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CRITIQUES DE CONCERTS 19 septembre 2020

Reprise de Pelléas et Mélisande dans la mise en scène d’Olivier Py, sous la direction de Stéphane Denève à l’Opéra d’Amsterdam.

Noir, blanc… et gris
© Matthias Baus

Dans une magnifique scénographie de Pierre-André Weitz, Olivier Py se montre à moitié inspiré par Pelléas. La production reste toutefois marquante par une distribution où brille l’extraordinaire Golaud de Brian Mulligan tandis que la fosse distille de splendides sonorités, à défaut d’être tout à fait idiomatiques, sous la baguette de Stéphane Denève.
 

De Nederlandse Opera, Amsterdam
Le 27/06/2019
Pierre-Emmanuel LEPHAY
 



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  • PellĂ©as et MĂ©lisande Ă  Amsterdam, c’est la chance d’avoir le Concertgebouw dans la fosse et de ce cĂ´tĂ©, on n’est pas déçu du voyage. Les sonoritĂ©s admirables de cet orchestre sont magiques et d’une finesse incomparable. Certes, ce ne sont pas les timbres toujours adĂ©quats pour la musique de Debussy, d’autant que l’ample direction de StĂ©phane Denève est hĂ©doniste et plutĂ´t melliflue. Les trois premiers actes manquent ainsi quelque peu de relief et de théâtre, et si le IV montre enfin un regain de tension, cela ne dispense pas l’impression d’une direction globalement assez lisse.

    De relief, la mise en scène d’Olivier Py, conçue au départ pour Moscou, en regorge par contre puisque la scène est couverte de structures représentants des escaliers, dont certains immenses. Les assemblages très variés permettent de camper des espaces scéniques tantôt ouverts, tantôt fermés selon les situations. La forêt symbolisée par des perches se balançant doucement, évoquant ainsi le bruissement de la nature, est admirable.

    À l’intérieur de ce dispositif portant la signature de Pierre-André Weitz, le travail d’Olivier Py laisse partagé du fait d’une direction d’acteurs qui fonctionne à moitié (Yniold imitant son père alors qu’il violente Mélisande) voire franchement incongrue (l’action rejouée en accéléré par Golaud et Mélisande à la fin de la première scène, Mélisande se coiffant avec un immense couteau pour se couper une grande mèche qu’elle donne à Pelléas).

    Quand on ne retrouve pas quelques-uns des envahissants péchés mignons du metteur en scène comme la nudité (les trois pauvres dans la grotte) et des personnages-caméo (l’homme ensanglanté, l’éphèbe torse nu se tortillant de douleur au IV). Certaines scènes-clé perdent par ailleurs de leur intensité comme celle, terrible, où Golaud force Yniold à observer par la fenêtre… pourtant facilement accessible au regard de Golaud. Si quelques images restent marquantes, c’est finalement davantage par la scénographie que par la mise en scène proprement dite.

    C’est dans la distribution que l’on trouvera les plus grands bonheurs, à commencer par l’extraordinaire Golaud de Brian Muligan, voix large et percutante, timbre superbe, incarnation puissante (tant dans la violence que dans le repenti) et, pour couronner le tout, un très bon français. La Mélisande d’Elena Tsallagova est bien connue depuis Bob Wilson à l’Opéra de Paris, et on retrouve toutes les qualités de la chanteuse tant dans la voix et le chant, souple et sensuel, que dans l’incarnation, mystérieuse à souhait.

    Le Pelléas de Paul Appleby, parfait vocalement, est plus emprunté pour se révéler pleinement dans ses derniers instants. Magnifique Arkel de Peter Rose, chanteur subtil et voix d’airain aux graves étonnants et, là encore, dans un très bon français. Si le reste de la distribution est parfait, notamment la Geneviève de Katia Ledoux, on sera plus circonspect face à l’enfant issu des rangs du Tölzer Knabenchor campant Yniold. La voix, charnue et assez large, colle mal avec celle de l’innocence tandis que l’acteur se montre peu naturel.




    De Nederlandse Opera, Amsterdam
    Le 27/06/2019
    Pierre-Emmanuel LEPHAY

    Reprise de Pelléas et Mélisande dans la mise en scène d’Olivier Py, sous la direction de Stéphane Denève à l’Opéra d’Amsterdam.
    Claude Debussy (1862-1918)
    Pelléas et Mélisande, opéra en cinq actes (1902)
    Livret de Maurice Maeterlinck

    Koor van De Nationale Opera
    Koninklijk Concertgebouworkest
    direction : Stéphane Denève
    mise en scène : Olivier Py
    décors & costumes : Pierre-André Weitz
    Ă©clairages : Bertrand Killy
    préparation des chœurs : Ad Broeksteeg

    Avec :
    Paul Appleby (Pelléas), Elena Tsallagova (Mélisande), Brian Mulligan (Golaud), Peter Rose (Arkel), Katia Ledoux (Geneviève), Michael Wilmering (le docteur), Frederik Bergman (le berger), un soliste du Tölzer Knabenchor (Yniold).

     



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