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CRITIQUES DE CONCERTS 19 novembre 2019

Nouvelle production d’Ercole amante de Cavalli dans une mise en scène de Valérie Lesort et Christian Hecq et sous la direction de Raphaël Pichon à l’Opéra Comique, Paris.

Comic strip
© Stefan Brion

Vous avez aimé le Domino Noir d’Auber ? Vous adorerez cet Ercole amante de Cavalli, mis en scène par Valérie Lesort et Christian Hecq à la salle Favart. L’interprétation de Raphaël Pichon et d’une équipe de solistes dont le rôle-titre de Nahuel di Pierro sauve la soirée d’un comique de répétition qui manque de la faire sombrer face aux longueurs généreuses de l’ouvrage.
 

Opéra Comique - Salle Favart, Paris
Le 04/11/2019
David VERDIER
 



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  • Sous cet Hercule amoureux (Ercole amante) se cache le jeune et volage Louis XIV pour lequel Mazarin a organisĂ© les fastes de sa cĂ©rĂ©monie de mariage avec l’infante Marie-ThĂ©rèse. On passe commande Ă  Cavalli d’un opĂ©ra, genre nouveau en France. La commande mettra deux ans Ă  voir le jour, la faute Ă  une machinerie trop complexe, une langue italienne que le public ne comprenait pas et une musique de ballet composĂ©e Ă  l’intention du roi danseur par un Lully opportuniste.

    Cette œuvre, la plus grandiose de son temps, était destinée à frapper les esprits par l’emploi d’un chœur et d’un orchestre, doublés par plus d’une cinquantaine de danseurs et danseuses pour satisfaire au goût français pour la chorégraphie comme écrin politique. Déjà remarqués pour leur mise en scène du Domino noir d’Auber, Valérie Lesort et Christian Hecq remettent le couvert dans une veine mêlant humour et farce, très loin des références qui auraient pu parler avec plus de finesse du pouvoir et de la tragédie lyrique.

    On nage ici dans une machinerie baroque revue et corrigée à la sauce bande dessinée, avec des images qui s’enchaînent durant quelque trois heures trente : Junon et son paon gonflable, le Sommeil bibendum, Vénus aviatrice, Déjanire et sa très longue robe, Hercule et son gentil monstre vert… Une fois passé l’étonnant prélude montrant un immense soleil avec les visages du chœur ponctuant chaque rayon, le rideau se lève sur un vaste amphithéâtre aux hauts murs blancs servant de décor aux évolutions aériennes des acrobates et figurants.

    Le fauteuil magique de Vénus s’anime d’inquiétantes créatures en fourrure verte tandis que Lychas sort de son tombeau façon nuit des morts-vivants pour suggérer à sa fille d’utiliser la tunique enduite du sang du centaure Nessus pour mettre à mort Hercule. On pourra être déçu par la sobriété des effets de cet épisode, contrastant avec le kitsch fastueux et pyrotechnique du céleste final.

    Nahuel di Pierro donne à cet Ercole une carrure somptueuse qui contraste avec les gags appuyés de la mise en scène. Francesca Aspromonte offre une Iole de haut rang, agile dans les changements de registres et dans la présence en scène. Krystian Adam pourra paraître plus limité dans la surface vocale qu’il offre à Hyllus, surtout en présence de la Déjanire furieuse de Giuseppina Bridelli et le brio de la Junon d’Anna Bonitatibus, malgré quelques imperfections à mettre sur le compte de l’engagement.

    Les rôles comiques sont tenus par un Dominique Visse (Licco) dont la prestation se limite à de vilaines notes nasales et Ray Chenez en page candide et vocalement un peu tendre. Le Neptune et l’Eutyro de Luca Tittoto et la Vénus de Giulia Semenzato se tirent avec les honneurs de rôles aussi brefs qu’exigeants.

    Raphaël Pichon dirige l’Ensemble et le Chœur Pygmalion avec un engagement et une énergie qui donnent à Cavalli un galbe et une ligne absolument remarquables. Les cuivres claquent au vent, tandis que les cordes impriment à l’action un timbre d’ensemble très cohérent et charnu. On notera une fois de plus la présence du percussionniste Sylvain Fabre, capable en un tournemain de créer un fascinant univers sonore. Des lauriers pour finir aux forces chorales, dont la maestria et l’homogénéité font merveille.




    Opéra Comique - Salle Favart, Paris
    Le 04/11/2019
    David VERDIER

    Nouvelle production d’Ercole amante de Cavalli dans une mise en scène de Valérie Lesort et Christian Hecq et sous la direction de Raphaël Pichon à l’Opéra Comique, Paris.
    Francesco Cavalli (1602-1676)
    Ercole amante, opéra en un prologue et cinq actes (1662)
    Livret de Francesco Buti, d'après Sophocle et Ovide

    Coproduction avec Château de Versailles spectacles

    Chœur et Orchestre Pygmalion
    direction : Raphaël Pichon
    mise en scène : Valérie Lesort & Christian Hecq
    décors : Laurent Peduzzi
    costumes et machines : Vanessa Sannino
    Ă©clairages : Christian Pinaud
    marionnettes : Carole Allemand, Sophie Coeffic, Valérie Lesort

    Avec :
    Nahuel di Pierro (Ercole), Francesca Aspromonte (Iole), Anna Bonitatibus (Giunone), Krystian Adam (Hyllo), Giuseppina Bridelli (Dejanira), Dominique Visse (Licco), Luca Tittoto (Nettuno / Eutyro), Giulia Semenzato (Bellezza / Venere / Cinthia), Eugénie Lefebvre (Pasithea / Clerica / Terza Grazia / Secondo Pianeta), Ray Chenez (Il Paggio).

     



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