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CRITIQUES DE CONCERTS 13 aoűt 2020

Concert de l’Orchestre de Paris sous la direction de Susanna Mälkki, avec la participation d’Edgar Moreau à la Philharmonie de Paris.

Alignement des Planètes
© Tanja Ahola

Pour sa première apparition à la tête de l’Orchestre de Paris, l’ancienne directrice musicale de l’Ensemble Intercontemporain, Susanna Mälkki, élève la formation vers des sonorités pastorales pour le concerto le plus célèbre de Dvořák, puis dynamise ses forces dans des Planètes de Holst de grande envergure.
 

Philharmonie, Paris
Le 26/09/2019
Vincent GUILLEMIN
 



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  • Susanna Mälkki est surtout connue en France pour le rĂ©pertoire moderne, mais il suffit d’observer ses programmes avec l’Orchestre philharmonique d’Helsinki pour savoir qu’elle aborde aujourd’hui aussi largement l’époque romantique. Et c’est par le compositeur dont elle a dirigĂ© la dernière reprise de l’opĂ©ra le plus cĂ©lèbre Ă  Bastille, Rusalka, qu’elle dĂ©bute son premier programme devant l’Orchestre de Paris.

    L’introduction purement symphonique du Concerto pour violoncelle de Dvořák met en avant les sons transparents ainsi qu’une remarquable concentration des instrumentistes, globalement plus convaincants ici que sous les trois autres chefs apparus devant eux depuis le début de saison. En soliste, le violoncelle à la légèreté très française d’Edgar Moreau s’accorde à l’atmosphère pastorale développée par la cheffe, même si cette partie manque parfois de chair.

    D’une belle largeur de geste dans l’Adagio ma non troppo, le jeune artiste ne peut occulter une évidente absence de gravité, bien loin de la puissance de la référence française dans cette œuvre, Pierre Fournier, le premier à avoir interprété cette partition avec l’Orchestre de Paris, il y a soixante ans sous la direction de Jean Martinon. Parfaitement agencé par Mälkki aujourd’hui, le premier cor et ses excellents soli développent le caractère mélancolique du mouvement, bien assistés dans cette voie par la petite harmonie.

    En bis, après un dynamique Finale, la Sarabande de la Suite n° 3 de Bach offerte par le violoncelliste n’est qu’un passage obligé vers l’entracte, avant un retour de la cheffe devant un grand ensemble, renforcé par l’orgue de la Philharmonie. Relativement rares en France, Les Planètes de Holst sont bien plus communes outre-Manche. La Finlandaise, qui les a dirigées en 2015 aux Proms de Londres, revient à l’ouvrage avec le même regard, toujours sans son complément apocryphe (Pluton de Colin Matthews, ajouté au cycle de Gustav Holst peu avant la rétrogradation de l’astre au rang de planète naine en 2006).

    L’ostinato rythmique introductif de Mars ne cherche aucun caractère démonstratif et n’est pas brutalisé, comme s’il annonçait une arrivée sur le champ de bataille plutôt qu’un combat déjà engagé, pour cette première planète-dieu qui apporte la guerre. Vénus apporte la paix avec à nouveau de magnifiques soli du cor, puis des harpes célestes, dans une belle apesanteur de la petite harmonie. Les soli de violon de Philippe Aïche se remarquent également par la suite, ainsi que celui de l’orgue, qui peine toujours à nous convaincre dans cette salle.

    Au jeu de la modernité, on trouve une volonté chez Mälkki de mettre particulièrement en avant quelques cellules thématiques, ainsi qu’un équilibre très prédominant du célesta, en plus d’une cristallinité de timbres parfois au détriment du message émotif, à l’image du traitement de Saturne, qui apporte la vieillesse. Neptune emporte toutefois par une mystique appuyée grâce au jeune chœur de Paris et à l’Ensemble vocal de la Maîtrise de Paris, magnifiquement préparés par Richard Wilberforce, tous cachés derrière le parterre pour donner encore plus d’évanescence aux superbes derniers instants de la partition du compositeur anglais.




    Philharmonie, Paris
    Le 26/09/2019
    Vincent GUILLEMIN

    Concert de l’Orchestre de Paris sous la direction de Susanna Mälkki, avec la participation d’Edgar Moreau à la Philharmonie de Paris.
    Antonín Dvořák (1841-1904)
    Concerto pour violoncelle en si mineur op. 104
    Edgar Moreau, violoncelle
    Gustav Holst (1874-1934)
    The Planets op. 32
    Le jeune chœur de Paris
    Ensemble vocal de La Maîtrise de Paris
    préparation : Richard Wilberforce
    Orchestre de Paris
    direction : Susanna Mälkki

     


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