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CRITIQUES DE CONCERTS 26 octobre 2020

Concert du Pittsburgh Symphony Orchestra sous la direction de Manfred Honeck, avec la participation du baryton Matthias Goerne Ă  la Philharmonie de Paris.

Lustre de Pennsylvanie

En tournée européenne avec le Pittsburgh Symphony Orchestra, Manfred Honeck ouvre le concert parisien par une pièce de Bates écrite pour son soixantième anniversaire, suivie de lieder de Schubert et Strauss traités par le maître de chant Matthias Goerne, avant une Symphonie n° 5 de Chostakovitch surtout apte à mettre en valeur le lustre des musiciens.
 

Philharmonie, Paris
Le 05/11/2019
Vincent GUILLEMIN
 



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  • CommandĂ©e pour le soixantième anniversaire de Manfred Honeck afin d’être crĂ©Ă©e au Heinz Hall de Pittsburgh fin septembre 2018, Resurrexit de Mason Bates ouvre par des sons moirĂ©s aux influences orientales, grâce Ă  des cuivres bouchĂ©es aux cris lointains et Ă  un calme traitement de l’espace sonore aux cordes.

    La pièce tonale états-unienne de tout juste dix minutes développe ensuite son matériau résurrectionnel par des sonorités printanières aux bois, tandis que sont employées des clochettes ainsi qu’une simandre, longue planche utilisée par les prêtres byzantins et ici frappée au maillet par un percussionniste bien intégré à l’ensemble en étant comme tout ce groupe placé à l’arrière et non sur les côtés de la scène de la Philharmonie de Paris.

    La dynamique finale d’une œuvre que l’on pourra tout de même trouver un peu facile tranche avec le doux Pilgerweise (Chant du pèlerin) de Schubert orchestré par l’un des plus fidèles accompagnateurs de Matthias Goerne, le pianiste Alexander Schmalcz. Le lied met en exergue une fois de plus la merveilleuse qualité de diseur du baryton, tandis qu’il laisse découvrir un accompagnement surtout basé sur la magnificence des musiciens du Pittsburgh Symphony Orchestra, à commencer par la flûte et le basson.

    Des applaudissements à la fin de ce premier chant font faire à Goerne, le sourire aux lèvres, un geste de moulin de la main pour indiquer qu’il y a encore de la musique, et que ce sera pour après… Il reprend alors sa concentration pour un splendide Im Abendrot qui met cette fois en valeur une hautboïste à retrouver ensuite plus exaltante encore dans la symphonie.

    L’orchestration, cette fois de Reger, surpasse celle de Webern pour le troisième lied proposé, Tränenregen, sans atteindre celle de Richard Strauss lorsque le chanteur passe à deux des Quatre Lieder op. 27 du compositeur munichois, le premier, Ruhe, meine Seele, et surtout le dernier, Morgen, décuplé par un solo impressionnant de majesté du premier violon invité, Zenas Hsu, bien soutenu par l’évanescence des harpes.

    En seconde partie, la Symphonie n° 5 de Chostakovitch résonne à un mois seulement de celle de Prokofiev dans la même salle, mais aussi et surtout un an et demi après la vision si puissante de Semyon Bychkov en tournée à la Philharmonie avec le Concertgebouw Orchestra. Et si le Pittsburgh Symphony peut étaler les mêmes splendeurs en plus d’une superbe autorité dans les forte, la lecture du directeur musical autrichien ne retrouve cependant pas les mêmes sphères.

    Ni la magnifique raucité des contrebasses pour introduire le Moderato, ni surtout les nappes lascives de ses derniers moments aux violons ne parviennent à marquer par une lecture trop distante, basée bien plus sur l’atmosphère que sur le propos. L’Allegretto rate la partie ironique si importante chez le compositeur, droit voire presque dur sans pour autant impacter par sa pression.

    Certes écrit en seulement trois jours, le long Largo passe cependant trop vite dans cette lecture, trop rapide et trop luisant pour véritablement toucher, là où Bychkov maintenait une écoute si pensive. L’Allegro non troppo permet à l’ensemble de montrer à nouveau toute sa force, encore plus impressionnante dans le second bis, la Mort de Tybalt dans sa version longue de la Suite n° 1 de Roméo et Juliette de Prokofiev, avec d’incroyables cuivres, étincelants comme s’ils débutaient la soirée.




    Philharmonie, Paris
    Le 05/11/2019
    Vincent GUILLEMIN

    Concert du Pittsburgh Symphony Orchestra sous la direction de Manfred Honeck, avec la participation du baryton Matthias Goerne Ă  la Philharmonie de Paris.
    Mason Bates (*1977)
    Resurrexit
    Création française
    Franz Schubert (1797-1828)
    Pilgerweise D 789
    Im Abendrot D 799
    Tränenregen D 795 n° 10
    Richard Strauss (1864-1949)
    Ruhe, meine Seele op. 27 n° 1
    Morgen op. 27 n° 4
    Matthias Goerne, baryton
    Dmitri Chostakovitch (1906-1975)
    Symphonie n° 5 en ré mineur op. 47
    Pittsburgh Symphony Orchestra
    direction : Manfred Honeck

     


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