du hautbois, ou des cordes dans le célèbre Intermezzo.

    La mise en scène de David Pountney bénéficie de fastueux décors de Leslie Travers, pour une proposition très classique. L’architecture au I ressemble à celle des premières gares, murs de briques et poutres de fer, surélevée d’un toit de verre. Manon y dort sur une charrette, avant qu’un énorme train ne vienne troubler le massif ensemble. Les wagons reviennent ensuite pour présenter une coupe intérieure à l’acte parisien, puis un autre plus cloisonné au Havre pour empêcher les prisonnières d’échapper à leur sort. Le dernier acte présente la gare ravagée par le sable et la sécheresse, qui finit par tuer Manon, à nouveau allongée sur une charrette.

    Les costumes classiques de Marie-Jeanne Lecca s’accordent à la proposition, pour montrer l’idée de mouvement permanent des acteurs, dans cette histoire partagée entre quatre villes et deux continents. La notion de temps est renforcée par une grosse horloge, à moitié ensevelie au dernier acte. Comme pour La Bohème scaligère de Zeffirelli, la massivité de la proposition captive le regard plus que la réflexion, au risque de limiter les effusions de sentiments.

    Marcelo Álvarez devait chanter, et nous l’entendions se chauffer avec vigueur plus de deux heures avant, alors que nous interviewions Maria José Siri. Pourtant le directeur Alexander Pereira apparaît sur scène juste avant le début de la représentation et annonce une crise d’asthme, ainsi que son remplacement inopiné par Roberto Aronica. De l’Argentin à l’Italien, Des Grieux perd peut-être la beauté du timbre, mais gagne un chant plus souple et mieux déclamé, bien adapté à cette version de l’opéra.

    Son dernier air et dernier duo émeuvent, quand face à lui, Maria José Siri expose la projection d’un médium plein et la puissance de l’aigu, dans un contrôle de la voix à même de passer l’orchestre même dans les forte. Son dernier air perd en maturité par le style de l’écriture de Puccini, mais gagne à être porté par une soprano qui a encore muri le rôle depuis ses dernières prestations, évidemment dans la version habituelle de l’œuvre.

    À leurs côtés, Massimo Cavalletti porte toute la gravité de Lescaut par la profondeur d’un superbe timbre dans le bas du spectre, tandis que Carlo Lepore donne de la perspective à Géronte grâce à la couleur du médium. Le Coro del Teatro alla Scala participe lui aussi à dynamiser l’ensemble par une mise en place impeccable pour toutes ses scènes, même lorsqu’il doit se partager sur plusieurs hauteurs.




    Teatro alla Scala, Milano
    Le 06/04/2019
    Vincent GUILLEMIN

    Nouvelle production de Manon Lescaut de Puccini dans une mise en scène de David Pountney et sous la direction de Riccardo Chailly au Teatro alla Scala, Milan.
    Giacomo Puccini (1858-1924)
    Manon Lescaut, drame lyrique en quatre actes
    Livret de Luigi Illica, Giuseppe Giocosa et Marco Praga, d’après L’Histoire du chevalier Des Grieux et de Manon Lescaut de l’Abbé Prévost

    Coro ed Orchestra del Teatro alla Scala di Milano
    direction : Riccardo Chailly
    mise en scène : David Pountney
    décors : Leslie Travers
    costumes : Marie-Jeanne Lecca
    éclairages : Fabrice Kebour
    chorégraphie : Denni Sayers
    préparation des chœurs : Bruno Casoni

    Avec :
    Maria José Siri (Manon Lescaut), Massimo Cavalletti (Lescaut), Roberto Aronica (Chevalier Des Grieux), Carlo Lepore (Geronte), Marco Ciaponi (Edmondo/Maître de Ballet/Lampianaio), Emanuele Cordaro (Hôtelier), Alessandra Visentin (Un musicien), Daniele Antonangeli (Sergent des archets), Gianluca Breda (Un Commandant de marine).

     



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