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CRITIQUES DE CONCERTS 28 septembre 2020

Sixième Symphonie de Mahler par les Wiener Philharmoniker sous la direction d’Andris Nelsons au festival de Salzbourg 2020.

Salzbourg 2020 (1) :
Le retour Ă  la vie

© Marco Borrelli / Salzburger Festspiele

Rare rescapé de l’été festivalier, Salzbourg, programmation repensée, parvient à fêter un centenaire qu’il était impensable d’annuler. Deux opéras seulement, des contraintes à la pelle, mais quatre concerts des Wiener, épargnés par leur tradition horaire. Premier programme, la Sixième de Mahler étonnamment positive d’Andris Nelsons.
 

GroĂźes Festspielhaus, Salzburg
Le 09/08/2020
Yannick MILLON
 



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  • Un peu plus de cinq mois après notre dernier concert, nous revoilĂ  dans une salle de spectacle. Une trĂŞve imposĂ©e par une crise sanitaire qui aura lessivĂ© la fin de saison et les festivals d’étĂ©. Si Bayreuth a jetĂ© l’éponge dès mars, Salzbourg, qui ne pouvait symboliquement sacrifier son centenaire, a diffĂ©rĂ© sa dĂ©cision.

    Markus Hinterhäuser fit alors preuve de volontarisme en annonçant début juin une édition anniversaire adaptée aux circonstances, raccourcie, très allégée – deux opéras seulement –, avec lieux et jauge réduits, absence d’entractes et surtout d’événements simultanés dans le quartier du festival, qui draine d’ordinaire en soirée jusqu’à 5200 spectateurs répartis dans ses trois salles principales.

    C’est probablement la tradition des concerts de 11h du Philharmonique de Vienne qui leur a sauvé la peau, étanches par nature au grand mélange microbien si redouté en cette période de pandémie. Premier des quatre programmes symphoniques estivaux de l’orchestre, le Mahler d’Andris Nelsons, qui eut déjà la chance de diriger l’un des rares incontournables de 2020 à n’avoir pas été annulé : le Concert du Nouvel An.

    Sont-ce les circonstances, aspirant à une lueur d’espoir au bout du tunnel ? Toujours est-il que la Sixième du chef letton, très volontaire, croit au salut et cherchera tout du long une issue positive à la plus noire des symphonies de Mahler, opposée en tout point à la dernière interprétation que nous avions entendue dans le même Großes Festspielhaus, en 2013, avec Michael Gielen, peinture macabre sans le moindre espoir de rédemption.

    Nelsons, ô combien plus consensuel, ne forçant jamais le trait du tragique, cherche plutôt l’avancée et une forme de confort auditif. Optant pour l’ordre des mouvements à notre sens le plus convenable dramatiquement (Scherzo en deuxième position), il livre une lecture unitaire, sans excès d’appropriation, loin du rubato très marqué de sa Cinquième à Lucerne immortalisée par la vidéo.

    On a mĂŞme l’impression qu’il laisse faire les Wiener ici ou lĂ , avec ainsi Ă  leurs deux expositions un Ă©quilibre très diffĂ©rent des vents solos en contrepoint du thème d’Alma. Et si l’on manque parfois de mordant aux timbales et surtout aux cymbales (sauf quand le chef en convoque six paires – Mahler indique « plusieurs Â» – au sommet du Finale), l’ensemble, de tenue royale, rĂ©serve des parenthèses idĂ©alement spatialisĂ©es pour les cloches de troupeau, petites bulles d’apaisement au milieu des alpages.

    Le centre névralgique reste pourtant ce matin l’Andante moderato, sommet de mélancolie et de transitions amoureusement élaborées, un peu lent mais jamais figé, où l’orchestre semble réinventer le glissando de cordes. Et fait chanter éperdument ses bois, avec un émouvant passage de témoin entre le hautbois à l’ancienne de Martin Gabriel et le cor anglais du jeune Herbert Maderthaner.

    Les conflits du Finale n’entameront pas l’espoir du héros mahlérien, à peine ébranlé par deux coups de marteau plus impressionnants à voir qu’à entendre. Il faut dire aussi que l’orchestre a tout donné avant-hier pour la retransmission télévisée (la trompette de Martin Mühlfellner) et sort moins volontiers de sa zone de confort ce dimanche. Mais qu’importe, ce concert marque le retour à la vie en conditions artistiques inaltérées d’une sphère musicale qui n’est sans doute pas au bout de ses peines.




    Diffusion du concert du 7 sur ARTE le 30 août à 17h.




    GroĂźes Festspielhaus, Salzburg
    Le 09/08/2020
    Yannick MILLON

    Sixième Symphonie de Mahler par les Wiener Philharmoniker sous la direction d’Andris Nelsons au festival de Salzbourg 2020.
    Gustav Mahler (1860-1911)
    Symphonie n° 6 en la mineur
    Wiener Philharmoniker
    direction : Andris Nelsons

     


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