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CRITIQUES DE CONCERTS 15 octobre 2019

L'Ensemble Orchestral de Paris dirigé par Bruno Weill dans un programme Mozart-Schumann.

L'EOP se hausse du chef
© Eric Sebbag

Hier John Nelson, aujourd'hui Bruno Weill, demain Ton Koopman, Laurence Equilbey, Michel Plasson, Fabio Biondi et toujours John Nelson, l'Ensemble Orchestral de Paris (EOP) se donne réellement les moyens de son renouveau. Le récent concert Mozart-Schumann dirigé par Bruno Weill a en partie prouvé le bien fondé de l'entreprise.

 

Théâtre des Champs-Élysées, Paris
Le 31/10/2000
Pauline GARAUDE
 



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  • Sous son apparence de naturel, la musique de Mozart est un défi constant lancé aux interprètes car sa fantaisie exige une lecture à la fois rigoureuse avec le texte, et en souplesse avec le geste ; le tout sans emphase, aucune. Dans l'Adagio et fugue de Mozart, Bruno Weil a eu justement l'intelligence d'interpréter ces pages comme du Bach, tout en sobriété. Mystérieux dans l'Adagio, il laisse aux violoncelles le soin de souligner les inflexions mélodiques et obtient dans les pianissimos un lyrisme étonnant grâce à la seule consistance donnée au son. Ici, rien n'est sentimental mais toutes les suggestions et tous les sous-entendus y sont. Cette intimité avec l'idiome mozartien n'est pas moins féconde dans la fugue. Pulsation rythmique souple et timbre subtilement expressif, violoncelles et contrebasses assument naturellement leur rôle de pilier architectural, tandis que l'essaim de violons aiguise une tension dramatique sans mélange.

    Tourment, exaltation et folie sont atténués dans le Concerto pour violon de Schumann, au profit d'une lecture beaucoup plus intérieure et mûrie, mais non moins torturée. Le souci de créer une atmosphère intime, fusionnelle et sans contrastes heurtés est manifeste. De même, timbres et couleurs se complètent au lieu de s'opposer, évitant toutes outrances. Au violon, Gérard Poulet dose en permanence son archet avec l'orchestre, sans décrochages de tempi dans le troisième mouvement. Il suspend le son et fait attendre chaque note – même si certaines ne sont pas toujours assez timbrées – déroulant le phrasé musical sans l'interrompre, à la manière d'un long soupir. Une façon de voir le Romantisme comme fêlure intime, aussi secrète que profonde et irrémédiable.

    Mais ce qui a fonctionné dans le Concerto s'est curieusement aplati dans la Symphonie Prague, rendue comme atone et sans aspérités. Ici, la recherche d'un timbre homogène et d'une couleur "demi-teinte" semblent mal appropriées : Prague y perd totalement son statut de capitale mozartienne, alors qu'il y a pourtant tant de monuments devant lesquels s'esbaudir, pourvu qu'ils ne soient pas repeints au pastel.




    Théâtre des Champs-Élysées, Paris
    Le 31/10/2000
    Pauline GARAUDE

    L'Ensemble Orchestral de Paris dirigé par Bruno Weill dans un programme Mozart-Schumann.
    Mozart : Adagio et fugue pour cordes
    Schumann : Concerto pour violon et orchestre
    Mozart : Symphonie de Prague
    Ensemble Orchestral de Paris
    Bruno Weil, direction
    Gérard Poulet, violon

     


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