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CRITIQUES DE CONCERTS 30 novembre 2020

Première au Grand Théâtre de Genève de L'Affaire Makropoulos de Janáček dans la mise en scène de Kornél Mundruczó, sous la direction de Tomáš Netopil.

Une femme fatale
© Magali Dougados

Pour sa première apparition sur la scène du Grand Théâtre de Genève, l'Affaire Makropoulos de Janáček bénéficie d'une scénographie façon film noir signée Kornél Mundruczó, avec un plateau dominé par la performance de Rachel Harnisch et la direction de Tomáš Netopil à la tête d’un Orchestre de la Suisse Romande placé à distance sanitaire.
 

Grand Théâtre, Genève
Le 28/10/2020
David VERDIER
 



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  • Emilia Marty, Elian MacGregor, Elina Makropoulos, Eugenia Montez… et pourquoi pas Emmanuel Macron ? Une Ă©trange atmosphère plane sur cette soirĂ©e au Grand Théâtre de Genève, alors mĂŞme qu'on annonce officiellement le reconfinement et la fermeture des salles de concerts. Aviel Cahn s'excuse auprès du public de cette dĂ©cision politique alors mĂŞme que le Grand Théâtre a tout fait pour respecter les consignes sanitaires draconiennes, obligeant Ă  sĂ©parer orchestre et solistes comme pour le Boris Godounov de Zurich le mois dernier.

    La production signée du cinéaste hongrois Kornél Mundruczó vient directement de l'Opéra des Flandres où elle avait été créée en 2016. Elle sera parfaitement proportionnée aux attentes d'un public genevois pas forcément féru de Regietheater. La première scène se déroule dans salle du tribunal dominée par une allégorie de la Justice du peintre néoclassique Pierre Subleyras, où une escouade mystérieuse cherche le document qui dissimule le secret de longévité (337 ans) d'Emilia Marty.

    Sur fond de dispute d'héritage, le décor se transforme en un salon d'une froideur design et post moderne, forme d'écrin psychologique au personnage principal qui n'est pas sans rappeler une héroïne blond platine d'Alfred Hitchcock qui se mue progressivement en personnage de film à sensation, dévoilant un crâne nu, le corps couvert des tatouages et des stigmates de ses aventures.

    Les perfusions du fameux élixir de jouvence inventé par son père ne suffisent plus à satisfaire Elina Makroupoulos, révélant son identité au moment ultime où, ayant confié la formule à Krista, celle-ci la fait disparaître dans les flammes et provoque la mort de l'héroïne pluricentenaire.

    Le plateau se présente sous les meilleurs auspices, à commencer par les rôles masculins. On relève le très sonore et brillant Aleš Briscein (Albert Gregor), et Karoly Szemeredy, idéal de projection et de phrasé dans le rôle de l'avocat Kolenatý. Le Baron Prus est confié au vitupérant Michael Kraus, flanqué de Sam Furness en pétulant Vitek et Krista, sa fille, qu’Anna Schaumlöffel dessine avec une ligne et une tension de tout premier plan. Ludovit Ludha offre à Hauk-Šendorf les contrastes et la déréliction qui campent idéalement ce personnage bouffe.

    Découverte à Anvers pour la création des Bienveillantes d’Hèctor Parra, Rachel Harnisch est une Emilia Marty de haut vol, négociant avec une aisance stupéfiante les passages techniquement les plus délicats, comme ces changements de registres ou ces notes tenues qui éclatent soudain en une pluie de syllabes parlando.

    Tomáš Netopil est bien seul à son pupitre, dirigeant un Orchestre de la Suisse Romande invisible auquel il est relié par le biais d'un écran. Si la prouesse technique permet à la soirée de se dérouler sans encombre, on peut difficilement se satisfaire d'une solution qui réduit la multiplicité des timbres à une reproduction sur haut-parleurs, aussi perfectionnés soient-ils. On perçoit cependant dans le travail du chef tchèque une attention à ne jamais laisser retomber la tension, enveloppant dans une battue énergique des scènes qui s'enchaînent à la manière d'un montage cinématographique.




    Grand Théâtre, Genève
    Le 28/10/2020
    David VERDIER

    Première au Grand Théâtre de Genève de L'Affaire Makropoulos de Janáček dans la mise en scène de Kornél Mundruczó, sous la direction de Tomáš Netopil.
    Leoš Janáček (1854-1928)
    Vec Makropulos, opéra en trois actes (1926)
    Livret du compositeur d'après la pièce de Karel Čapek

    Chœur du Grand Théâtre de Genève
    Orchestre de la Suisse Romande
    direction : Tomáš Netopil
    mise en scène : Kornél Mundruczó
    scénographie et costumes : Monika Pormale
    Ă©clairages : Felice Ross
    préparation des chœurs : Alan Woodbridge

    Avec :
    Rachel Harnisch (Emilia Marty), Aleš Briscein (Albert Gregor), Sam Furness (Vitek),
    Anna Schaumlöffel (Krista), Michael Kraus (Jaroslav Prus), Julien Henric (Janek), Karoly Szemeredy (Dr Kolenatý), Ludovit Ludha (Hauk-Šendorf), Rodrigo Garcia (Un machiniste), Iulia Surdu (Une femme de chambre).

     



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