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CRITIQUES DE CONCERTS 06 aoűt 2020

Version de concert de La Femme sans ombre de Strauss sous la direction de Yannick Nézet-Séguin au Théâtre des Champs-Élysées, Paris.

Avec ombre…
© Hans van der Woerd

À l’occasion du centenaire de sa création et un an avant de la diriger à New-York, Yannick Nézet-Séguin livre en version de concert au Théâtre des Champs-Élysées une Femme sans Ombre vide et bruitiste, pourtant portée par une distribution de premier ordre, dont l’incroyable Barak de Michael Volle surpasse le magnifique trio féminin van den Heever-Schuster-Lindstrom.
 

Théâtre des Champs-Élysées, Paris
Le 17/02/2020
Vincent GUILLEMIN
 



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  • Il y a chez NĂ©zet-SĂ©guin un paradoxe entre sa capacitĂ© Ă  dĂ©cupler les forces des formations entre ses mains, et l’absence quasi totale de lecture des partitions. C’est donc avec un Rotterdams Philharmonisch Orkest des grands soirs qu’il vide de contenu l’un des grands chefs-d’œuvre de Richard Strauss.

    Le Canadien introduit La Femme sans ombre par des accords gras - mais après tout, un Thielemann débute toujours l’opéra ainsi, avant une lecture des plus détaillées de la partition, qui apparaît souvent avec la finesse d’un poème symphonique d’une rare complexité. Pourtant, Nézet-Séguin, dès les mesures de cordes suivant l'entrée en matière, ne trouve plus qu’une proposition sans la moindre tension, dénuée de toute vision, sans même une base de tradition pour la soutenir.

    L’orchestre met pourtant en exergue les subtilités de l’œuvre, à l’instar des sons du faucon, aux flûtes et hautbois seulement quand il est loin, le plus souvent aux piccolo-clarinette-hautbois, et supportés par toute la petite harmonie lorsqu’il se rapproche dangereusement. La formation néerlandaise, parfaitement préparée, est en outre d’une magnifique netteté, sans pour autant faire peser une seule phrase à l’acte I, quand il devient particulièrement bruitiste à la fin d’un acte II qu’on a connu récemment magnifié par le génie de Kirill Petrenko.

    Pour accompagner cette fougue un peu vide et univoque, l’ouvrage bénéficie d’une distribution de premier plan, dont le chef retrouvera l’Impératrice d’Elsa van den Heever au Met la saison prochaine. La soprano use du métal d’un registre aigu sans faille, superbement droite dès la première scène, jusqu’à ressortir du quatuor final, malgré un orchestre assourdissant.

    A l’image des grandes Nourrice du passé, Michaela Schuster déploie sa puissance avec un chant racé dans le haut du spectre et magnifié dans le grave. Lise Lindstrom, remplaçante d’Amber Wagner d’abord prévue, a retrouvé sa forme vocale et dépassé une période de transition qui l’avait limitée dans le rôle à Hambourg en 2017, pour livrer cette fois une Teinturière d’une robustesse particulièrement impressionnante, à laquelle manque seulement un surplus d’expressivité.

    Encore supérieur au trio féminin, Michael Volle surpasse tous les Barak des dernières décennies pour livrer une prestation inclassable, à laquelle en plus du chant parfait toujours en sa possession, s’ajoute comme dans ses récents Wotan et Mandryka une maîtrise de la prosodie au service de chaque mot d’Hofmannsthal. Stephen Gould à ses côtés ne parvient qu’à délivrer un air de l’acte II très bien défini, quand il bloque comme toujours sur l’acte I et montre un aigu mal ajusté au Finale.

    Le Rotterdam Symphony Chorus fait ce qu’il peut pour se maintenir à flot derrière l’orchestre, et marque surtout dans le chœur des Esprits, là où l’on retient la Maîtrise de Radio France dans la scène finale. Des rôles secondaires, les six Ungeborenen réussissent pleinement leur partie, tandis qu’il faut louer la Voix du faucon claire et parfaitement projetée du deuxième balcon de Katrien Baerts. Thomas Oliemans caractérise de ses graves pleins le Messager de Keikobad, quand les trois stigmatisés reviennent à des chanteurs à même de porter des parties bien plus longues, du ténor Andreas Conrad au baryton-basse Nathan Berg, en passant par le remarquable baryton Michael Wilmering.




    Théâtre des Champs-Élysées, Paris
    Le 17/02/2020
    Vincent GUILLEMIN

    Version de concert de La Femme sans ombre de Strauss sous la direction de Yannick Nézet-Séguin au Théâtre des Champs-Élysées, Paris.
    Richard Strauss (1864-1949)
    Die Frau ohne Schatten, opéra en trois actes (1919)
    Livret de Hugo von Hofmannsthal

    Stephen Gould (l’Empereur)
    Elza van den Heever (l’Impératrice)
    Michael Volle (Barak)
    Lise Lindstrom (La Teinturière)
    Michaela Schuster (La Nourrice)
    Katrien Baerts (La voix du faucon)
    Bror Magnus Tødenes (L’apparition d’un jeune homme)
    Andreas Conrad (Le Bossu)
    Michael Wilmering (Le Borgne)
    Nathan Berg (Le Manchot)
    Thomas Oliemans (Le Messager de Keikobad)
    Rotterdam Symphony Chorus
    Maîtrise de Radio France
    préparation : Sofi Jeannin
    Rotterdams Philharmonisch Orkest
    direction : Yannick NĂ©zet-SĂ©guin

     


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