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CRITIQUES DE CONCERTS 05 décembre 2019

Concert Berio par l’Ensemble Intercontemporain et l’Orchestre du Conservatoire de Paris sous la direction de Matthias Pintscher à la Cité de la Musique, Paris.

Guère à l’affût
© Eric Mahoudeau

Entièrement consacré à Luciano Berio, ce concert de début novembre de l’Ensemble Intercontemporain résonne plus par la qualité des solistes, tant pour deux Sequenzas que par les Synergy Vocals de la Sinfonia et les pianistes du Concerto pour deux pianos, que par la direction trop peu affûtée de Matthias Pintscher.
 

Cité de la Musique, Paris
Le 12/11/2019
Vincent GUILLEMIN
 



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  • ClĂ©ment Saunier entre sur la scène encore plongĂ©e dans le noir de la CitĂ© de la Musique aux cĂ´tĂ©s de Julien Blanc, assis au piano. Le musicien attaque alors la Sequenza X, pour trompette et piano rĂ©sonant, de Berio. Le souffle vibre beaucoup sur les premières mesures, puis se stabilise pour dĂ©velopper une partition complexe de quinze minutes, dans laquelle le piano n’est qu’un soutien.

    Saunier traite la pièce basée sur l’intervalle correspondant aux lettres E-F (initiales du dédicataire de l’œuvre, Ernest Fleischmann) et se tourne régulièrement vers le piano, pour projeter dans son coffre l’écho de notes ensuite reprises et déformés par Blanc, tandis que pour améliorer la notion de résonance souhaitée par le compositeur, une assistance électronique récupère également certains sons pour les redéployer finement dans la salle à l’aide de haut-parleurs.

    Au retour d’entracte apparaît la plus lyrique Sequenza VIIb, pour saxophone soprano, dans laquelle plus qu’à la précédente sont prégnantes les influences du jazz, bien que le traitement de la partition trouve avec Rui Ozawa un résultat très lyrique, d’une magnifique précision en plus de réussir à faire oublier les parties techniques (à l’image des claquements de langue) par la qualité et le naturel du rendu.

    Entre ces deux séquences, l’Ensemble Intercontemporain renforcé pour l’occasion par l’Orchestre du Conservatoire de Paris propose le rare Concerto pour deux pianos, ouvrage d’un seul mouvement d’environ vingt-cinq minutes. Bien qu’il offre de nombreuses mesures solistes à l’orchestre et laisse découvrir le superbe premier violon de Rachel Buquet, le concerto fait la part belle aux pianistes et met en avant la précision et la cohésion, bien qu’ils ne se regardent presque jamais, de Julien Blanc et Hidéki Nagano.

    Le traitement purement symphonique pèche en revanche par un manque de rigueur, d’un ensemble peut-être pas assez préparé et en tous les cas pas assez aiguisé pour cette exigeante partition italienne. Une impression retrouvée en clôture avec la beaucoup plus célèbre Sinfonia de 1968, pour laquelle la comparaison est évidemment plus facile, ne serait-ce que parce qu’en 2013, Michel Tabachnik dirigeait l’ouvrage dans la même salle, déjà avec les Synergy Vocals.

    Référent dans l’œuvre, sans doute à égalité avec les London Voices, l’ensemble britannique démontre toujours son exceptionnelle maîtrise du texte, tant dans le français de Claude Levi-Strauss que pour l’anglais de Martin Luther King, même si pour cette prestation, les deux récitants masculins ressortent particulièrement du groupe de huit voix placées en demi-cercle autour du chef.

    Le manque de concentration des cordes reste toutefois latent, notamment dans la netteté de leurs attaques, tout comme celles brouillonnes des cuivres, tandis que même du troisième mouvement, fondé sur le Scherzo de la Symphonie Résurrection de Mahler et empreint de nombreuses citations, de La Mer de Debussy au Sacre de Stravinski, ne parvient pas à retrouver le lyrisme et l’élan encore entendu l’an passé à Prague avec Bychkov ou en 2013 à Lille par Matthias Bamert, sans non plus trouver les complexités d’agencements décuplées sous les directions de Boulez, Eötvös, ou tout simplement Tabachnik précédemment cité.




    Cité de la Musique, Paris
    Le 12/11/2019
    Vincent GUILLEMIN

    Concert Berio par l’Ensemble Intercontemporain et l’Orchestre du Conservatoire de Paris sous la direction de Matthias Pintscher à la Cité de la Musique, Paris.
    Luciano Berio (1925-2003)
    Sequenza X, pour trompette et piano résonant
    Clément Saunier, trompette
    Concerto pour deux pianos et orchestre
    Hidéki Nagano, piano
    Julien Blanc, piano
    Sequenza VIIb, pour saxophone alto
    Rui Ozawa, saxophone
    Sinfonia pour huit voix et orchestre
    Ensemble Intercontemporain
    Orchestre du Conservatoire de Paris
    Synergy Vocals
    direction : Matthias Pintscher

     


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