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CRITIQUES DE CONCERTS 22 aoűt 2019

Nouvelle production de Tosca de Puccini dans une mise en scène de Christophe Honoré et sous la direction de Daniele Rustioni au festival d’Aix-en-Provence 2019.

Aix 2019 (1) :
Tosca en plan-séquence

© Jean-Louis Fernandez

Pour Christophe Honoré, Tosca signe son retour dans la cour de l'Archevêché, trois ans après son controversé Così, pour un spectacle refusant le double tableau de la dénonciation sociale et politique, au bénéfice de l’inscription du livret dans une perspective de théâtre dans le théâtre comme peinture du portrait de la diva éternelle.
 

Théâtre de l’Archevêché, Aix-en-Provence
Le 12/07/2019
David VERDIER
 



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  • Dans cette Tosca qui est une première au festival d’Aix-en-Provence en soixante-dix ans, le rĂ´le-titre est incarnĂ© par deux chanteuses pour mieux souligner le principe du passage de tĂ©moin entre l'ancienne et la nouvelle gĂ©nĂ©ration. Pour la première (sobrement baptisĂ©e Prima donna), on trouve Catherine Malfitano, qui dans les 1990 marqua les scènes par des interprĂ©tations et un jeu alternant le charnel et le carnivore (SalomĂ©, Lucia, Lady Macbeth).

    Christophe Honoré n'hésite pas à la placer en diva assoluta, en oubliant au passage qu'elle n'est pas aussi connue du grand public que les Callas, Tebaldi et Caballé qui défilent en vidéo au-dessus de la scène pendant Vissi d'arte. La jeune Tosca, c'est Angel Blue – soprano américaine repérée par Domingo et propulsée en peu de temps sur les plus grandes scènes. L'enjeu cruel de la mise en scène la place dans le rôle de l'héritière, celle qui vient clôturer la liste des références prestigieuses citées ci-dessus.

    Le rideau se lève sur une répétition de… Tosca, dans le vaste appartement de la Prima Donna. Les convives débarquent, on comprend qui est qui au fil des répliques et des interventions. Cette mise en abyme permet à Honoré d'installer un climat distancié dans lequel on joue à sans vraiment être. Ce fil rouge se délite progressivement et peine à tenir sur la durée, surtout au moment où les choses deviennent sérieuses et qu'on bascule de la fiction à la réalité. L'évolution du décor durant les trois actes vient souligner l'angle de la mise en scène : l'appartement de la Prima Donna au I, un rétrécissement sur les espaces intérieurs au II et l'envers du décor avec l'orchestre sur scène au III.

    La Prima Donna affiche sa douleur de ne plus être celle qu'elle a été, tandis que la jeune Tosca émerge et vole de ses propres ailes. Au destin tragique de la première répond la gloire candide de la seconde, dans un scénario à l'eau de rose. Le suicide de la Prima Donna qui s'ouvre les veines au-dessus de l'orchestre pourra paraître trivial en comparaison avec le pachydermique symbole de la jeune Tosca qui triomphe à l'avant-scène en robe lamé au milieu des bouquets de fleurs. Trivialité également dans le jeu, forcément outré, d'une Malfitano qu’Honoré voudrait actrice de cinéma et qui demeure chanteuse lyrique, pleurant sur ses souvenirs et les costumes de ses anciens rôles exposés tels des reliques.

    Vocalement, le bilan est relativement contrasté. À commencer par une Angel Blue dont on espérait davantage de moyens – espérance soulignée forcément par le parti-pris de la mise en scène. La voix est assurément très belle et très noble, avec un timbre brillant mais une carrure et une assise insuffisantes pour pouvoir incarner un emploi exigeant, et passer en un tournemain de la vitupération à la tendresse. Joseph Calleja est un Cavaradossi assez fruste, aux aigus trémulants et peu soignés. L'intonation aléatoire peine à concentrer l'écoute et l'ensemble finit par décevoir.

    Le Scarpia d'Alexey Markov est heureusement d'une autre trempe : timbre sombre et net, belle ligne naturelle, parfaitement projetée. La soirée tient en équilibre sur la baguette de Daniele Rustioni, à la tête d'un Orchestre de l’Opéra de Lyon des grands soirs. L'ampleur et le souffle de la direction inscrivent l'œuvre dans un climat dramatique et une tension qui ne retombent jamais. Une ligne incandescente qui demeure séparée du plateau par une dramaturgie qui lui tourne le dos.




    Théâtre de l’Archevêché, Aix-en-Provence
    Le 12/07/2019
    David VERDIER

    Nouvelle production de Tosca de Puccini dans une mise en scène de Christophe Honoré et sous la direction de Daniele Rustioni au festival d’Aix-en-Provence 2019.
    Giacomo Puccini (1858-1924).
    Tosca, melodramma en trois actes (1900)
    Livret de Luigi Illica et Giuseppe Giacosa d'après la pièce de Victorien Sardou

    Coproduction avec l’Opéra national de Lyon

    Maîtrise, Chœur et Orchestre de l’Opéra de Lyon
    direction : Daniele Rustioni
    mise en scène : Christophe Honoré
    décors : Alban Ho Van
    costumes : Olivier BĂ©riot
    éclairages : Dominique Bruguière
    vidéo : Baptiste Klein, Christophe Honoré
    préparation des chœurs : Karine Locatelli & Hugo Peraldo

    Avec :
    Angel Blue (Floria Tosca), Catherine Malfitano (La Prima Donna), Joseph Calleja (Mario Cavaradossi), Alexey Markov (Il barone Scarpia), Simon Shibambu (Cesare Angelotti), Leonardo Galeazzi (Il sagrestano), Jean-Gabriel Saint Martin (Sciarrone), Michael Smallwood (Spoletta), Virgile Ancely (Un Carceriere), Jean-Frédéric Lemoues (Le Majordome).

     



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