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CRITIQUES DE CONCERTS 17 novembre 2019

Nouvelle production de Macbeth de Verdi dans une mise en scène de Michael Thalheimer et sous la direction de Paolo Carignani à l’Opéra des Flandres.

Chaudron sorcier
© Annemie Augustijns

Pour la dernière production de son mandat, Aviel Cahn en partance pour Genève réussit une fois de plus à Anvers un spectacle total, grâce à un Verdi aussi impactant par la mise en scène de Michael Thalheimer que par la musique, portée par le Macbeth de Craig Colclough et la Lady de Marina Prudenskaya, sous la direction innervée de Paolo Carignani.
 

Opéra des Flandres, Anvers
Le 21/06/2019
Vincent GUILLEMIN
 



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  • Certains Genevois s’inquiètent de l’arrivĂ©e d’Aviel Cahn par ce qu’ils ont entendus de son rapport Ă  la mise en scène. Mais comme Serge Dorny Ă  Lyon, Cahn sait utiliser les ressources pour dynamiser les livrets et leur offrir de passionnants axes de lecture, sans dĂ©naturer les Ĺ“uvres.

    C’est exactement ce à quoi il parvient avec son dernier spectacle de mandat à Anvers-Gand, où l’appel à Michael Thalheimer aurait pu aboutir à un résultat trop décalé, mais réussit au contraire à magnifier un livret de Piave et Maffei rarement bien traité. Ici, pour la version milanaise de 1874, le rideau ouvre sur un décor de Henrik Ahr, fosse incurvée métallique rehaussée d’un gros bloc par laquelle toute la scène est encadrée jusqu’au plafond.

    Les sorcières apparaissent autour de la fosse, et l’on comprend que cet élément est tout simplement le chaudron, avec lequel elles prédisent un avenir qui va effectivement se démontrer en réel à mesure que le livret d’après Shakespeare évolue. Le sang présent dès le début sur les mains des sorcières apparaît ensuite sur celles de l’assassin de Duncan, puis sur tous les protagonistes, avec des images très puissantes, comme le meurtre d’un Banco ensuite couvert de rouge et haletant à terre, pendant que la fête commence.

    Les apparitions fantomatiques parviennent ensuite au tueur royal, avec les spectres de Duncan et ceux de Banco et sa lignée, dont le dernier enfant, finalement échappé et effectivement destiné à devenir roi à la fin du drame. Après un jet de branches pour représenter l’attaque prédite de la forêt, les deux dernières images se montrent d’une particulière puissance, alors que la couronne donnée à Fléance est d’abord essuyée sur l’habit de Macbeth, mort à terre, puis que l’enfant ouvre une bouche dont dégouline déjà le sang de l’Histoire à venir.

    Vocalement, Cahn a fait le choix d’une mezzo-soprano pour Lady Macbeth, et offre à Marina Prudenskaya de reprendre un rôle sombre qu’elle porte magnifiquement dans le bas-médium. L’aigu est en toute logique quelque peu acide, mais l’artiste maîtrise ses parties d’ensemble comme ses airs, dont celui de la folie, particulièrement noir. Elle entre en scène avec les mouvements décharnés d’une araignée ou d’une mante religieuse, prête à tuer tout ce qui bouge pour garder son statut.

    Son Macbeth devait être Thomas Johannes Mayer, excellemment remplacé par Craig Colclough, déjà entendu sur cette scène dans le rôle-titre de Falstaff. Le timbre relativement clair permet un personnage réaliste et nerveux de sa situation, face au Banco plus impressionnant par la stature et le grave de la basse Tareq Nazmi. Des seconds rôles, Chia Fen Wu en Dame et Donald Thomson dans quatre courts protagonistes convainquent plus par leur tenue de chant que le Macduff sans suavité de Najmiddin Mavlyanov et le Malcolm un peu austère de Michael J. Scott.

    Le chœur des femmes seules montre moins de ferveur que celui des hommes et donc les scènes mixtes, particulièrement bien accompagnées en fosse grâce à un Symfonisch Orkest Opera Ballet Vlaanderen vivifié et innervé par la direction de Paolo Carignani. Espérons que le départ de son directeur ne conduise pas à une baisse de niveau de l’une des salles les plus passionnantes d’Europe. Nous suivrons en tout cas avec grand intérêt les saisons très prometteuses d’Aviel Cahn dès septembre au bord du lac Léman.




    Opéra des Flandres, Anvers
    Le 21/06/2019
    Vincent GUILLEMIN

    Nouvelle production de Macbeth de Verdi dans une mise en scène de Michael Thalheimer et sous la direction de Paolo Carignani à l’Opéra des Flandres.
    Giuseppe Verdi (1813-1883)
    Macbeth, opéra en quatre actes
    Livret de Francesco Maria Piave et Andrea Maffei, d’après la tragédie de Shakespeare

    Symfonisch Orkest Opera Ballet Vlaanderen
    Koor Opera Ballet Vlaanderen
    direction : Paolo Carignani
    mise en scène : Michael Thalheimer
    décors : Henrik Ahr
    costumes : Michaela Barth
    Ă©clairages : Stefan Bolliger
    préparation des chœurs : Jan Schweiger

    Avec :
    Craig Colclough (Macbeth), Marina Prudenskaya (Lady Macbeth), Tareq Nazmi (Banco), Najmiddin Mavlyanov (Macduff), Chia Fen Wu (Dama di Lady Macbeth), Michael J. Scott (Malcolm), Donald Thomson (Medico/Domestico/Sicario/Araldo), Maria Bezverkhni, Remus Gesquiere, BĂ©renger De Mey (Apparizione), Laura Gils (Una Strega), Sven Verlinden (Duncan).

     



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