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CRITIQUES DE CONCERTS 11 décembre 2019

Création française de Lab.Oratorium de Manoury sous la direction de François-Xavier Roth à la Philharmonie de Paris.

Naufrage en musique
© Philharmonie de Paris

Dernière partie d’une trilogie composée à partir de 2016 par Philippe Manoury pour l’Orchestre du Gürzenich, Lab.Oratorium marque à la Philharmonie de Paris l’un des temps forts du Festival Manifeste 2019, deux semaines après sa création mondiale, grâce aux mains expertes de François-Xavier Roth plus que par le matériau musical en lui-même.
 

Philharmonie, Paris
Le 03/06/2019
Vincent GUILLEMIN
 



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  • Dernier volet d’une trilogie Ă©crite pour Cologne, Lab.Oratorium est le fruit d'une commande des deux plus rĂ©centes philharmonies europĂ©ennes, celles de Hambourg et Paris. Le titre en jeu de mots mĂ©lange laboratoire et oratorio pour un sujet non pas religieux mais axĂ© sur la vie humaine, celle des naufragĂ©s qui ont tentĂ© d’accĂ©der Ă  un monde viable par la traversĂ©e de la MĂ©diterranĂ©e.

    Le projet est forcément risqué, et Philippe Manoury comme le metteur en scène Nicolas Stemann, déjà collaborateurs sur Kein Licht en 2017 à la Ruhrtriennale, n’ont pas souhaité prendre trop de risques politiques. Le livret est donc un mélange de textes philosophico-poétiques, de Jelinek à Arendt, de Bachmann à Nietzsche, et de phases de la vie réelle à bord d’un bateau, des riches et festifs occidentaux aux pauvres et discrets émigrés clandestins.

    De ce livret résulte une œuvre en dix parties d’une heure trente, ouverte par des bruits de machines et de traversées réalisées par Thomas Goepfer et traitées par Julien Aléonard, assisté de Serge Lacourt, tous trois de l’IRCAM. Les récitants Patrycia Ziolkowska et Sebastian Rudolph nous invitent au voyage, succinctement en français, puis très rapidement en allemand.

    L’orchestre et les musiciens dispersés ont pendant ce temps pu se placer dans la Philharmonie de Paris, avec des cuivres en arrière-scène et des percussions et cuivres au deuxième balcon. En résulte une ouverture symphonique, à même de démontrer la précision du Gürzenich-Orchester Köln sous la direction rigoureuse de François-Xavier Roth.

    Puis des phases parlées alternent avec d’autres chantées ou récitées, très bien tenues par le SWR Vokalensemble et les choristes du Chœur Stella Maris. Cependant, la partie festive peine à ne pas se montrer déjà vue et entendue, et l’utilisation récurrente des tams-tams pour maintenir une atmosphère nerveuse rappelle les techniques utilisées dans le cinéma depuis des décennies, à l’exemple du travail d’Alan Silvestri.

    L’orchestre et les sons stressants des violons ne sont pas neufs non plus dans leur matériau, sinon trop régulièrement maintenus dans les forte, comme pour asséner la situation à une audience relativement bien tenue en haleine pendant plus d’une heure trente. Les chœurs, une fois passée la fête, reviennent eux aussi vers un chant tendu, sauf au nocturne, qui retranscrit relativement bien le désespoir et la fuite de réfugiés enfin arrivés sur le continent européen. Le chant aussi inquiet de la soprano Rinnat Moriah, particulièrement solide et droite de ligne dans l’aigu, en plus d’un beau cristallin du timbre, s’accorde à celui du chœur et à la mezzo-soprano Tora Augestad, légèrement moins impressionnante.

    L’ouvrage démontre globalement une fois de plus la maîtrise de Philippe Manoury tout comme la qualité de direction de Roth, sans parvenir à totalement convaincre. Il laisse à l’arrivée un goût mitigé quant au discours final sur le propos, non tranché par une position claire quant au drame des réfugiés, sauf à s’appesantir sur leur condition, contrebalancée par le cynisme de la richesse des européens sur leurs paquebots de luxe.




    Philharmonie, Paris
    Le 03/06/2019
    Vincent GUILLEMIN

    Création française de Lab.Oratorium de Manoury sous la direction de François-Xavier Roth à la Philharmonie de Paris.
    Philippe Manoury (*1952)
    Lab.Oratorium, pour deux chanteuses, deux acteurs, ensemble vocal, chœur, orchestre et électronique

    Création Française

    Rinnat Moriah, soprano
    Tora Augestad, mezzo-soprano
    Patrycia Ziolkowska & Sebastian Rudolph, récitants
    Chœur Stella Maris
    SWR Vokalensemble
    Gürzenich-Orchester Köln
    direction : François-Xavier Roth
    mise en scène : Nicolas Stemann
    conception lumière : Rainer Casper
    informatique IRCAM : Thomas Goepfer
    ingénieur du son IRCAM : Julien Aléonard
    assistant son IRCAM : Serge Lacourt
    préparation des chœurs : Léo Warinsky & Olivier Bardot

     


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