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CRITIQUES DE CONCERTS 22 octobre 2020

Concert des Berliner Philharmoniker sous la direction de Kirill Petrenko au festival de Salzbourg 2020.

Salzbourg 2020 (5) :
Réapprendre la cohésion

© Marco Borrelli / Salzburger Festspiele

Contrairement aux Wiener, qui bravent crânement la distanciation en jouant exactement comme à l’ordinaire, les Berliner Philharmoniker, pour leur grande rentrée post-Covid-19, observent des normes autrement strictes, qui impactent directement leur homogénéité. Des écueils auxquels s’ajouteront quelques choix étonnants chez Kirill Petrenko.
 

GroĂźes Festspielhaus, Salzburg
Le 29/08/2020
Yannick MILLON
 



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  • Cet Ă©tĂ© Ă  Salzbourg, une fois en salle, on finissait par vite oublier les circonstances du moment lors des concerts du Philharmonique de Vienne. Les musiciens autrichiens, après une Ă©tude scientifique commandĂ©e en mai et concluant Ă  l’absence de danger de la pratique immobile, ont fait le choix de continuer comme dans le monde d’avant. Dans une pĂ©riode pleine d’injonctions contradictoires, l’avenir dira si ce choix Ă©tait sanitairement raisonnable.

    Musicalement, en tout cas, leur option l’emporte haut la main sur la distanciation stricte pratiquée par les Allemands suite à une autre étude, via des règles d’espacement qui auront largement abîmé en cette fin de festival le concert de Berliner Philharmoniker occupant l’entièreté du gigantesque plateau du Großes Festspielhaus pour une malheureuse symphonie de Brahms à bois par deux.

    Difficile de juger la prestation d’un orchestre gêné aux entournures, contraint à réapprendre sa cohésion, interventions isolées, ne prenant jamais corps avec le seul ciment qui demeure, son tapis de cordes, toujours somptueux. Dans les nuances intermédiaires, on a mal au cœur pour ces pauvres vents contraints à jouer clair et fort, sans connexion avec la masse, dès le début de la Quatrième Symphonie, les cors échoués derrière les seconds violons, trop présents, les trompettes ponctuant maladroitement des tutti hétérogènes.

    Aucune fusion non plus dans un quatuor de bois esseulés, distants de plus de deux mètres – la seconde flûte semble au piquet –, contraints à la superposition sonore, à chercher le voisin de l’oreille. En découle fatalement une synchronisation moyenne (les mixtures cors-violoncelles), un orchestre à deux vitesses, attaques de l’harmonie prudentes, fins de phrases légèrement décalées. Kirill Petrenko, qui privilégie une battue très élastique, peine également à insuffler une vraie stabilité rythmique à l’Allegro non troppo initial.

    Difficile aussi de déceler une colonne vertébrale à ce Brahms entre coups d’accélérateurs et coups de frein (Finale), tantôt confortable (Andante moderato), tantôt supersonique (Scherzo, à bride abattue), ici rigoureux (début du Finale), là d’un rubato exagéré (solo de flûte un peu plus loin), courant plusieurs lièvres à la fois sans grande unité malgré quelques moments grisants. Preuve est faite, en tout cas, qu’avec les normes en cours, il faudra adapter le répertoire.

    En première partie, la présence des seuls archets s’avérait moins problématique, quand bien même la fabuleuse densité du tapis de cordes berlinois s’en trouvait légèrement aplanie, par choix bien autant que par conjoncture. Non qu’on eût attendu une Nuit transfigurée à la Karajan, mais pas vraiment non plus, avec cet orchestre-ci, ces sons vite lâchés, cette pâte au raffinement sibélien, sonorité amincie, peu vibrée, cherchant dans l’infiniment petit.

    Si le jeune Konzertmeister Noah Bendix-Balgley a tendance à trop s’effacer dans l’aigu, on admire la maestria du violoncelliste Bruno Delepelaire et de l’altiste Amihai Grosz, passant tous deux du son au silence avec un art consommé, dans une interprétation d’une beauté formelle à couper le souffle, abstraite, dénuée du poison, du malaise du texte de Dehmel, mais au panel de nuances quasi infini.




    GroĂźes Festspielhaus, Salzburg
    Le 29/08/2020
    Yannick MILLON

    Concert des Berliner Philharmoniker sous la direction de Kirill Petrenko au festival de Salzbourg 2020.
    Arnold Schönberg (1874-1951)
    Verklärte Nacht
    Johannes Brahms (1833-1897)
    Symphonie n° 4 en mi mineur op. 98
    Berliner Philharmoniker
    direction : Kirill Petrenko

     


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