altamusica
 
       aide
















 

 

Pour recevoir notre bulletin régulier,
saisissez votre e-mail :

 
désinscription




CRITIQUES DE CONCERTS 05 juin 2020

Concert de l’Orchestre philharmonique de Radio France sous la direction de Klaus Mäkelä, avec la participation du violoncelliste Truls Mork à l’Auditorium de Radio France, Paris.

RĂ©chauffement climatique
© Heikki Tuuli

Très remarqué pour ses débuts à l’Orchestre de Paris en juin dernier, le tout jeune chef (et violoncelliste) finlandais Klaus Mäkelä se lance cette fois à l’assaut du Philharmonique de Radio France en prouvant que même natif, il est encore possible de défendre une approche brûlante de Sibelius, aux antipodes des esthétiques quasi spectrales.
 

Auditorium de la Maison de la Radio, Paris
Le 07/03/2020
Yannick MILLON
 



Les 3 dernières critiques de concert

  • RĂ©chauffement climatique

  • Pas si muet

  • Adams chez Pierre & Gilles

    [ Tous les concerts ]
     
      (ex: Harnoncourt, Opéra)




  • NommĂ© directeur musical du Philharmonique d’Oslo Ă  compter de la saison prochaine, Klaus Mäkelä, tout juste 24 ans, avait dĂ©jĂ  fait sensation Ă  l’Orchestre de Paris en juin 2019. Ses dĂ©buts Ă  la Maison de la Radio, Ă  la tĂŞte du Philharmonique, dans un programme faisant une large part au rĂ©pertoire de sa Finlande natale, Ă©taient donc pour le moins attendus. Et n’ont déçu Ă  aucun moment.

    Choix de programme d’abord, ouvrant chaque partie du concert par les deux maillons les moins joués des Images de Debussy. Et si les premiers instants si subtils de Gigues, aux limites du silence et d’une transparence absolue, laissent croire quelques secondes à une approche typique des musiciens scandinaves, souvent attentifs à explorer le son dans ses limites, on comprend très vite qu’un tempérament de feu est à l’œuvre dès les premières irisations rythmiques.

    Riche d’éclats virils tout en conservant une parfaite clarté du tissu sonore, ce Debussy jamais alangui persiste et signe dans Rondes de printemps, où de la même manière, les lignes mélodiques même sporadiques (aux premiers violons notamment) sont légèrement gommées au profit du foisonnement intérieur du langage. Fascinante esthétique, qui laisse présager le meilleur pour le reste du programme.

    Au cœur de la première partie, Truls Mork défend de toutes ses fibres le Concerto pour violoncelle de Salonen, créé par Yo-Yo Ma il y a trois ans à Chicago. Partition prolixe, plutôt resserrée dans son expression et ses climats nordiques mâtinés de cellules mélodiques bien polarisées, mais virant soudain à l’éclectisme dans son Finale traversé par de déroutants épisodes rythmiques, quasi latinos, aux congas et bongos.

    Ciel pur constellé d’étoiles dans un chaos initial spatialisé dans ses textures, la partition offre le regard d’un maître de l’orchestre qui propose une expérience sonore plus intense encore dans son mouvement lent, où des enceintes répètent en écho et en boucle les glissandi descendants du violoncelle en une sorte de consort de mouettes, après un bicinum violoncelle-flûte alto hypnotique.

    Après l’entracte, le doute n’est plus permis : la célèbre classe de direction de Jorma Panula à Helsinki a encore produit un chef de stature internationale en Klaus Mäkelä, dont l’arrivée sur le grand circuit se fait peu de temps après celle de Santtu-Matias Rouvali (34 ans), son opposé sibélien. Car si l’aîné défend une approche minérale et très sombre de la Première Symphonie, le cadet serait le meilleur témoin du réchauffement climatique.

    Nulle recherche d’infinitésimal à la Osmo Vänskä dans cette lecture brûlante, nerveuse, gorgée d’éclats aveuglants, empoignée avec énergie juvénile et lyrisme. Angles saillants, orchestration détaillée, fougue du moment plutôt que la grande ligne, Mäkelä joue la carte de l’embrasement. L’élan contamine jusqu’à un Andante au magnifique legato, aux vents aussi libres de phraser que la harpe, fruit d’une technique sachant parfaitement quand lâcher la bride, après un mouvement initial où les premiers violons ont mis quelques minutes à atteindre leur tension de croisière.




    Auditorium de la Maison de la Radio, Paris
    Le 07/03/2020
    Yannick MILLON

    Concert de l’Orchestre philharmonique de Radio France sous la direction de Klaus Mäkelä, avec la participation du violoncelliste Truls Mork à l’Auditorium de Radio France, Paris.
    Claude Debussy (1862-1918)
    Gigues
    Rondes de printemps
    Esa-Pekka Salonen (*1958)
    Concerto pour violoncelle
    Truls Mork, violoncelle
    Jean Sibelius (1865-1957)
    Symphonie n° 1 en mi mineur op. 39
    Orchestre philharmonique de Radio France
    direction : Klaus Mäkelä

     


      A la une  |  Nous contacter   |  Haut de page  ]
     
    ©   Altamusica.com