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CRITIQUES DE CONCERTS 23 septembre 2019

Nouvelle production d’ƒdipe d’Enesco dans une mise en scùne d’Achim Freyer, sous la direction d’Ingo Metzmacher au festival de Salzbourg 2019.

Salzbourg 2019 (1) :
ƒdipe par KO

© Monika Rittershaus

Franc succĂšs pour l’ƒdipe d’Enesco, Ă©blouissante rĂ©ussite hormis sur la diction française, lacune rĂ©pandue Ă  Salzbourg. Mais la mise en scĂšne d’Achim Freyer, entre cirque et expressionnisme, une belle distribution et les miracles d’Ingo Metzmacher Ă  la tĂȘte de Wiener Philharmoniker stratosphĂ©riques captivent toute la soirĂ©e durant.
 

Felsenreitschule, Salzburg
Le 14/08/2019
Yannick MILLON
 



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  • Fruit d’un quart de siĂšcle de labeur, l’ƒdipe de George Enesco (1881-1955), nĂ© en Roumanie mais parisien d’adoption, fut crĂ©Ă© avec succĂšs en 1936 au Palais Garnier ; et attend toujours d’y ĂȘtre redonnĂ© dans sa version originale française. Toulouse a eu cette audace il y a onze ans, quand ces derniĂšres annĂ©es, la production bruxelloise de La Fura dels baus a quelque peu tournĂ©.

    Il serait temps que l’OpĂ©ra de Paris remette Ă  l’affiche cette Ɠuvre Ă©rudite basĂ©e sur le livret savamment hellĂ©nisant d’Edmond Fleg, qui couvre chronologiquement toute la vie du personnage en synthĂ©tisant notamment ƒdipe roi et ƒdipe Ă  Colone de Sophocle. Un ouvrage foisonnant qui ne pouvait que trouver un terrain d’élection au ManĂšge des rochers de Salzbourg.

    Le nouveau directeur du festival, Markus HinterhĂ€user, a d’ailleurs eu du nez, face Ă  la nouvelle gĂ©nĂ©ration de metteurs en scĂšne, de faire appel au vĂ©tĂ©ran Achim Freyer, Ă©lĂšve de Brecht qui a fĂȘtĂ© ses 85 ans en mars, cĂ©lĂ©brĂ© en Autriche pour une FlĂ»te enchantĂ©e situĂ©e dans le monde du cirque qui a fait les dĂ©lices de la fin des annĂ©es 1990.

    Le plateau aussi pentu que le destin du fils de LaĂŻos et Jocaste est peuplĂ© de crĂ©atures fantasmagoriques, Ă  mi-chemin du cirque et de l’expressionnisme et toujours d’une portĂ©e poĂ©tique : marionnette de chĂšvre flĂ»tiste façon Chagall, de petite fille conduisant lentement un TirĂ©sias aux allures de Pierrot gigantesque, Sphinge surrĂ©aliste avec son dĂ©, la Mort manipulant en guise de cerf-volant une gigantesque poupĂ©e estropiĂ©e, ThĂ©bains en costumes noirs fondus dans la pĂ©nombre, et tout un bestiaire Ă  la JĂ©rĂŽme Bosch.

    © Monika Rittershaus

    ƒdipe apparaĂźt d’abord comme un Ă©norme bĂ©bĂ©, puis adulte en boxeur bodybuildĂ© hĂ©roĂŻque et monstrueux (« mon poing rougit de sang ses yeux rouges de vin Â»), bĂȘte de foire qui tuera son pĂšre avec la lance que ce dernier avait utilisĂ©e pour lui percer les pieds. Sur la vaste scĂšne, les masses de peuple en marche lente vers la machine infernale des oracles fascinent de bout en bout.

    L’orchestration du compositeur est transcendĂ©e par un Ingo Metzmacher au zĂ©nith : dĂ©taillĂ©, vif, ne laissant jamais les lignes s’épaissir, gardant en rĂ©serve des accents verticaux foudroyants, faisant la part belle aux mixtures de timbres (cĂ©lesta, piano, saxophone, scie musicale) et aux atmosphĂšres pastorales campĂ©es par les bois en Ă©tat de grĂące du Philharmonique de Vienne (bassons qu’on jurerait français, hautbois et autre flĂ»te basse).

    Seule rĂ©serve, une fois encore Ă  Salzbourg, le français dĂ©fectueux d’un plateau par ailleurs excellent (le CrĂ©on mordant de Brian Mulligan), mĂȘme si l’on reste loin de la calamitĂ© de MĂ©dĂ©e donnĂ©e en parallĂšle au Grosses Festspielhaus. On frĂŽle parfois la caricature (Le Veilleur, MĂ©rope), les rares francophones n’étant eux-mĂȘmes pas exemplaires (Le Berger, Jocaste, Ève-Maud Hubeaux qui crache ses consonnes et occulte ses quarts de ton malgrĂ© une vocalitĂ© ensorcelante idĂ©ale pour la Sphinge).

    Reste des chƓurs aux voyelles imprĂ©cises mais au bel impact, le TirĂ©sias fascinant de puissance brute de John Tomlinson, bientĂŽt 73 ans et prĂ©sence intacte malgrĂ© des aigus en ruine et un style chaotique, et le rĂŽle-titre tenu Ă  bout de gants (de boxe) par un Christopher Maltman fabuleux tragĂ©dien, plus dramatique qu’intĂ©rieur, engagĂ© de toutes ses fibres et Ă  peu prĂšs intelligible.




    Felsenreitschule, Salzburg
    Le 14/08/2019
    Yannick MILLON

    Nouvelle production d’ƒdipe d’Enesco dans une mise en scùne d’Achim Freyer, sous la direction d’Ingo Metzmacher au festival de Salzbourg 2019.
    George Enesco (1881-1955)
    ƒdipe, tragĂ©die lyrique en quatre actes (1936)
    Livret d’Edmond Fleg d’aprùs Sophocle

    Salzburger Festspiele und Theater Kinderchor
    Konzertvereinigung Wiener Staatsopernchor
    Wiener Philharmoniker
    direction : Ingo Metzmacher
    mise en scÚne, décors, costumes & éclairages : Achim Freyer
    réalisation éclairages : Franz Tscheck
    vidéo : Benjamin Jantzen
    prĂ©paration des chƓurs : Huw Rhys James

    Avec :
    Christopher Maltman (ƒdipe), Michael Colvin (LaĂŻos), AnaĂŻk Morel (Jocaste), Brian Mulligan (CrĂ©on), John Tomlinson (TirĂ©sias), David Steffens (Le Grand PrĂȘtre), Ève-Maud Hubeaux (La Sphinge), Gordon Bintner (Phorbas), Vincent Ordonneau (Le Berger), Tilmann Rönnebeck (Le Veilleur), Boris Pinkhasovich (ThĂ©sĂ©e), Chiara Skerath (Antigone), Anna Maria Dur (MĂ©rope), Katha Platz (ƒdipe bĂ©bĂ©).

     



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