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CRITIQUES DE CONCERTS 11 juillet 2020

Reprise de Don Carlo de Verdi dans la mise en scène de Krzysztof Warlikowski, sous la direction de Fabio Luisi à l’Opéra de Paris.

Le retour de l’Infant
© Vincent Pontet

Pour la reprise dans la version italienne de la production de Krzysztof Warlikowski du Don Carlos créée à l’Opéra Bastille en 2017, le bénéfice de la direction impliquée de Fabio Luisi s’accorde à une distribution des grands rôles intégralement renouvelée, aujourd’hui marquée par Roberto Alagna, Aleksandra Kurzak et Anita Rachvelishvili.
 

Opéra Bastille, Paris
Le 28/10/2019
Vincent GUILLEMIN
 



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  • La production Warlikowski de Don Carlos avait Ă©tĂ© copieusement huĂ©e Ă  sa crĂ©ation. Pourtant, elle est loin de manquer d’intelligence, Ă  condition de rentrer comme souvent avec lui dans un jeu de syllogismes cinĂ©matographiques. Car Ă  l’image de Quentin Tarantino, dont il utilise le principe du chapitrage des parties, il se cite et fusionne systĂ©matiquement de multiples sources.

    Le II débute dans une salle d’escrime, référence à The Fencer, histoire vraie d’un escrimeur exilé en 1952 pour fuir un passé qui le rattrapera ; superbe parallèle lorsque l’on sait que la Princesse Eboli a sans doute perdu un œil à cause d’un fleuret. De même, l’Empire de Charles Quint se trouve mis en regard dans les costumes en double-référence à Franco et à Louis II de Bavière. Ainsi, d’une transcription de trois ou quatre siècles de l’action initiale, Warlikowski et sa collaboratrice Małgorzata Szczęśniak font une notion abstraite encore valable pour le spectateur actuel.

    Au IV, Philippe II porte l’habit du Ludwig de Visconti, tandis qu’Elisabetta est en robe verte, comme Romy Schneider. En le faisant ami d’un roi perdu, Warlikowski lie Rodrigue à l’un des ministres proches de Franco, référence également présente dans la vidéo tirée du Saturne de Goya à la fin du III : ce monstre a inspiré à Guillermo del Toro celui du Labyrinthe de Pan.

    Autre image caractéristique, le IV débute dans une salle de grands fauteuils de cuir, avec un Inquisiteur au style de Blofeld, le méchant de James Bond qui dirige Spectre, organisation secrète dont le but est de détruire l’humanité. L’église espagnole, ravageuse et nuisible pour la société de l’époque, apparaît donc par transparence après la scène de bûcher du livret.

    Roberto Alagna avait été le Don Carlos français de l’une des propositions marquantes de Stéphane Lissner au Châtelet. Alors que le ténor a annulé la première de cette reprise italienne à l’issue du premier acte, il chante ce soir jusqu’au bout, paré de son merveilleux timbre et d’une sensibilité intègre (après la mort de Rodrigo), d’une ferveur intacte.

    Elisabeth est un rôle encore lourd pour Aleksandra Kurzak, et si elle présente certaines limites de volume au III, sa magnifique technique belcantiste et son émotion irradient ses grandes scènes des actes pairs. René Pape titube avant d’être annoncé souffrant ; il portera jusqu’au bout un Philippe II perturbé mais puissant, là où Vitalij Kowaljow affiche la noirceur de ses graves pour le Grand Inquisiteur.

    En Rodrigo, Étienne Dupuis recherche un personnage touchant, sans marquer autant que l’Eboli d’Anita Rachvelishvili, qui approche son Nei giardin del bello avec légèreté, pour assombrir ensuite O Don Fatale. Dans cette distribution renouvelée demeurent Eve-Maud Hubeaux, aussi beau Tebaldo que Thibault en 2017, et le Conte di Lerma toujours précis de Julien Dran, autour de la nouvelle Voce di Cielo, diaphane, de Tamara Banjesevic.

    En fosse, Fabio Luisi revient après Simon Boccanegra l’an passé. Sa préparation donne une couleur latine et un soyeux rarement aussi identifiable dans l’Orchestre de l’Opéra de Paris, qui malheureusement s’amenuise à mesure que les retours d’entractes passent. À cette superbe partie symphonique s’accorde un chœur des grands soirs, excellemment préparé par José Luis Basso, pour une reprise en italien (essentiellement dans la version finale de Modène en cinq actes de 1886) finalement plus homogène que la création française de cette production il y a deux ans.




    Opéra Bastille, Paris
    Le 28/10/2019
    Vincent GUILLEMIN

    Reprise de Don Carlo de Verdi dans la mise en scène de Krzysztof Warlikowski, sous la direction de Fabio Luisi à l’Opéra de Paris.
    Giuseppe Verdi (1813-1901)
    Don Carlo, opéra en cinq actes
    Livret d’Achille de Lauzières et Angelo Zanardini d’après Schiller

    Chœurs et Orchestre de l’Opéra national de Paris
    direction : Fabio Luisi
    mise en scène : Krzysztof Warlikowski
    décors & costumes : Małgorzata Szczęśniak
    Ă©clairages : Felice Ross
    vidéo : Denis Guéguin
    préparation des chœurs : José Luis Basso

    Avec :
    René Pape (Filippo II), Roberto Alagna (Don Carlo), Étienne Dupuis (Rodrigo), Vitalij Kowaljow (Il Grande Inquisitore), Sava Vemić (Un frate), Aleksandra Kurzak (Elisabetta di Valois), Anita Rachvelishvili (La Principessa Eboli), Eve-Maud Hubeaux (Tebaldo), Tamara Banjesevic (Una Voce dal cielo), Julien Dran (Il Conte di Lerma), Pietro Di Bianco, Daniel Giulianini, Mateusz Hoedt, Tomasz Kumiega, Tiago Matos, Alexander York (Deputati fiamminghi), Vincent Morell (Un Araldo), Vadim Artamonov, Fabio Bellenghi, Marc Chapron, Enzo Coro, Julien Joguet, Kim Ta (Inquisitori), Bernard Arrieta (Corifeo).

     



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