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CRITIQUES DE CONCERTS 16 octobre 2019

Adieux de Bernard Haitink avec les Wiener Philharmoniker et la participation du pianiste Emanuel Ax au festival de Salzbourg 2019.

Salzbourg 2019 (8) :
Et puis s’en va…

© Leo Neumayr

Zum letzten Mal. En clôture de Salzbourg 2019, Bernard Haitink quitte la scène musicale sur un programme qui sera redonné à Londres et Lucerne, avant l’heure de la retraite. Absence de dramatisation de l’événement, sérénité et sourire radieux au menu du Quatrième Concerto de Beethoven et de la Septième de Bruckner, avec des Wiener fervents.
 

GroĂźes Festspielhaus, Salzburg
Le 31/08/2019
Yannick MILLON
 



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  • NĂ© le 4 mars 1929 Ă  Amsterdam, Bernard Haitink, chef de l’Orchestre du Concertgebouw entre 1961 et 1988, a traversĂ© la seconde moitiĂ© du XXe siècle et les deux premières dĂ©cennies de celui en cours sans jamais dĂ©river de sa trajectoire initiale : celle d’un Kapellmeister sans Ă©go, ni recrĂ©ateur ni excentrique, d’une force tranquille accrue avec les ans, et Ă  un degrĂ© d’aboutissement rare dans Mahler et Bruckner Ă  la fois.

    Outre dans sa ville natale, le vétéran a abondamment dirigé au concert les Berliner et les Wiener. Celui qui semblait défier les ans au pupitre, après une mauvaise chute en juin 2018, avait annoncé une année sabbatique à la fin de cet été, avant d’annoncer finalement sa retraite. Une page se tourne, une boucle se referme pour nous. Dans le même Großes Festspielhaus, le 25 août 2000, nous entendions pour la première fois le maestro, à la tête des Berliner dans la même Septième de Bruckner choisie pour clore sa carrière à Salzbourg, ce 31 août au matin. Un programme déjà donné la veille, et appelé à se répéter seulement aux Proms de Londres le 3 septembre et à Lucerne le 6.

    Murray Perahia forfait pour raisons de santé, c’est Emanuel Ax qui officiera dans le Concerto pour piano n° 4 de Beethoven. Le pas calé sur celui, très posé, du chef appuyé sur sa canne, l’air presque timide, le pianiste américain d’origine polonaise débute par un premier accord arpégé là où la partition l’indique plaqué. Une licence qui s’accorde toutefois parfaitement avec le ton de confidence et de sérénité d’une interprétation lorgnant sans cesse vers la Pastorale, ou même les Saisons de Haydn, laissant passer au-dessus de cordes soyeuses les rais de lumière de la petite harmonie.

    Tout sauf bête de technique, le piano chante au diapason de l’orchestre, jamais un accord martelé ou cogné, respiration lovée sur une battue très souple, offrant des changements d’éclairage au fur et à mesure des modulations, en parfaite symbiose. Un toucher viennois dans une partition aux zones d’ombre estompées, tout en douceur. Le trajet du son au silence dans l’Andante, peu dramatisé, se fait naturellement, avant un Finale d’une joie simple, sans excès d’électricité. Entente parfaite, suivie en bis d’une Valse op. 34 n° 2 de Chopin presque droite.

    La Symphonie n° 7 de Bruckner, toujours dirigée de mémoire, le deux temps large décomposé en fonction des besoins dans l’Allegro moderato liminaire, restera dans les mémoires par son parfait mélange de lumière et de stabilité, de naturel et de génie de la grande ligne érigée sur un legato de cordes royal. Les masses sonnent en outre avec toute la noblesse requise, et un caractère d’évidence rehaussé par un sommet de majesté mordorée à donner le frisson dans la coda, où un second timbalier vient en renfort sur l’apogée au souffle libérateur d’un roulement ininterrompu de cinquante-deux mesures.

    Contrairement au ralentissement entrevu dans la Quatrième de Mahler à Paris en mars, ce Bruckner n’a guère lesté son pas, plus allant même que ce que souhaiterait visiblement l’orchestre dans l’introduction d’un Adagio au lyrisme crépusculaire bouleversant. À ce niveau, le Scherzo, à peine moins leste que naguère, et le Finale souffrent de leurs carences d’écriture, le compositeur ayant donné son meilleur dans la première moitié de son œuvre.

    N’importe, la salle, debout et pleine d’yeux rougis, sans ostentation ou manifestation extravagante, salue le dernier tour de piste d’un grand monsieur de la direction, inlassable serviteur, au plus haut niveau, en toute humilité, du grand répertoire symphonique germanique, et que le Philharmonique de Vienne vient de nommer membre honoraire.




    GroĂźes Festspielhaus, Salzburg
    Le 31/08/2019
    Yannick MILLON

    Adieux de Bernard Haitink avec les Wiener Philharmoniker et la participation du pianiste Emanuel Ax au festival de Salzbourg 2019.
    Ludwig van Beethoven (1770-1827)
    Concerto pour piano n° 4 en sol majeur, op. 58
    Emanuel Ax, piano
    Anton Bruckner (1824-1896)
    Symphonie n° 7 en mi majeur
    Wiener Philharmoniker
    direction : Bernard Haitink

     


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