altamusica
 
       aide
















 

 

Pour recevoir notre bulletin régulier,
saisissez votre e-mail :

 
désinscription




CRITIQUES DE CONCERTS 12 juillet 2020

Première au festival d’été de Salzbourg d’Alcina de Haendel conçue pour le festival de Pentecôte dans la mise en scène de Damiano Michieletto et sous la direction de Gianluca Capuano.

Salzbourg 2019 (6) :
Une Alcina enchanteresse

© Matthias Horn

Nouvelle réussite pour Cecilia Bartoli que cette Alcina confiée par la directrice artistique du festival de Pentecôte à Gianluca Capuano et Damiano Michieletto. Une équipe du tonnerre pour un spectacle évident, intelligent, vivant, musical. Est-ce à dire qu’après Mozart, la musique moderne, et le théâtre, une quatrième jambe Haendel est en train de pousser ?
 

Haus fĂĽr Mozart, Salzburg
Le 18/08/2019
Thomas COUBRONNE
 



Les 3 dernières critiques de concert

  • RĂ©ouverture

  • Des tĂ©nèbres Ă  la lumière

  • RĂ©chauffement climatique

    [ Tous les concerts ]
     
      (ex: Harnoncourt, Opéra)




  • La magie opère Ă  nouveau dans cette Alcina riche des talents conjuguĂ©s de Gianluca Capuano, aussi imaginatif que mĂ©ticuleux, Ă  la tĂŞte de Musiciens du Prince-Monaco sis sur un continuo en majestĂ©, et Damiano Michieletto dont personne ne pourrait imaginer que c’est son premier opĂ©ra baroque, tant il maĂ®trise LA problĂ©matique du genre, l’aria da capo.

    Jamais on ne perçoit la moindre lassitude dans des répétitions réinventées par un savoir-faire évident autant qu’une inspiration avide de chaque silence, chaque modulation, chaque changement de partenaire ou de géométrie entre les protagonistes. Ce seul succès suffirait à faire du spectacle un modèle du genre, mais on saluera aussi l’homogénéité du travail sur la caractérisation des personnages.

    Hantée par le spectre de sa vieillesse, Alcina connaît la fragilité de son pouvoir, de ses illusions vouées à l’anéantissement ; Bartoli s’y illustre, en digne héritière de La Strada (la créatrice du rôle), par sa maîtrise égale des deux grands styles nommés d’après ses prédécesseurs Faustina et Cuzzoni, le brio et l’intériorité. Osant des pianissimi périlleux et un tempo à l’arrêt, sans que l’orchestre ne bouge un cheveu, elle prodigue les moments les plus prenants de l’opéra, autant que la folie la plus excessive – les coups de langue menaçants, hache à la main de Ma quando tornerai, tout droit venus de Shining.

    Cultivant le comique, Michieletto évite la pesanteur d’une lecture trop sérieuse de cet opéra plus merveilleux que seria, enjambant ainsi les da capo en continuant à y développer l’argument. Il peut alors compter sur Sandrine Piau, impayable Morgana, tragiquement consciente que son corps est sa seule force de séduction, mais dans une ingénuité hilarante lors de ses approches de Bradamante.

    Celle-ci, parfaite en travesti, bĂ©nĂ©ficie pour son impossible tessiture du mezzo profond (bien qu’étendu !) de Kristina Hammarström, constamment dans le jeu, l’interaction, aussi virtuose et volontaire que capable de dĂ©licatesse, vĂ©ritable hĂ©roĂŻne de l’opĂ©ra ; son Ruggiero Ă  l’inverse est un petit garçon incapable de gĂ©rer la situation, qui après avoir rĂ©clamĂ© sa «&nbqp;maman Â» Alcina au I, se laisse conduire par MĂ©lisse et Bradamante.

    Philippe Jaroussky s’y impose par défaut, s’emparant de la faiblesse du personnage, couleur criarde, souvent en retard, sans legato ni ampleur, profitant de chaque cadence pour roucouler – en accord avec le chef, visiblement amateur – en un style affecté, ici concertant, là chromatique. Le Melisso d’Alastair Miles, juste scrogneugneu ce qu’il faut, et l’Oronte de Christoph Strehl, émission floue de manipulateur au fond victime, complètent cette équipe de vaudeville où tranche la dimension pathétique d’Alcina, plus lucide que les autres sur la vanité du monde.

    Son île, métamorphosée en hôtel de luxe, est peuplée d’esclaves, marins errants, danseurs et choristes de l’excellent Bachchor Salzburg très sollicités, qui accompagnent avec l’adjonction de la vidéo (parfois redondante) les humeurs de la magicienne et les péripéties de l’action. Le drolatique Oberto de Sheen Park, enfant parachuté dans ce monde d’adultes, montrant au public son papier AITA (au secours), ajoute une touche d’humour à un spectacle très équilibré, dont on regrettera seulement qu’un certain nombre de coupures et le déplacement de Mi restano le lagrime bousculent quelque-peu la fin.




    Haus fĂĽr Mozart, Salzburg
    Le 18/08/2019
    Thomas COUBRONNE

    Première au festival d’été de Salzbourg d’Alcina de Haendel conçue pour le festival de Pentecôte dans la mise en scène de Damiano Michieletto et sous la direction de Gianluca Capuano.
    Georg Friedrich Haendel (1685-1759)
    Alcina, opéra en trois actes HWV 34 (1735)
    Livret d’après Orlando furioso de l’Arioste

    Bachchor Salzburg
    Les Musiciens du Prince-Monaco
    direction : Gianluca Capuano
    mise en scène : Damiano Michieletto
    décors : Paolo Fantin
    costumes : Agostino Cavalca
    vidéo : rocafilm
    chorégraphie : Thomas Wilhelm
    préparation des chœurs : Markus Obereder

    Avec :
    Cecilia Bartoli (Alcina), Philippe Jaroussky (Ruggiero), Sandrine Piau (Morgana), Kristina Hammarström (Bradamante), Christoph Strehl (Oronte), Alastair Miles (Melisso), Sheen Park, Moritz Gemel (Oberto), Angelika Nieder (Vieille Alcina), Wolfgang Rauscher (Astolfo).

     



      A la une  |  Nous contacter   |  Haut de page  ]
     
    ©   Altamusica.com