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CRITIQUES DE CONCERTS 07 juillet 2020

Concert de l’Orchestre de Paris sous la direction de Herbert Blomstedt, avec la participation du pianiste Bertrand Chamayou à la Philharmonie de Paris.

Musique des sphères
© Mathias Benguigui / Pasco and co

En pleine grève nationale, l’Orchestre de Paris maintient son concert avec Herbert Blomstedt, pour une exceptionnelle Quatrième de Bruckner, jouée après le Concerto pour piano n° 23 de Mozart en compagnie de Bertrand Chamayou. En soutien aux grévistes, tous ont cependant tombé le costume, sur une scène restée à plat et sans lumières tamisées.
 

Philharmonie, Paris
Le 08/01/2020
Vincent GUILLEMIN
 



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  • Pour son deuxième soir avec Herbert Blomstedt, l’Orchestre de Paris a maintenu son concert, bien qu’il soutienne les grĂ©vistes, techniciens et musiciens d’autres institutions. Tous ont donc abandonnĂ© le costume, au risque d’être huĂ©s par une partie du public, lorsque le reprĂ©sentant de l’orchestre, Vicens Prats, justifie leur choix.

    Laissons l’incompréhension de telles huées face à une majorité d’applaudissements, pour évoquer un concert presque aussi marquant que celui donné il y a deux ans dans la version initiale de la Troisième Symphonie de Bruckner. Cette année, la Romantique est proposée, après le Concerto en la majeur KV 488 de Mozart sous les doigts de Bertrand Chamayou.

    Le pianiste français entre lui aussi sans costume, agile et lyrique dès son introduction, bien accompagné par un orchestre qui ne perd rien à être à plat, puisque la scène n’a pas été gradinée ce soir. En plus de violons souples se démarquent le basson et la flûte. Le Lento, mouvement lent parmi les plus géniaux, manque de poids et de mélancolie au piano, même si la clarinette et le basson lui confèrent une certaine ampleur. L’Allegro assai offre alors un regain d’énergie jusqu’aux dernières notes des cordes, tandis qu’en bis, l’Adagio de la Sonate n° 60 de Haydn ramène à plus de sérénité avant l’entracte.

    Un an et demi après sa Quatrième de Bruckner donnée à Salzbourg avec les Wiener Philharmoniker, Herbert Blomstedt retrouve l’Orchestre de Paris avec lequel il a déjà magnifié la Cinquième et la Wagner-Symphonie, pour une prestation pleine de ferveur. Le cor, impeccable, introduit l’Allegro d’un splendide solo initial, au sein d’un pupitre superbe d’engagement et de puissance tout au long de l’ouvrage.

    Les cordes affichent une transparence française, parfois trop légères pour tout à fait procurer la sous-tension nécessaire, notamment dans certaines parties du Finale. Pour autant, elles démontrent une excellente concentration, emmenées par le premier violon Philippe Aïche, jusqu’à d’impressionnants crescendos dans les mouvements impairs.

    L’Andante quasi allegretto, qui a donné son surnom à l’œuvre, offre sous les mains du chef de 92 ans une ampleur rarement atteinte, sans excès de pathos, tout en mesure d’un souffle à la fois suave et profond. L’impact des pizzicati, leur détail et leur homogénéité avec l’ensemble, particulièrement mis à profit par le fait d’être tous physiquement sur un même plan, fascine autant que la cantilène des altos au même moment, tandis que là encore, le cor solo se remarque par sa maestria.

    Excellents déjà dans le concerto, les bois participent eux aussi à la très haute qualité de l’interprétation, notamment le hautbois, particulièrement puissant dans le Scherzo, là où les flûtes ravissent jusqu’à un Finale où l’on découvre que le chef suédois, qui a dirigé plusieurs versions de cette symphonie, a ici choisi la plus habituelle, celle mêlant les trois petits mouvements de 1878 avec le Finale de 1880.

    La tension des dernières mesures, tant aux cordes qu’encore une fois aux cors, prépare à une échelle céleste inoubliable, pour conduire à des sphères très rarement atteintes par les chefs aujourd’hui. Puisqu’il semble encore aussi vif qu’un jeune homme et n’a comme toujours jamais touché à la partition posée sur son pupitre, on aimerait proposer à Blomstedt le poste de directeur musical d’un Orchestre de Paris avec lequel il est maintenant totalement fusionnel.




    Philharmonie, Paris
    Le 08/01/2020
    Vincent GUILLEMIN

    Concert de l’Orchestre de Paris sous la direction de Herbert Blomstedt, avec la participation du pianiste Bertrand Chamayou à la Philharmonie de Paris.
    Wolfgang Amadeus Mozart (1756-1791)
    Concerto pour piano n° 23 en la majeur KV 488
    Bertrand Chamayou, piano
    Anton Bruckner (1824-1896)
    Symphonie n° 4 en mib majeur « Romantique Â», WAB 104
    Orchestre de Paris
    direction : Herbert Blomstedt

     


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