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CRITIQUES DE CONCERTS 17 septembre 2019

Nouvelle production d’Idoménée de Mozart dans une mise en scène de Peter Sellars et sous la direction de Teodor Currentzis au festival de Salzbourg 2019.

Salzbourg 2019 (2) :
Transcendant Mozart

© Ruth Walz

Production la plus attendue de l’été à Salzbourg, l’Idoménée du tandem Sellars-Currentzis tente d’alerter les consciences sur les ravages du réchauffement climatique avec une mise en scène parfois pesante, qui s’efface derrière la leçon donnée par le Freiburger Barockorchester, héros ovationné d’une soirée d’électricité théâtrale proprement inouïe.
 

Felsenreitschule, Salzburg
Le 15/08/2019
Yannick MILLON
 



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  • Le sacrifice d’un enfant, base de tant de mythes, heurte tellement le monde contemporain que Peter Sellars a envisagĂ© la chose au figurĂ© dans IdomĂ©nĂ©e : menacer par ricochet la vie de sa descendance en lui laissant une planète en pĂ©ril, victime du consumĂ©risme, de l’hybris de l’homme, de son incapacitĂ© Ă  endiguer sa voracitĂ© attentant Ă  la nature.

    Le postulat, avec ses déplacés de guerre, ses déchaînements élémentaires, parvient à se raccrocher au livret. Une grève façon Kamilo Beach, jonchée de plastique, sera le cadre d’une production en appelant aux consciences, par un metteur en scène qui milite en outre depuis toujours pour le cosmopolitisme des distributions. Le ballet final est d’ailleurs confié à deux danseurs des îles Samoa, sans hasard quand on sait que leur peuple souffre déjà beaucoup de la montée des eaux.

    Le cadre établi jusque dans le programme de salle, les marottes ne manquent pourtant pas dans la direction d’acteurs ou l’illustration visuelle, avec ces colonnes en plexiglas à gyrophare – bravo toutefois pour le saisissant laser bleu simulant un fond marin juste avant l’entracte ! –, cette gestuelle dévote des choristes, ces affreux pyjamas de détenus vus mille fois.

    On a aussi l’impression que l’idée force du spectacle a nécessité, comme dans La Clémence de Titus de 2017, de nombreux tripatouillages : récitatifs taillés à la serpe, amputation de la scène de reconnaissance, de tout le début du II, du dernier air d’Idoménée et du dernier chœur, ajout de la scène du Grand Prêtre de Thamos, remplacement du dernier air d’Idamante par le Rondo KV 505, au moins lié à l’œuvre par le texte de Varesco.

    ©Ruth Walz

    Teodor Currentzis, qui désarticulait chaque phrase il y a deux ans, respecte infiniment plus la trame dramatique d’Idoménée, parmi les plus riches qu’ait conçues Mozart, à laquelle il insuffle un sens du théâtre qui prend à la gorge dès la première attaque, avec des nuances périlleuses qui galvanisent toute l’équipe musicale, par ailleurs souvent mobilisée à coups de talon sur le podium. Et si les chœurs, millimétrés, sont toujours ceux de l’Opéra de Perm, on applaudit la présence du Freiburger Barockorchester en fosse.

    Engagement de chaque instant, éloquence absolue de tous les pupitres, les instrumentistes debout comme chez musicAeterna, bois fruités, cordes fournies, aux attaques serrées inouïes, timbales à la propulsion parfaite (la colère finale d’Elettra, grisante comme rarement), la houle orchestrale fonctionne à plein et mérite mille fois sa standing ovation.

    Russell Thomas, extrêmement inégal d’un soir sur l’autre et même d’une scène à l’autre, est au moins autant en difficulté que dans Titus, émission souvent détimbrée et chaotique (Fuor del mar, pourtant écourté). Le Gran Sacerdote éclatant de Issachah Savage aurait pu tout autant endosser le rôle-titre, tandis que l’on déplore la coupure des deux airs d’Arbace tant le ténor limpide de Levy Sekgapane y ferait sans doute merveille.

    L’Idamante de Paula Murrihy, émission parfois en arrière, cède devant l’Ilia de Ying Fang, qui multiplie les piani en apesanteur au-dessus de l’orchestre et les aigus miraculeux, et l’Elettra de Nicole Chevalier, qui tout en n’entamant pas son potentiel vitupérateur (avec contre-ut final dans sa folie), offre de radieux sons filés dans l’élégie d’Idol mio.




    Felsenreitschule, Salzburg
    Le 15/08/2019
    Yannick MILLON

    Nouvelle production d’Idoménée de Mozart dans une mise en scène de Peter Sellars et sous la direction de Teodor Currentzis au festival de Salzbourg 2019.
    Wolfgang Amadeus Mozart (1756-1791)
    Idomeneo, re di Creta, dramma per musica en trois actes KV 366 (1781)
    Livret de Giambattista Varesco, d’après le livret d’Antoine Danchet pour l’Idoménée de Campra

    musicAeterna
    Freiburger Barockorchester
    direction : Teodor Currentzis
    mise en scène : Peter Sellars
    décors : George Tsypin
    costumes : Robby Duiveman
    Ă©clairages : James F. Ingals
    préparation des chœurs : Vitaly Polonsky

    Avec :
    Russell Thomas (Idomeneo), Paula Murrihy (Idamante), Ying Fang (Ilia), Nicole Chevalier (Elettra), Levy Sekgapane (Arbace), Issachah Savage (Gran Sacerdote), Jonathan Lemalu (La Voce), Brittne Mahealani Fuimaono, Arikitau Tentau (danseurs).

     



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