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CRITIQUES DE CONCERTS 06 juillet 2020

L'Ensemble Intercontemporain rend hommage à Stravinsky au musée d'Orsay de Paris?

Stravinsky était-il russe ?

L'Ensemble Intercontemporain, dirigé par Patrick Davin, était au musée d'Orsay jeudi soir pour une soirée en forme d'hommage dédié à la musique d'Igor Stravinsky. Un programme riche qui ne donnait pourtant qu'une petite idée des multiples inspirations d'un compositeur prolixe et parfois difficile à suivre.

 

Musée d'Orsay, Paris
Le 27/10/2000
Mathias HEIZMANN
 



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  • Il y avait ce soir-là à boire et à manger avec l'Ensemble Intercontemporain : des Trois mouvements de Petrouchka pour piano aux Trois pièces pour clarinettes en passant par le théâtre sans acteurs de L'Histoire du soldat — la suite pour orchestre — et le bastringue policé du Ragtime pour onze instruments ; et même, pour les fanatiques de l'oeuvre du maître russe, son Octuor pour instruments à vents, quelque part entre infantilisme et néo-classicisme, parfaitement exaspérant pour qui cherche dans la musique une quelconque force dramatique. Mais il faut dire tout de suite qu'ici, le travail des interprètes colla idéalement à l'oeuvre annonçant curieusement le ton général du concert : perfection et refus de toute théâtralité. On comprend parfaitement la démarche. Après tout Stravinsky n'a-t-il pas cherché son salut dans la froideur du sentiment et l'aplatissement des émotions ?

    La neutralité s'impose pour qui a lu Adorno (1) et l'on peut concevoir cette musique comme un pur assemblage de concepts, porteurs à eux seuls de tout message. À l'exception de l'interprétation d'Alain Damiens dans les Trois pièces pour clarinettes, assez intériorisée pour qu'on se laisse prendre, le reste du programme respecta, peu ou prou, un ton neutre et glacé. Dans le Ragtime, l'effet fut parfait : son matériau est assez drôle pour se suffire à lui même et le travail précis et souple des musiciens a parfaitement rempli son office. Mais les Trois mouvements de Petrouchka appelaient un jeu plus varié. Or le piano de Dimitri Vassilakis est à l'opposé de cela : précis et énergique, il cherche plus à éclairer qu'à dévoiler, oublie les vertus d'un pianissimo ou d'un jeu détimbré, bref il se montre sans faille mais, hélas, aussi sans mystère.

    Constat identique pour l'Histoire du soldat, : le théâtre manque cruellement et l'on aurait souhaité quelques surenchères instrumentales, un violon peut-être moins précis et mais plus engagé. Cependant, il est clair qu'une telle position aurait entraîné un jeu plus intériorisé ; or, la possibilité du sentiment, avec son cortège d'alarme et l'angoisse de la mort toujours présente, ne semblait pas à l'ordre du jour. Finalement, en dépit de sa naissance, Stravinsky a-t-il jamais été russe ?

    (1). philosophie de la nouvelle musique.




    Musée d'Orsay, Paris
    Le 27/10/2000
    Mathias HEIZMANN

    L'Ensemble Intercontemporain rend hommage à Stravinsky au musée d'Orsay de Paris?
    Igor Stravinsky
    Trois mouvements de Petrouchka
    Trois pièces pour clarinettes
    Ragtime pour onze instruments
    Octuor pour instruments à vents
    l'Histoire du soldat (version instrumentale)

    Ensemble Intercontemporain dirigé par Patrick Davin
    Alain Damien, clarinette. Dimitri Vassilakis, piano

     


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