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CRITIQUES DE CONCERTS 12 décembre 2019

Nouvelle production d'Iphigénie en Tauride de Gluck dans une mise en scène de Robert Carsen et sous la direction de Thomas Hengelbrock au Théâtre des Champs-Élysées, Paris.

Dialogue des ombres doubles
© Vincent Pontet

Tout comme Orphée l'an dernier, cette production d’Iphigénie en Tauride au TCE vient directement de l'Opéra de Chicago. Robert Carsen donne à voir un spectacle efficace et de grande qualité, qui sait réconcilier les tenants de la tradition et de la modernité. Un cast de haute tenue et une direction au cordeau participent au succès de la soirée.
 

Théâtre des Champs-Élysées, Paris
Le 22/06/2019
David VERDIER
 



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  • Les spectateurs prĂ©sents en janvier dernier Ă  la ComĂ©die Française pour La TempĂŞte de Shakespeare seront surpris de dĂ©couvrir des similitudes avec cette IphigĂ©nie en Tauride de Gluck avenue Montaigne. On retrouve par exemple ce projecteur qui dĂ©tache en arrière-fond des ombres gigantesques comme un inquiĂ©tant halo autour du personnage. Cette forme de dramatisation extrĂŞme de la narration tragique s'accompagne d'un dĂ©cor fermĂ© qui rappelle Ă©galement le fond de rĂ©servoir oĂą s'agitaient les protagonistes de son Elektra Ă  Bastille.

    De ce côté-là, le spectacle de Robert Carsen fonctionne à plein et propose des images immédiatement lisibles et puissantes. En témoignent les noms des Atrides tracés à la craie (merci Olivier Py et son Alceste de Garnier !), ou bien la face uniforme de ces figurants et danseurs dont les déplacements sont habilement mis en valeur par les éclairages. Dans la scène initiale, le parricide est montré en une démultiplication des gestes qui portent à ébullition cette masse mobile et sombre. Construite autour de la figure d'Iphigénie, la scénographie fait des prêtresses qui l'environnent à la fois des personnages doubles et des Euménides qui vont harceler Oreste.

    L'option consistant à dissimuler les chœurs dans la fosse s'accorde parfaitement avec la direction très subtile et très raffinée de Thomas Hengelbrock à la tête du Balthasar-Neumann-Ensemble. Même l'intervention de Diane en Deus ex machina chantant depuis l'étage supérieur garde une tenue et une projection parfaitement proportionnée à l'acoustique très sèche du Théâtre des Champs-Élysées. L'effet qui accompagne cette intervention joue sur l'apparition d'un au-delà lumineux vers lequel se dirigent les protagonistes.

    Le plateau présente des individualités de tout premier plan, à commencer par un rôle-titre qui donne à Gaëlle Arquez l'occasion de briller de mille feux en déployant toute l'étendue de sa palette vocale. La diction et le sens du phrasé servent admirablement la véhémence et la blessure intérieure du personnage. La caractérisation psychologique évolue après la scène de reconnaissance où la sœur rencontre le frère.

    Stéphane Degout tutoie les sommets en ambitionnant de donner à Oreste la profondeur et la tenue d'un Pelléas. La ligne est admirablement travaillée et d'une noblesse de projection qui marque les esprits. Face à lui, le Pylade de Paolo Fanale aura besoin de rentrer dans son personnage et de faire oublier une émission pincée et un naturel apprêté.

    Catherine Trottmann offre à Diane les atours de sa voix ample et bien timbrée tandis que Francesco Salvadori réussit à faire exister le rôle du Scythe en l'incarnant de la plus belle des manières. Vraie déception, le Thoas d'Alexandre Duhamel est excessivement vibré et très brut de décoffrage, caractéristiques d'autant plus étonnantes qu'elles contrastent avec l'écrin et la finesse des voix qui l'environnent.




    Théâtre des Champs-Élysées, Paris
    Le 22/06/2019
    David VERDIER

    Nouvelle production d'Iphigénie en Tauride de Gluck dans une mise en scène de Robert Carsen et sous la direction de Thomas Hengelbrock au Théâtre des Champs-Élysées, Paris.
    Christoph Willibald Gluck (1714-1787)
    Iphigénie en Tauride, tragédie lyrique en quatre actes (1779)
    Livret de Nicolas-François Guillard

    Balthasar-Neumann-Chor & Ensemble
    direction : Thomas Hengelbrock
    Mise en scène : Robert Carsen
    décors & costumes : Tobias Hoheisel
    Ă©clairages : Robert Carsen & Peter van Praet
    chorégraphie : Philippe Giraudeau

    Avec :
    Gaëlle Arquez (Iphigénie), Catherine Trottmann (Diane / Seconde prêtresse), Stéphane Degout (Oreste), Paolo Fanale (Pylade), Alexandre Duhamel (Thoas), Charlotte Despaux (Première prêtresse / Une femme grecque), Francesco Salvadori (Un Scythe), Victor Sicard (Un ministre).

     



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