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CRITIQUES DE CONCERTS 19 septembre 2020

Nouvelle production du Conte du Tsar Saltan de Rimski-Korsakov dans une mise en scène de Dmitri Tcherniakov et sous la direction d’Alain Altinoglu au Théâtre de la Monnaie, Bruxelles.

Conte pour autistes
© Monika Forster

Avec son habituelle nécessité de raconter son histoire plutôt que celle des livrets qu’il traite, Dmitri Tcherniakov intègre Le Conte du Tsar Saltan dans la psychanalyse d’un enfant autiste. Certaines scènes conquièrent toutefois, quand la musique de Rimski bénéficie d’un plateau irréprochable et de la densité symphonique conférée par Alain Altinoglu.
 

Théâtre royal de la Monnaie, Bruxelles
Le 23/06/2019
Vincent GUILLEMIN
 



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  • Raconter un livret sans chercher Ă  l’intĂ©grer dans son propre concept semble aujourd’hui impossible pour Dmitri Tcherniakov. Il faut alors dĂ©crire sa troisième production rimskienne, après un sublime Kitège, afin de juger s’il apporte finalement de vĂ©ritables angles d’éclairage ou de la force Ă  l’ouvrage. Neuvième opĂ©ra de Rimski-Korsakov, composĂ© en 1900, Le Conte du Tsar Saltan est basĂ© sur le poème Ă©ponyme de Pouchkine.

    Il raconte d’abord comment, à l’instar de Cendrillon, une femme rejetée par ses sœurs obtient les faveurs royales et se marie, puis par jalousie et manipulation, se trouve rejetée. La Tsarina est alors insérée dans un tonneau, pour l’un des plus beaux moments de la proposition scénique, où des hommes-pantins tapent machinalement sur le fût à coup de marteau. Dans le conte, le fils enfermé avec sa mère puis jeté à l’eau grandit sur une île déserte et abat un rapace qui poursuivait un cygne.

    La scène est décrite par dessins au crayon projetés en vidéo, animés sur une toile devant une cavité parfois invisible, et parfois utilisée par quelques protagonistes, dont la Princesse-Cygne, qui apparaît telle une icône russe en costume de la Nadejda Zabela du célèbre tableau de Vroubel. La vision est belle aussi, comme les autres vêtements préparés par Elena Zaytseva, presque tous tracés et rapidement remplis au crayon, comme si l’on avait animé un livre pour enfants.

    Avant que la musique ne commence, la sœur mal-aimée décrit comme il est difficile pour une mère d’avoir un enfant autiste. Au dernier acte, on nous explique que l’on a essayé d’enfermer l’enfant dans son conte, à l’image du Henri IV de Pirandello. Certaines scènes fonctionnent, comme celle où la mère organise le mariage d’un fils semblant bien peu porté sur la chose, mais globalement, on finit par se demander en quoi l’approche psychanalytique moderne développe le livret.

    La musique bénéficie en revanche de toutes les forces en présence, à commencer par la fosse, de plus en plus dense à mesure que le mandat d’Alain Altinoglu s’affirme. Le rendu ne sonne pas russe, ni particulièrement coloré, mais la matière bénéficie tout du long d’un souffle constant et d’une qualité rarement entendue à ce niveau à La Monnaie, jusque dans les soli de cor et de violon.

    Le plateau est solide, à commencer par la Tsarina de Svetlana Aksenova, belles nuances qui permettent à la soprano de développer clarté et douceur, face aux sœurs dont on préfère la couleur du médium de Stine Marie Fischer à l’aigu de Bernarda Bobro. En habituée des rôles de sorcière, Carole Wilson complète le trio maléfique, face à la belle stature du Tsar d’Ante Jerkunica, basse croate au grave particulièrement plein. Bogdan Volkov complète la distribution avec un Tsarévitch jeune, naïf mais très présent dans son grand air, puis face à sa dulcinée, la Tsarevna Princesse-Cygne d’Olga Kulchynska, lyrique et gracile dans l’aigu. Vasily Gorshkov en Vieil homme et Nicky Spence en benêt Messager se font également remarquer, entourés d’un chœur de La Monnaie parfaitement préparé.

    Belle représentation qui montre un peu plus la nouvelle dynamique de la Monnaie, toujours ouverte sur l’art lyrique pour mettre en valeur des raretés, et assise sur la tradition Mortier dans son approche des mises en scène. Elle profite maintenant également du chef, à suivre encore lors des prochaines saisons.




    Théâtre royal de la Monnaie, Bruxelles
    Le 23/06/2019
    Vincent GUILLEMIN

    Nouvelle production du Conte du Tsar Saltan de Rimski-Korsakov dans une mise en scène de Dmitri Tcherniakov et sous la direction d’Alain Altinoglu au Théâtre de la Monnaie, Bruxelles.
    NikolaĂŻ Rimski-Korsakov (1844-1908)
    Le Conte du Tsar Saltan, opéra fantastique en quatre actes et sept scènes, précédé d’un prologue (1900)
    Livret de Vladimir Bielski, d’après le poème de Pouchkine

    Chœurs et Orchestre symphonique de la Monnaie
    direction : Alain Altinoglu
    mise en scène & décors : Dmitri Tcherniakov
    costumes : Elena Zaytseva
    vidéo & éclairages : Gleb Filshtinsky
    préparation des chœurs : Martino Faggiani

    Avec :
    Ante Jerkunika (Tsar Saltan), Svetlana Aksenova (Tsarina), Stine Marie Fischer (Tkatchikha), Bernarda Bobro (Povarikha), Carole Wilson (Babarikha), Bogdan Volkov (Tsarevitch Guidon), Olga Kulchynska (Tsarevna Princesse-Cygne / Lyebyed), Vasily Gorshkov (Vieil Homme), Alexander Vassiliev (Skomorokh / Matelot), Nicky Spence (Messager / Matelot), Alexander Kravets (Matelot).

     



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