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CRITIQUES DE CONCERTS 12 novembre 2019

Concert de l’Orchestre de Paris sous la direction de François-Xavier Roth, avec la participation de la soprano Lise Davidsen à la Philharmonie de Paris.

Mort et transfiguration
© Ray Burmiston

Hommage à Jessye Norman pour qui une minute de silence est respectée les deux soirs, le concert de l’Orchestre de Paris dirigé par François-Xavier Roth permet de faire découvrir à la France la soprano wagnérienne Lise Davidsen, tandis que le chef français déploie une superbe palette de contrastes pour Petrouchka en seconde partie.
 

Philharmonie, Paris
Le 17/10/2019
Vincent GUILLEMIN
 



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  • Initialement programmĂ©e lors de la saison d’ouverture de la Philharmonie de Paris, Jessye Norman avait finalement dĂ» renoncer, pour ne plus jamais remonter sur une scène en France. Elle avait auparavant marquĂ© de sa prĂ©sence une quinzaine de concerts avec l’Orchestre de Paris, dont les Gurre-Lieder de Schoenberg avec Zubin Mehta en 1977, et les Quatre derniers Lieder de Strauss en 1986 avec Erich Leinsdorf.

    Le temps passe mais les grandes œuvres restent, autant que les grandes interprétations, celle de Norman des Vier letzte Lieder avec Kurt Masur au disque restant une référence. Et c’est aujourd’hui à la soprano norvégienne Lise Davidsen, tout juste 32 ans et triomphatrice d’Elisabeth cet été à Bayreuth, de reprendre le flambeau et de déployer ses superbes atours.

    Dès la première syllabe de Frühling, la voix emplit la Philharmonie et supplante tout l’orchestre. Comme lors de son récent enregistrement, les notes de passage se montrent plus difficiles, tout comme certains aigus, parfois criés ou acides, mais rarement une telle longueur de souffle s’est autant exposée dans l’ouvrage, sans que jamais avant Im Abendrot le vibrato ne prenne trop de place.

    Avec la maturité viendra le temps d’y faire pleurer, mais on se délecte pour l’instant des longues étendues de September et Beim Schlafengehen, avec le très bon solo de violon de Philippe Aïche. La direction de François-Xavier Roth ne cherche jamais le pathos, mais à colorer et nuancer un cycle pourvu en conséquence de quelques pics de tension. L’Orchestre de Paris se présente plus concentré qu’en ouverture de concert, où l’opus 1 de Webern manquait de densité.

    Bien plus passionnant que la Passacaglia, la seconde partie dévoile un ensemble jamais massif pour aborder la version originale de Petrouchka. Dès Les Foules de la Fête populaire, les bois s’étalent avec une superbe amplitude, tandis que Roth développe une dynamique pleine de contrastes et de surprises. Comme souvent, le célesta ressort particulièrement dans l’acoustique à forte réverbération de la Philharmonie, mais il laisse vite la place à des cordes souples et transparentes.

    Le chef français n’hésite pas à entrer à plein dans la partition stravinskienne pour en narrer l’intrigue sans peur du grotesque lors des contrepoints très marqués du contrebasson à l’entrée de La cabine du charlatan. La flûte solo de Vicens Prats apporte ensuite une grande finesse à la scène du magicien, très libre. Les piccolos brillent avec le retour à la dynamique dans la Danse russe, d’où se démarquent aussi les percussions, dont le xylophone, ainsi qu’à nouveau le violon solo, grinçant sans être caricatural.

    La même ferveur est maintenue pendant les trois tableaux suivants, avec des danses toujours plus dynamisées. Avant une Mort de Petrouchka pleine de retenue dans les ultimes pizzicati, on retient le grand moment de nerf de la Danse des cochers et des palefreniers pour ses cuivres amples et nets, dans cette version de caractère offerte par un chef dont on aimerait croire, comme pour Susanna Mälkki, qu’il fasse partie des favoris dans la course à la nomination du nouveau directeur musical de l’Orchestre de Paris.




    Philharmonie, Paris
    Le 17/10/2019
    Vincent GUILLEMIN

    Concert de l’Orchestre de Paris sous la direction de François-Xavier Roth, avec la participation de la soprano Lise Davidsen à la Philharmonie de Paris.
    Anton Webern (1883-1945)
    Passacaglia, op. 1
    Richard Strauss (1864-1949)
    Vier letzte Lieder
    Lise Davidsen, soprano
    Igor Stravinski (1882-1971)
    Petrouchka, scènes burlesques en quatre tableaux
    Version originale de 1911
    Orchestre de Paris
    direction : François-Xavier Roth

     


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