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CRITIQUES DE CONCERTS 14 juillet 2020

Concert de l’Orchestre de Paris sous la direction de Karina Canellakis, avec la participation du violoniste Joshua Bell à la Philharmonie de Paris.

Des promesses aux déceptions
© Matthias Bothor

Enthousiasmante lors de son premier concert avec l’Orchestre de Paris la saison passée, Karina Canellakis semble s’être trop concentrée sur un geste vertical sévère, dans lequel ni son accompagnement d’un Joshua Bell fatigué pour Sibelius, ni encore moins son interprétation de la Dixième Symphonie de Chostakovitch ne présentent le moindre discours musical.
 

Philharmonie, Paris
Le 22/01/2020
Vincent GUILLEMIN
 



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    Apparue il y environ trois ans sur la scène internationale, elle s’était particulièrement illustrée au pupitre de l’Orchestre de Paris en 2018. Sa réapparition à la Philharmonie en début de saison n’avait déjà plus réussi à démontrer un discours adapté aux pièces de Wagner, Ravel et Bartók de son programme. Pour ce second concert de la saison, on reste à nouveau perplexe, passés les tout premier instants d’un Concerto pour violon de Sibelius où Joshua Bell semble dès l’attaque extrêmement fatigué, au point de quitter, à l’issue de son exécution, la Philharmonie sans même donner un bis.

    La cadence du premier mouvement se montre vive, mais un legato trop présent ne permet pas de donner à l’ensemble toute sa portée, altérée ensuite par un jeu à la limite de la justesse dès l’Adagio di molto. Dommage, quand on connaît le talent d’un tel musicien, obligé de surcroît de tirer ce soir seul la dynamique du concerto, avec un accompagnement bâtonné à la mesure par la cheffe, au risque de faire entendre principalement des parties de cordes conçues à l’origine essentiellement pour fournir un subtil soutien au thème principal.

    La Symphonie n° 10 de Chostakovitch souffre encore plus d’absence totale de vision, aggravée par le fait que l’ouvrage a été entendu dans la même salle (et de quelle manière !) il y a trois mois, lors du dernier concert parisien de Mariss Jansons, qui devait prendre le chemin sans retour de l’hôpital neuf jours après la fin de l’ultime tournée de sa vie avec l’Orchestre de la Radio bavaroise.

    Cette symphonie d’après-guerre au Largo traumatisant, Canellakis en fait une simple pièce abstraite, dont il faut toutefois reconnaître la magnifique préparation à la tête d’un Orchestre de Paris captivant par ses sonorités – les vents, au premier hautbois près, magnifient leurs parties, d’une clarinette, d’un basson à un cor anglais superbement chauds, jusqu’à un groupe de cors exceptionnel depuis le début de saison.

    Seul le Scherzo, d’une impressionnante énergie dans sa caricature de Staline, parvient à faire oublier le vide de la proposition, là encore par un jeu très vertical, d’une battue très marquée, épaules trop relevées et bras droit mécanique pour marquer durement le rythme. Mais au moins y a-t-il ici un enjeu dans le rendu, là où le Moderato ne développe jamais aucun climat, toujours absent d’un Largo passif comme du Finale.

    On ne peut donc que s’inquiéter, après la surprise de la découverte, de l’avenir d’une artiste pourtant si prometteuse, qui multiplie les contrats de cheffe invitée auprès d’orchestres majeurs enfin soucieux de mixité au pupitre, plutôt que de se concentrer vraiment sur l’excellent Orchestre de la Radio néerlandaise dont elle vient d’être nommée directrice musicale.




    Philharmonie, Paris
    Le 22/01/2020
    Vincent GUILLEMIN

    Concert de l’Orchestre de Paris sous la direction de Karina Canellakis, avec la participation du violoniste Joshua Bell à la Philharmonie de Paris.
    Jean Sibelius (1865-1957)
    Concerto pour violon en ré mineur op. 47
    Joshua Bell, violon
    Dmitri Chostakovitch (1906-1975)
    Symphonie n° 10 en mi mineur op. 93
    Orchestre de Paris
    direction : Karina Canellakis

     


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