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CRITIQUES DE CONCERTS 24 juin 2019

Première à l’Opéra de Marseille de Rigoletto de Verdi dans la mise en scène de Charles Roubaud, sous la direction de Roberto Rizzi-Brignoli.

Un Rigoletto d’avenir
© Christian Dresse

Reprise en version condensée sur la scène de l’Opéra de Marseille, la production de Rigoletto créée à Orange en 2017 n’offre qu’une massive figure de pantin à une distribution de haut vol, portée par la Gilda de Jessica Nuccio et les prises de rôles du Duc solaire d’Enea Scala et du bouffon puissant par l’intelligence du texte de Nicola Alaimo.
 

Opéra, Marseille
Le 01/06/2019
Vincent GUILLEMIN
 



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  • Une fois de plus, Marseille marque dans Verdi. Un Ernani des grands soirs clĂ´turait la saison dernière quand un Simon Boccanegra de luxe ouvrait celle-ci, achevĂ©e par Rigoletto avec deux prises de rĂ´les d’importance.

    Enea Scala est un ténor lyrique qui s’approche petit à petit de Verdi. Déjà cet hiver en Alfredo dans La Traviata phocéenne. Il prend aujourd’hui les habits du Duc grâce à un chant vigoureux et un timbre solaire, quelque peu cuivré dans le haut du spectre. La tension du deuxième air et de sa cabalette n’occulte pas l’aisance de La donna è mobile, chanté avec puissance jusqu’à un aigu tenu pendant de longues secondes depuis la coulisse lors du dernier da capo.

    Plus impressionnant encore, Nicola Alaimo attendait de prendre un rôle dans lequel peu de barytons se démarquent aujourd’hui. Il a pour lui la langue et une prosodie particulièrement intelligente, qui imposent chaque mot avec une superbe clarté, jusqu’à un Cortigiani pénétrant et une scène finale particulièrement intense par la voix et les mains tremblantes de désespoir.

    Jessica Nuccio ne présente pas autant de sensibilité et son italien est moins compréhensible ; elle porte cependant sa Gilda avec luminosité et fluidité. Annunziata Vestri offre ses graves profonds pour Maddalena dès son apparition, tandis que la voix ressort ensuite moins du quatuor. Des autres rôles se démarque le Monterone de Julien Véronèse, maintenant affirmé pour donner sa malédiction, le Marullo à la belle matière d’Anas Séguin, et le Sparafucile très sombre dans la couleur du timbre russe d’Alexey Tikhomirov.

    Compressée sur le plateau marseillais, la production de Charles Roubaud créée pour la large scène du Théâtre antique d’Orange ne fait apparaître qu’une grosse tête de bouffon, sur laquelle s’apposent les vidéos d’Emmanuelle Favre, ajustées par les lumières de Marc Delamézière. La larme sortie de l’œil pour clore le drame est de trop, là où le reste n’est qu’habillage, autour de chanteurs en costumes classiques et du chœur, comme toujours chaud et parfaitement préparé, en tenue de soirées pour s’accorder au bal puis à la scène des courtisans.

    L’Orchestre de l’Opéra de Marseille dirigé par Roberto Rizzi-Brignoli affiche son dynamisme dans les parties de fêtes, puis sait parfaitement s’assombrir, jusqu’à laisser ressortir une superbe teinte nocturne et un son dense lors de l’orage du dernier acte. Le chef italien ne contrôle cependant pas parfaitement les équilibres, et n’appose jamais un style particulier à la géniale partition verdienne. Il soutient donc plutôt qu’il ne fournit une voix supplémentaire, laissant la maîtrise du drame aux chanteurs, tout particulièrement à celui que l’on risque de revoir souvent dans le rôle-titre sur les plus grandes scènes du monde à l’avenir.




    Opéra, Marseille
    Le 01/06/2019
    Vincent GUILLEMIN

    Première à l’Opéra de Marseille de Rigoletto de Verdi dans la mise en scène de Charles Roubaud, sous la direction de Roberto Rizzi-Brignoli.
    Giuseppe Verdi (1813-1901)
    Rigoletto, opéra en trois actes
    Livret de Francesco Maria Piave d’après le drame Le Roi s’amuse de Victor Hugo

    Chœur et Orchestre de l’Opéra de Marseille
    direction : Roberto Rizzi-Brignoli
    mise en scène : Charles Roubaud
    décors : Emmanuelle Favre
    costumes : Katia Duflot
    éclairages : Marc Delamézière
    préparation des chœurs : Emmanuel Trenque

    Avec :
    Nicola Alaimo (Rigoletto), Jessica Nuccio (Gilda), Enea Scala (Duca di Mantova), Annunziata Vestri (Maddalena), Cécile Galois (Giovanna), Alexey Tikhomirov (Sparafucile), Julien Véronèse (Comte de Monterone), Anas Séguin (Marullo), Christophe Berry (Matteo Borsa), Laurence Janot (Comtesse Ceprano), Jean-Marie Delpas (Comte Ceprano), Caroline Gea (Page), Arnaud Delmotte (Officier).

     



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