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CRITIQUES DE CONCERTS 10 août 2020

Mise en espace d’une version réduite de L’Or du Rhin de Wagner par Neil Barry Moss, sous la direction de Donald Runnicles au Deutsche Oper de Berlin.

Réouverture
© Bernd Uhlig

Le Deutsche Oper de Berlin est l’un des premiers établissements culturels allemands à rouvrir après la pandémie de coronavirus. Au lieu de la première très attendue du nouveau Ring par Stefan Herheim, il faut se contenter pour l’heure d’une version réduite de L’Or du Rhin en 1h47, pour 22 instrumentistes et 12 chanteurs, en plein air, dans une arrière-cour.
 

Deutsche Oper, Berlin
Le 12/06/2020
Hermann GRAMPP
 



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  • Le 12 juin 2020 était attendu de longue date par les milieux wagnériens, censé marquer le lancement d’un nouveau Ring trois ans après le dernier tomber de rideau sur la mythique production Götz Friedrich, donnée depuis 1984. C’est l’élève du regretté metteur en scène, le Norvégien Stefan Herheim, qui fut naturellement désigné pour prendre la relève, auteur d’un Parsifal (2008-2012) comptant parmi les meilleurs spectacles produits à Bayreuth depuis belle lurette.

    Seulement, le Covid-19 a pointé son nez, et la production, privée de répétitions, n’a pu se tenir comme prévu initialement. C’était sans compter sur la solution de repli d’une première dans une version de poche de L’Or du Rhin, musicalement arrangée par Jonathan Dove et Graham Vick. Ainsi le 12 juin put se maintenir, et accompagner la première réouverture des portes du DOB depuis le 13 mars.

    Pour un strict respect des normes sanitaires, la représentation se déroule en plein air, sur le parking de l’institution, devant seulement 200 spectateurs assis sur des chaises très espacées. Loge est le metteur en scène, revêtu d’un t-shirt aux couleurs du Deutsche Oper, qui lance la représentation en retirant un masque du buste de Wagner au pied de l’escalier, et permet au seul contrebassiste de la production d’entamer le mib originel naissant dans les tréfonds du Rhin.

    Neil Barry Moss offre une mise en espace aux costumes ironiquement kitsch, pour une jeune équipe de chanteurs issus majoritairement de la troupe maison. Loge (Thomas Blondelle, legato souple et élégant) apporte des mugs Starbucks à un splendide trio des Filles du Rhin et à l’avide nain Alberich (Philipp Jekal). Dès la scène 2, le personnage symbolisant l’élément-clé de la Tétralogie (le feu), rentre dans son rôle, face au Wotan majestueux de Derek Welton, au puissant Fafner de Tobias Kehrer (le Fasolt d’Andrew Harris n’est pas aussi marquant), et au Donner bien projeté de Padraic Rowan. Chez les dames, si Judit Kutasi manque d’envergure en Erda, rien de similaire chez la Fricka d‘Annika Schlicht ou la Freia de Flurina Stucki.

    L’une des grandes faiblesses de cette version réduite est l’absence des personnages de Mime et Froh. On peut encore comprendre l‘action sans la présence de ce dernier, mais le nain frère d’Alberich demeure indispensable. Signalons au passage que ce Rheingold abrégé a été conçu en 1990 pour Birmingham, avec seulement 18 instrumentistes. Le chef d’orchestre Donald Runnicles, qui soigne les transitions, a fait le choix d’augmenter l’effectif jusqu’à 22, des enceintes amplifiant légèrement l’orchestre, tout en demeurant très attentif à une bonne balance avec des chanteurs non amplifiés.

    On ne cessera toute la soirée durant de s’étonner à quel point cet arrangement est capable de recréer un vrai son wagnérien. Certes, avec une formation aussi nue, les accrocs prennent une ampleur impitoyable (les deux cors dans le prélude), mais on oublie extrêmement vite que le grand orchestre n’est pas là ; un miracle en soi.

    À l’issue de la représentation, malgré des conditions qui seraient difficilement tolérables en temps ordinaire, on sent un effet de libération dans le public après tant de semaines d’isolement numérique. Sous un ciel bleu profond, cette soirée de juin devient un véritable songe d’une nuit d’été, et l’on espère discrètement que cette arrière-cour puisse servir de nouveau à l’avenir, dans des conditions moins spartiates…




    Deutsche Oper, Berlin
    Le 12/06/2020
    Hermann GRAMPP

    Mise en espace d’une version réduite de L’Or du Rhin de Wagner par Neil Barry Moss, sous la direction de Donald Runnicles au Deutsche Oper de Berlin.
    Richard Wagner (1813-1883)
    Das Rheingold, prologue en quatre scènes au festival scénique Der Ring des Nibelungen (1869)
    Livret du compositeur

    Version réduite arrangée par Jonathan Dove et Graham Vick pour l’opéra de Birmingham (1990)

    Deutsche Oper Berlin
    direction : Donald Runnicles
    mise en scène et costumes : Neil Barry Moss
    décors : Lili Avar

    Avec :
    Derek Welton (Wotan), Padraic Rowan (Donner), Thomas Blondelle (Loge), Annika Schlicht (Fricka), Flurina Stucki (Freia), Judit Kutasi (Erda), Philipp Jekal (Alberich), Andrew Harris (Fasolt), Tobias Kehrer (Fafner), Elena Tsallagova (Woglinde), Irene Roberts (Wellgunde), Karis Tucker (Flosshilde).

     



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