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CRITIQUES DE CONCERTS 22 octobre 2020

Concert de rentrée de l’Ensemble Intercontemporain sous la direction de Matthias Pintscher à la Cité de la Musique, Paris.

Retour à la vie moderne
© Eric Garault

D’abord prévu comme un spectacle immersif du cycle In Between, le premier concert de saison de l’Ensemble Intercontemporain à la Cité de la Musique s’est adapté à la situation sanitaire. Son titre évocateur, Revenir à nous, démontre le projet de rejouer, coûte que coûte, quitte à prévoir un programme disparate et trop long.
 

Cité de la Musique, Paris
Le 16/09/2020
Vincent GUILLEMIN
 



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  • La musique doit vivre, alors les concerts reprennent, à Paris comme ailleurs. Et comme en juin après le confinement, on adapte les jauges, les formations et les Å“uvres pour pouvoir jouer. Déjà présents début septembre à l’occasion du Festival ManiFeste, les membres de l’Ensemble Intercontemporain et leur directeur Matthias Pintscher retrouvent maintenant leur salle de la Cité de la Musique, pour un concert sans entracte de près de deux heures quarante, entrecoupé de bien trop nombreux changements de plateau.

    Neuf compositeurs et compositrices, neuf pièces, sans doute trois de trop pour un concert sans entracte, dans lequel le melting pot proposé perd parfois son sens. Lucas Lipari-Mayer entre seul dans une salle presque noire, et s’attèle à développer les jeux sur le spectre des Quattro pezzi pour trompette de Giacinto Scelsi.

    La sourdine utilisée pour la troisième pièce, et plus encore celle pour la quatrième, lui permettent de faire varier plus précisément les harmoniques, déjà avec maîtrise, même si l’on peut attendre encore plus dans la finesse de leurs traitements. Puis le plateau est adapté, et Matthias Pintscher débute par un discours, où en plus de rappeler son bonheur de rejouer en public, il évoque la récente disparition de Paul Méfano, et dédie la pièce à venir à l’un de ses créateurs, Patrick Davin, décédé lui aussi, à l’âge de cinquante-huit ans, la semaine passée.

    Professor Bad Trip, seulement dans sa Lesson I, montre l’impressionnante technique d’écriture d’un Fausto Romitelli d’à peine 35 ans. Mais plutôt qu’y chercher la dynamique et la vivacité d’une partition italienne empreinte de rock psychédélique, Pintscher semble vouloir y trouver le temps long et plus mou d’un style plus allemand, qui perturbe ici, malgré les excellents instrumentistes et l’impeccable assistance électronique.

    Tyshawn Sorey ensuite, avec son Sentimental Shards, tente de faire exploser la forme jazz, bien que ce traitement particulièrement debussyste se serait sans doute mieux adapté à une pièce de Bill Evans qu’à celles de Duke Ellington utilisées ici. Le court Dolce Tormento de Kaija Saahiaro permet de mettre en avant la superbe Emmanuelle Ophèle au piccolo, dans cette partie où la voix projetée dans l’embouchure alterne avec un souffle clair et lyrique.

    The Flood de Tokio Hosokawa, donné en création mondiale, montre un travail précis d’un compositeur habile, là où la pièce de Pintscher pour l’effectif du trio de Debussy, écrite comme celle d’Hosokawa pendant le confinement, peine à développer le climat lent et réflexif d’un artiste qu’on connait plus inspiré.

    Les Six pièces op. 6 de Webern au milieu auraient pu être évitées (même si on entend finalement très rarement cette mouture chambriste du compositeur), car en plus de rappeler le génie d’un compositeur définitivement installé au répertoire, elle rallonge et casse le programme d’œuvres contemporaines, sans offrir de parallèle ni avec les ouvrages précédents, ni encore moins avec la dernière partie.

    Adaptation de Klaus Nomi par Olga Neuwirth, ses cinq chansons se montrent en effet beaucoup plus proches du Berlin de Weill que de la Vienne de la Seconde École, mais redynamisent un public assis depuis près de deux heures trente, et offrent à entendre la prestation particulièrement impliquée du ténor Jake Arditti.




    Cité de la Musique, Paris
    Le 16/09/2020
    Vincent GUILLEMIN

    Concert de rentrée de l’Ensemble Intercontemporain sous la direction de Matthias Pintscher à la Cité de la Musique, Paris.
    Giacinto Scelsi (1905-1988)
    Quattro pezzi, pour trompette
    Lucas Lipari-Mayer, trompette
    Fausto Romitelli (1963-2004)
    Professor Bad Trip : Lesson I, pour huit exécutants et électronique
    Tyshawn Sorey (*1980)
    Sentimental Shards, pour ensemble
    Kaija Saariaho (*1952)
    Dolce Tormento, pour piccolo
    Emmanuelle Ophèle, piccolo
    Toshio Hosokawa (*1955)
    The Flood, pour ensemble
    Création mondiale
    Anton Webern (1883-1945)
    Six pièces op. 6, pour orchestre de chambre
    Matthias Pintscher (*1971)
    Trio, pour flûte, alto et harpe
    Création française
    Olga Neuwirth (*1968)
    Hommage à Klaus Nomi, cinq chansons arrangées pour contre-ténor et petit ensemble, extraits
    Jake Arditti, contre-ténor
    Ensemble intercontemporain
    direction : Matthias Pintscher

     


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