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CRITIQUES DE CONCERTS 06 avril 2020

Nouvelle production de Guercœur de Magnard sous la direction d’Andreas Hotz et dans une mise en scène de Dirk Schmeding au Théâtre d’Osnabrück.

Guercœur enfin de retour
© Jörg Landsberg

Première production scénique depuis 1931 du Guercœur d’Albéric Magnard, le petit théâtre d’Osnabrück réussit son pari sous la direction magistrale d’Andreas Hotz, avec une belle distribution dominée par Lina Liu et dans une mise en scène proposant quelques images superbes. Justice est rendue à cet ouvrage magistral pourtant bien trop rare.
 

Theater, OsnabrĂĽck
Le 26/06/2019
Pierre-Emmanuel LEPHAY
 



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  • C’est en Basse-Saxe qu’il aura fallu se rendre pour assister enfin Ă  une production scĂ©nique du chef-d’œuvre d’AlbĂ©ric Magnard, GuercĹ“ur, jamais montĂ© sur scène depuis sa crĂ©ation en 1931. L’œuvre nĂ©cessite des forces considĂ©rables, et c’est tout Ă  l’honneur du théâtre d’OsnabrĂĽck d’avoir tentĂ© un pari aussi fou pour une si petite structure. Commençons pourtant par une rĂ©serve de taille : un certain nombre de coupures aux I et III, dont un des plus beaux passages de la partition, la plainte du rĂ´le-titre.

    Mais la plus belle réussite de la production réside dans la magnifique direction d’Andreas Hotz qui a su mettre en valeur la splendeur de l’orchestration, le dramatisme et le lyrisme d’un opéra très symphonique. L’Osnabrücker Symphonieorchester surprend par la densité de sa sonorité malgré son faible effectif, mais également par sa rondeur et ses couleurs. On reste stupéfait de retrouver toute l’ampleur de la partition et d’être ainsi submergé par de si belles sonorités, très équilibrées, dans une salle aussi petite.

    La distribution mélange membre de la troupe du théâtre et invités. On n’y entendra pas un français irréprochable, mais au moins y trouvera-t-on des formats adéquats pour les différents rôles, à commencer par une stupéfiante Lina Liu qui campe une Vérité parfaite. La beauté de la voix, son égalité sur tous les registres avec des aigus splendides rendent pleinement justice à ce rôle impossible. L’aspect marmoréen du personnage est compensé par une émotion sensible, notamment dans le monologue du III ou le sublime quatuor final.

    Du côté des personnages humains, on distinguera particulièrement la Giselle de Susan Vent-Wunderlich, voix moirée et incarnation vibrante. Le Heurtal de Costa Latsos se tire avec les honneurs d’un rôle très difficile et affiche un héroïsme de bon aloi. Reste le Guercœur de Rhys Jenkins décevant non par la voix, solide et puissante, mais par l’aspect monolithique et monochrome qu’il donne au personnage. Bien peu de variété, d’émotion dans un rôle qui s’y prête pourtant beaucoup.

    La mise en scène de Dirk Schemeding quant à elle alterne sublime et prosaïque. Le premier acte est absolument superbe, l’étrangeté du royaume céleste joliment évoqué avec trois ronds de lumière évoluant au-dessus de la scène tandis que des projections évoquent la résurrection de Guercœur. Le II est ancré dans le monde contemporain et se distingue par une belle direction d’acteurs entre Heurtal, Giselle et Guercœur. Le III, plutôt que de revenir clairement au royaume céleste, montre malheureusement la dépouille de Guercœur prise en charge par des infirmiers puis des employés des pompes funèbres qui finissent par incinérer le cercueil puis en ramasser les cendres pour les mettre dans une urne.

    Pour autant, la soirée reste d’un excellent niveau et ravit un public visiblement captivé et reconnaissant. De quoi prouver que l’ouvrage est bien viable scéniquement. Mesdames et messieurs les directeurs d’opéra, à commencer par le futur patron de l’Opéra national de Paris, de grâce, programmez rapidement le chef-d’œuvre qu’est le Guercœur d’Albéric Magnard !




    Theater, OsnabrĂĽck
    Le 26/06/2019
    Pierre-Emmanuel LEPHAY

    Nouvelle production de Guercœur de Magnard sous la direction d’Andreas Hotz et dans une mise en scène de Dirk Schmeding au Théâtre d’Osnabrück.
    Albéric Magnard (1865-1914)
    Guercœur, tragédie en musique en cinq actes
    Livret du compositeur

    Chor und Extrachor des Theaters OsnabrĂĽck
    OsnabrĂĽcker Symphonieorchester
    direction musicale : Andreas Hotz
    mise en scène : Dirk Schmeding
    décors : Martina Segna
    costumes : Frank Lichtenberg
    vidéo : Roman Kuskowski
    préparation des chœurs : Sierd Quarré

    Avec :
    Rhys Jenkins (Guercœur), Lina Liu (Vérité), Susan Vent-Wunderlich (Giselle), Costa Latsos (Heurtal), Katerina Morfa (Bonté, L’ombre d’une femme), Erika Simons (Beauté, L’ombre d’une vierge), Nana Dzidziguri (Souffrance), Daniel Wagner (L’ombre d’un poète).

     



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