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CRITIQUES DE CONCERTS 19 octobre 2019

Reprise de Guillaume Tell dans la mise en scène de Jean-Louis Grinda, sous la direction de Gianluca Capuano aux Chorégies d'Orange 2019.

Orange 2019 (1) :
La pomme sur le gâteau

© Alain Hanel

C'est une pomme qui remplace la cerise sur le gâteau d'anniversaire de cette 150e édition des Chorégies d’Orange. Avec Guillaume Tell, Jean-Louis Grinda a fait le choix d'un ouvrage dont l'ampleur constitue souvent un écueil. Malgré une mise en scène aux abonnés absents et une direction rectiligne, le plateau relève en partie l'intérêt de la soirée.
 

Théâtre antique, Orange
Le 13/07/2019
David VERDIER
 



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  • On ne vient Ă  Orange pour juger d'une mise en scène d'opĂ©ra. La faute au gigantisme d'un lieu qui rĂ©duit les chanteurs Ă  une dimension lilliputienne. Le recours systĂ©matique aux projections vidĂ©o transforme rapidement la soirĂ©e en une vaste mise en espace qui peine Ă  dissimuler le caractère concertant de l'entreprise. Seuls les costumes gardent la trace de la production que Jean-Louis Grinda avait programmĂ©e Ă  Monte-Carlo en 2015. On retrouve Ă©galement une Ă©quipe vocale quasi inchangĂ©e et, hĂ©las, une direction d'acteurs se limitant Ă  une gestuelle de convention avec des groupes se dĂ©plaçant d'un cĂ´tĂ© Ă  l'autre assez bruyamment.

    Le zoom liminaire sur l'immense carte ne laisse aucun doute : nous sommes en Suisse (Helvetia), dans le canton d'Uri. Comme si l'on aurait pu encore en douter, de hauts sommets alpestres apparaissent sur le mur de scène, faisant disparaître ce pauvre Auguste dans les neiges éternelles. La menace de quelques nuages noirs passant sur ces cimes suffit à imager les méandres et tourments des personnages.

    Pour le reste, il faudra se contenter de cette bande de terre sur le proscenium, labourée par une très symbolique charrue tirée par Guillaume lui-même. C'est également dans cette terre qu'un enfant sèmera à la fin de l'opéra, les graines de la future nation. On passera volontiers sur l'étrange bateau sous-marin de Gesler et ses sbires, de même que la scène où Mathilde apparaît sur son cheval dans un sous-bois wagnérien. Même la scène tant attendue de l'épreuve de la pomme sera escamotée, en vision frontale et sans effet notable pour éveiller l'intérêt.

    L'œuvre présente quelques coupures traditionnelles, sans lesquelles la durée deviendrait vraiment problématique au festivalier assis sur les gradins du théâtre antique. Gianluca Capuano dirige sans ménagement l’Orchestre philharmonique de Monte-Carlo, avec pour résultat une trépidation continue qui gomme en partie l'inventivité et les emprunts de Rossini dans une œuvre résolument étonnante.

    La distribution présente de belles individualités, à commencer par le Gesler de Nicolas Courjal, parfait d'impact et de projection – atouts majeurs pour camper la vilenie du personnage. La courte apparition de Nicolas Cavallier en Walter démontre une belle véhémence, ainsi que le remarquable Ruodi de Cyrille Dubois – distribution de luxe pour un rôle aussi bref. Le Leuthold de Julien Véronèse et le Melchtal de Philippe Kahn complètent la belle série des seconds rôles masculins, avec une mention spéciale au Rodolphe de Philippe Do.

    Côté féminin, c'est surtout à Jodie Devos qu'on remettra la palme de la soirée, avec un Jemmy irradiant le plateau de son timbre clair et scintillant. Ni l'Hedwige assez terne de Nora Gubisch, ni surtout la Mathilde d'Annick Massis, trop courte d'aigus et fragile de ligne, ne parviendront à ce degré d'interprétation. Après plusieurs interventions assez brutales, Celso Albelo retrouve une palette plus nuancée dans le périlleux Amis, secondez ma vengeance.

    De Nicola Alaimo, on ne redira jamais assez l'élégance et la tenue d'une voix capable de rendre des accents les plus nobles sans réellement forcer. Cette sobriété d'effet peut parfois laisser penser qu'il n'a pas dompté totalement le lieu, alors même que l'interprétation est remarquable de subtilité. Rendez-vous est pris en octobre à l'Opéra de Lyon où il reprendra le rôle dans une production qu'on devine radicalement différente, signée Tobias Kratzer.




    Théâtre antique, Orange
    Le 13/07/2019
    David VERDIER

    Reprise de Guillaume Tell dans la mise en scène de Jean-Louis Grinda, sous la direction de Gianluca Capuano aux Chorégies d'Orange 2019.
    Gioacchino Rossini (1792-1868)
    Guillaume Tell, opéra en quatre actes (1829)
    Livret d’Étienne de Jouy et Hippolyte Bis, d’après la pièce de Schiller

    Chœur du Théâtre du Capitole de Toulouse
    Chœur de l’Opéra de Monte-Carlo
    Orchestre philharmonique de Monte-Carlo
    direction : Gianluca Capuano
    mise en scène : Jean-Louis Grinda
    décors : Éric Chevalier
    costumes : Françoise Raybaud
    Ă©clairages : Laurent Castaingt
    préparation des chœurs : Alfonso Caiani & Stefano Visconti

    Avec :
    Nicola Alaimo (Guillaume Tell), Nora Gubisch (Hedwige), Jodie Devos (Jemmy), Celso Albelo (Arnold), Philippe Kahn (Melchtal), Nicolas Cavallier (Walter Furst), Nicolas Courjal (Gesler), Annick Massis (Mathilde), Philippe Do (Rodolphe), Julien Véronèse (Leuthold), Cyrille Dubois (Ruodi).

     



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