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CRITIQUES DE CONCERTS 12 aoűt 2022

Nouvelle production de La Walkyrie de Wagner dans une mise en scène de Stefan Herheim et sous la direction de Donald Runnicles au Deutsche Oper de Berlin.

Ring Deutsche Oper (1) :
Walkyrie en fuite

© Bernd Uhlig

Enfin le début du nouveau Ring très attendu au Deutsche Oper de Berlin. Après un Or du Rhin light en juin, c’est La Walkyrie qui inaugure véritablement le grand projet d’une nouvelle Tétralogie à Berlin, en conditions réelles, à l’intérieur du théâtre, avec l’orchestre au complet, tous les chanteurs… et la mise en scène signée Stefan Herheim.
 

Deutsche Oper, Berlin
Le 27/09/2020
Hermann GRAMPP
 



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  • Ă€ cause du coronavirus, la première de L’Or du Rhin avait dĂ» ĂŞtre annulĂ©e en juin, cĂ©dant la place Ă  une version rĂ©duite en plein air. VoilĂ  finalement le premier vĂ©ritable maillon du nouveau Ring du Deutsche Oper confiĂ© Ă  Stefan Herheim, avec tous les musiciens dans la fosse, tous les chanteurs sur scène, et environ un tiers des fauteuils occupĂ©s dans la salle, condition sans laquelle la ville de Berlin n’aurait pas permis le dĂ©roulement du spectacle.

    Le thème principal de cette nouvelle mise en scène est la fuite, symbole fort de la vie mouvementée de Wagner, toujours sur les routes à semer ses créanciers jusqu’au tournant de 1864, sa fameuse et décisive rencontre avec Louis II de Bavière. Parallèlement, le thème des réfugiés symbolise l’histoire de l’Europe tout court, jusqu’à nos jours. Dans La Walkyrie, les personnages sont constamment poussés à la fuite (Siegmund, Sieglinde et même Brünnhilde). Le décor de Stefan Herheim est donc composé d’une immense sculpture de valises ressemblant à des ruines antiques.

    Au premier plan, un piano à queue symbolise le frêne du monde. Wotan sortira ainsi du trou du souffleur (le royaume d’Erda), partition de La Walkyrie en main, pour déclencher l’action du clavier. La naissance de la tragédie à partir de l’esprit de la musique, un espace de jeu agréablement réduit, et la fuite comme véritable Leitmotiv scénique, tout cela se tient. Mais la réussite dépend beaucoup de la direction d’acteurs, faible au lever de rideau, bien meilleure à partir du II.

    Une trentaine de réfugiés forment enfin une sorte de chœur muet pendant le conflit Wotan-Brünnhilde et couvrent avec solennité la fille aimée de Wotan de soie blanche. Sans oublier l’idée d’inclure un fils de Hunding et Sieglinde, vivant au I et mort au III, qui retient l’attention à défaut de contribuer à une meilleure compréhension du drame.

    © Bernd Uhlig

    Au niveau musical, Lise Davidsen, la découverte du festival de Bayreuth de 2019, excelle dans Sieglinde, en maîtrisant toutes les nuances vocales et dramatiques, jusqu’à projeter un O hehrstes Wunder d’une puissance inouïe. Son partenaire Brandon Jovanovich a une bonne assise de ténor héroïque, mais reste un pâle Siegmund en comparaison.

    Nina Stemme est incontournable aujourd’hui chez les grands sopranos dramatiques, Brünnhilde admirablement dardée, mais présentant aussi de petites défaillances dans la nuance piano, alors que le Wotan de John Lundgren manque tout simplement du registre inférieur du roi dans des Dieux dans cette Première journée. Enfin, le Hunding d’Andrew Harris est très noir et acerbe, la Fricka d’Annika Schlicht résolue et percutante.

    Donald Runnicles avait été élu chef d’orchestre principal du Deutsche Oper après un Ring triomphal en 2007. Treize ans plus tard, il n’est plus que l’ombre de lui-même, effacé, sans vraie cohérence interne, sans le feu qui avait tant impressionné naguère. Difficile donc de juger un Ring sur un seul volet, surtout lorsque manque le prologue et considérant la parenthèse plus humaine que forme La Walkyrie dans le cycle entier. Tâchons de garder notre curiosité en éveil pour la suite.




    Deutsche Oper, Berlin
    Le 27/09/2020
    Hermann GRAMPP

    Nouvelle production de La Walkyrie de Wagner dans une mise en scène de Stefan Herheim et sous la direction de Donald Runnicles au Deutsche Oper de Berlin.
    Richard Wagner (1813-1883)
    Die Walküre, Première journée du festival scénique L'Anneau du Nibelung (1870)
    Livret du compositeur

    Orchester der Deutschen Oper Berlin
    direction : Donald Runnicles
    mise en scène : Stefan Herheim
    décors : Stefan Herheim & Silke Bauer
    costumes : Uta Heiseke
    Ă©clairages : Ulrich Niepel
    vidéo : William Duke & Dan Trenchard

    Avec :
    Brandon Jovanovich (Siegmund), Andrew Harris (Hunding), John Lundgren (Wotan), Lise Davidsen (Sieglinde), Nina Stemme (BrĂĽnnhilde), Annika Schlicht (Fricka), Flurina Stucki (Helmwige), Antonia Ahyoung Kim (Ortlinde), Aile Asszonyi (Gerhilde), Irene Roberts (Waltraute), Ulrike Helzel (Siegrune), Karis Tucker (Rossweisse), Nicole Piccolomini (Grimgerde), Beth Taylor (Schwertleite).

     



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