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CRITIQUES DE CONCERTS 19 septembre 2019

Création scénique française des Hauts de Hurlevent de Bernard Herrmann dans une mise en scène d’Orpha Phelan et sous la direction de Jacques Lacombe à l’Opéra national de Lorraine.

Une audace magnifiée
© C2images / OpĂ©ra national de Lorraine

Superbe production du seul opéra de Bernard Herrmann, Les Hauts de Hurlevent, à la musique prenante et dramatique, magnifiée par une équipe musicale engagée et permettant d’entendre deux barytons splendides, John Chest et Thomas Lehman. La scénographie quant à elle prend le parti d’une lisibilité maximale pour cette création scénique française.
 

Opéra de Lorraine, Nancy
Le 12/05/2019
Pierre-Emmanuel LEPHAY
 



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  • C’est encore une rĂ©ussite que propose l’OpĂ©ra national de Lorraine avec un ouvrage fort rare sur les scènes, la seule tentative de Bernard Herrmann dans le genre lyrique. On pouvait craindre de la part de l’auteur des chefs-d’œuvre pour Psychose ou Vertigo par exemple, des Ă©lĂ©ments venant de ces partitions, et une couleur musique de film incongrue. Il n’en est rien.

    Si l’on reconnaît l’orchestration très cuivrée et percussive autant que l’écriture nerveuse et lyrique du compositeur, on n’en admire pas moins l’art de distinguer les tableaux et de camper des ambiances tantôt nostalgiques, tantôt dramatiques avec une écriture vocale plus axée sur le texte que sur l’aspect purement mélodique.

    Tout au plus regrettera-t-on un sens du timing plus aléatoire. Le maître des motifs courts et incisifs marquant la mémoire dans ses partitions pour le cinéma semble vouloir s’étendre dans le genre lyrique. Du fait d’un certain manque d’inspiration, quelques scènes traînent ainsi en longueur, notamment une scène finale s’éternisant.

    On ne pourra pas en tout cas en imputer la faute aux musiciens réunis à Nancy qui se sont montrés d’un engagement et d’un professionnalisme exemplaires. A commencer par l’Orchestre Symphonique et Lyrique de Nancy. Si quelques fragilités demeurent dans certains solos, la sonorité d’ensemble s’est montrée claire et brillante, avec une mention particulière aux cuivres et surtout au superbe timbalier Marcel Artzer, flatté par la partition. Jacques Lacombe a su galvaniser les musiciens pour offrir des climats, des couleurs et des contrastes magnifiques avec une direction vive et très précise, sans chercher à mélodramatiser la partition.

    La distribution est quant à elle proche de la perfection avec notamment une paire de barytons extraordinaire. A commencer par John Chest en Heathcliff dont on ne sait qu’admirer le plus : l’aisance scénique, la voix superbe, le chant galbé et insolent à la fois, une vraie révélation. Thomas Lehman en Hindley affiche un timbre tout aussi superbe que son partenaire, avec une voix parfaitement égale sur toute la tessiture et un legato magnifique. La distribution masculine est complétée par le très beau et clair ténor d’Alexander Sprague et par Andrew McTaggart, plus discret en Joseph.

    Côté féminin, Layla Claire affiche un matériau vocal moins séduisant que ses partenaires barytons mais se tire avec les honneurs d’un rôle exigeant dont elle campe avec beaucoup d’efficacité théâtrale la profondeur. Très belle Isabelle de Kitty Whately et remarquable Gouvernante de Rosie Aldridge.

    Pour cet ouvrage inconnu en France, la mise en scène d’Orpha Phelan joue la clarté et une esthétique bon enfant et consensuelle. Le décor est superbe, avec un plancher formant des vagues évoquant à la fois les collines de la campagne du Yorkshire où se déroule l’action et les caractères tourmentés des personnages. De très beaux éclairages et quelques discrètes vidéos magnifient ce dispositif fort bien exploité.

    Le succès public est au rendez-vous pour une partition certes non dénuée de quelques défauts mais fort séduisante. Que l’audace de l’Opéra de Lorraine soit inspirante pour d’autres institutions, à commencer par l’Opéra de Paris où l’œuvre aurait toute sa place à Bastille.




    Opéra de Lorraine, Nancy
    Le 12/05/2019
    Pierre-Emmanuel LEPHAY

    Création scénique française des Hauts de Hurlevent de Bernard Herrmann dans une mise en scène d’Orpha Phelan et sous la direction de Jacques Lacombe à l’Opéra national de Lorraine.
    Bernard Herrmann (1911-1975)
    Wuthering Heights, opéra en quatre actes et un prologue
    Livret de Lucille Fletcher d’après le roman d’Emily Brontë

    Orchestre Symphonique et Lyrique de Nancy
    Chœurs de l’Opéra national de Lorraine
    direction : Jacques Lacombe
    mise en scène : Orpha Phelan
    décors et costumes : Madeleine Boyd
    Ă©clairages : Matt Haskins
    vidéo : Madeleine Boyd et Anouar Brissel
    chorégraphie : Laurenn Poulotn

    Avec :
    Layla Claire (Catherine), John Chest (Heathcliff), Thomas Lehman (Hindley), Rosie Aldridge (Nelly), Alexander Sprague (Edgar), Kitty Whately (Isabelle), Andrew McTaggart (Joseph), Johnny Herford (Mr Lockwood), Inn Jeskova (Une voix).

     



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