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CRITIQUES DE CONCERTS 05 avril 2020

Nouvelle production d’Iphigénie en Tauride de Gluck dans une mise en scène d’Andreas Homoki et sous la direction de Gianluca Capuano à l’Opéra de Zurich.

Gluck en noir et blanc
© Monika Rittershaus

Sentiment mitigé pour cette nouvelle Iphigénie en Tauride, tant par une distribution majoritairement francophone où brillent Stéphane Degout et Frédéric Antoun mais à côté de qui Cecilia Bartoli peine à convaincre, que par une production sombre et esthétique qui frôle d’autant plus la monotonie que les quatre actes sont enchaînés sans pause.
 

Opernhaus, ZĂĽrich
Le 08/02/2020
Pierre-Emmanuel LEPHAY
 



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  • HabituĂ©e des rĂ´les di agilitĂ , Cecilia Bartoli avait pourtant dĂ©jĂ  abordĂ© IphigĂ©nie Ă  Salzbourg en 2015, un rĂ´le Ă©loignĂ© des pirouettes auxquelles on associe spontanĂ©ment la chanteuse. Si l’incarnation est forte et l’engagement total, le chant probant, prenant et Ă©mouvant, on doute cependant de l’adĂ©quation de cette voix Ă  l’art de la dĂ©clamation que rĂ©clament la tragĂ©die lyrique française. Le texte n’est jamais vraiment parfaitement comprĂ©hensible hormis quelques mots un peu artificiellement saillants.

    Ce hiatus entre la voix et la stature scénique rend d’autant plus partagé que les partenaires masculins de la Bartoli sont, d’une part, français ou francophones, et d’autre part, fusionnent en un tout leurs qualités de chanteurs et de tragédiens. Stéphane Degout est, une fois de plus, écrasant dans cette figure du frère torturé. Si on peut certes lui reprocher d’en faire un peu trop à l’acte I, la profondeur de son incarnation, la ligne de chant et le timbre sont toujours aussi saisissants.

    Au même niveau d’excellence se situe le trop rare Frédéric Antoun. Là encore, tant l’incarnation que la beauté et la subtilité du chant rendent pleinement justice au rôle de Pylade. Le chanteur est touchant et le duo qu’il forme avec Degout fonctionne à plein. En parfait contrepoint, le Thoas de Jean-François Lapointe est tranchant à souhait tandis que les seconds rôles sont parfaitement tenus avec notamment une superbe Diane de Birgitte Christensen (elle chantera Iphigénie pour la deuxième série de représentations).

    Le chœur maison est superbe (surtout les voix féminines), tandis que l’orchestre La Scintilla affiche une belle homogénéité où les bois auraient cependant mérité à être davantage mis en valeur. Gianluca Capuano dirige avec relief et intensité mais manque parfois de grandeur tragique au bénéfice de la rondeur. Les terribles chœurs des scythes, avec cymbales omniprésentes, n’impressionnent en conséquence guère. Il n’était de même pas utile de retoucher l’orchestration de Gluck avec des cordes en pizzicato pour accompagner le dernier adieu d’Oreste à Pylade.

    Côté scénique, cette nouvelle production est typique du style d’Andreas Homoki : esthétique, carrée, claire mais un peu lisse. L’action se déroule dans une grande boîte noire aux lignes de fuite accentuées et dont les parois se disloquent parfois en failles zébrées (laissant filtrer de beaux éclairages). Malgré des costumes superbes, le dispositif frise la monotonie, surtout que l’opéra est enchaîné sans entracte : l’opéra du XVIIIe siècle est aussi pensé en fonction des pauses, Iphigénie en Tauride n’est pas Elektra ! Une belle direction d’acteurs tente de compenser ce risque sans qu’il ne soit tout à fait écarté.

    On reste également réservé quant à la présence excessive des doubles des personnages (Iphigénie et Oreste enfants) ou de Clytemnestre et Agamemnon. La toute fin de l’ouvrage laisse quant à elle circonspect : après qu’Iphigénie a semblé morte, elle se retrouve prisonnière de la Tauride alors que Pylade et Oreste sont partis rejoindre la Grèce, ce qui est tout à fait contradictoire et aux paroles du Deus ex machina (Diane) et à la musique festive finale.




    Opernhaus, ZĂĽrich
    Le 08/02/2020
    Pierre-Emmanuel LEPHAY

    Nouvelle production d’Iphigénie en Tauride de Gluck dans une mise en scène d’Andreas Homoki et sous la direction de Gianluca Capuano à l’Opéra de Zurich.
    Christoph Willibald Gluck (1714-1787)
    Iphigénie en Tauride, tragédie en quatre actes (1779)
    Livret de Nicolas-François Guillard

    Chœur de l’Opernhaus Zürich
    Orchestra La Scintilla
    mise en scène : Andreas Homoki
    décors et costumes : Michael Levine
    Ă©clairages : Frank Evin
    préparation des chœurs : Janko Kastelic

    Avec :
    Cecilia Bartoli (Iphigénie), Stéphane Degout (Oreste), Frédéric Antoun (Pylade), Jean-François Lapointe (Thoas), Brigitte Christensen (Diane), Katia Ledoux (une femme grecque).

     



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