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CRITIQUES DE CONCERTS 05 avril 2020

Nouvelle production de Parsifal de Wagner dans une mise en scène d'Aurélien Bory et sous la direction de Frank Beermann au Théâtre du Capitole de Toulouse.

Philosophie des lumières
© Cosimo Mirco Magliocca

Heureux Toulousains : ce retour du chaste fol dans la ville rose est l'occasion d'entendre un plateau de premier plan, couronné par les prestations de Matthias Goerne et Sophie Koch en Amfortas et Kundry. La mise en scène d'Aurélien Bory ne marque guère les esprits, heureusement rattrapée par la direction robuste de Frank Beermann.
 

Théâtre du Capitole, Toulouse
Le 31/01/2020
David VERDIER
 



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  • Signe du destin ? La dernière apparition de Parsifal Ă  Toulouse remontait Ă  une production dirigĂ©e par Michel Plasson en 1987 Ă  la Halle aux grains. La version 2020 a (au mieux) tous les aspects d'une sobre mise en espace, sans accorder Ă  la direction d'acteurs une dimension suffisante pour rĂ©ellement parler de mise en scène. Quatre heures durant, les alternances de lumières et tĂ©nèbres guident le spectateur dans un rĂ©seau sĂ©mantique intellectuellement peu perturbant qui assure aux voix des conditions très confortables.

    Le tube fluorescent sert d'illustration et de référence symbolique à qui n'aurait pas saisi l'association de la lumière avec la pureté et la noirceur au péché. Dès le prélude, des figurants manipulent les tubes lumineux pour dessiner sur le rideau de scène des séries de lettres et symboles rappelant tout à trac des runes (on est chez Wagner…) ou des formules scientifiques.

    La société du Graal est prisonnière de ses remords et de ses regrets, comme en témoigne cette grille métallique, entre échiquier et barreaux de prison. Un faisceau lumineux projette par en-dessous les ombres fantastiques et effrayantes d'une forêt stylisée – procédé repris lors de l'irruption de Parsifal, tout de blanc vêtu et saisi au col par des chevaliers au crâne glabre et à l'allure patibulaire.

    La Cène est l'occasion d'une nouvelle projection, reflets lumineux et nacrés dont la durée semble dépasser le raisonnable, d'autant que la fosse joue alors clairement l'extase suspendue. Il faudra l'intervention d'un Klingsor en costume blanc de prestidigitateur pour sortir de cette torpeur visuelle et musicale. Le magicien est secondé par un assistant qui imprime avec la lance-néon des symboles pseudo kabbalistiques sur une toile photosensible.

    Austérité maximale au III, avec Gurnemanz éclairant à la pile électrique un décor plongé dans le noir absolu. Un rideau d'ampoules tombe des cintres au moment d'illustrer le Vendredi saint, avec Amfortas allongé sur un lit de souffrance monté sur roulettes et Parsifal revenu de son long périple pour lui administrer une bien étrange luminothérapie couronnée de succès.

    L'intérêt majeur de cette production se concentra donc sur un plateau dominé par un Amfortas de grande tenue. Matthias Goerne connaît l'art de substituer par la présence scénique les rares faiblesses d'une voix toujours limitée dans l'aigu. La densité du grave et l'élégance de la projection forcent l'admiration et composent un contraste très équilibré.

    Le vétéran Peter Rose campe un Gurnemanz jamais pris en défaut, même si l'incarnation gagne surtout en vigueur au III. La Kundry de Sophie Koch est étonnante d'énergie et d'engagement, plus concentrée sur la beauté de l'expression que sur les nuances schizophrènes de son personnage. Nikolaï Schukoff ne s'embarrasse pas de détails et livre un Parsifal assez brut de décoffrage, dont la naïveté n'est qu'apparence et les ambitions celles d'un Heldentenor.

    Frank Beermann met en avant les forces vives de l'Orchestre National du Capitole, grâce à une direction finement ciselée dans ses plans sonores. La lecture est moins explicitement charpentée par la présence des cuivres, ce qui permet de découvrir des détails aux bois et dans certaines interventions solistes. Une mention spéciale pour évoquer la belle présence des Chœurs et la Maîtrise du Capitole, renforcés pour l'occasion par ceux de l'Opéra de Montpellier-Occitanie.




    Théâtre du Capitole, Toulouse
    Le 31/01/2020
    David VERDIER

    Nouvelle production de Parsifal de Wagner dans une mise en scène d'Aurélien Bory et sous la direction de Frank Beermann au Théâtre du Capitole de Toulouse.
    Richard Wagner (1813-1883)
    Parsifal, festival scénique sacré (1883)
    Livret du compositeur

    Chœur et Maîtrise du Capitole
    Chœur de l'Opéra national de Montpellier-Occitanie
    Orchestre National du Capitole de Toulouse
    direction : Frank Beermann
    mise en scène : Aurélien Bory
    scénographie : Aurélien Bory & Pierre Dequivre
    costumes : Manuela Agnesini
    Ă©clairages : Arno Veyrat

    Avec :
    Matthias Goerne (Amfortas), Julien Veronese (Titurel), Peter Rose (Gurnemanz), Nikolai Schukoff (Parsifal), Pierre-Yves Pruvot (Klingsor), Sophie Koch (Kundry), Kristofer Lundin (Premier Chevalier du Graal), Yuri Kissin (Deuxième Chevalier du Graal), Marion Tassou, Juliette Mars, Enguerrand de Hys, François Almuzara (Ecuyers), Andreea Soare, Marion Tassou, Adèle Charvet, Elena Poesina, Céline Laborie, Juliette Mars (Filles-fleurs), Juliette Mars (Altsolo).

     



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