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CRITIQUES DE CONCERTS 26 septembre 2021

Concert de l’Orchestre de Paris sous la direction de Klaus Mäkelä, avec la participation de Renaud Capuçon à la Philharmonie de Paris.

Mahler sans vision
© Heikki Tuuli

D’une beauté pure sous l’archet de Renaud Capuçon, le Concerto de Berg ouvre un programme poursuivi par la Cinquième de Mahler, initialement prévu pour Michael Tilson Thomas et finalement dirigé par un Klaus Mäkelä impressionnant dans sa gestion de l’Orchestre de Paris, sans pour autant proposer de véritable vision interprétative.
 

Philharmonie, Paris
Le 17/06/2021
Vincent GUILLEMIN
 



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  • EnregistrĂ© avec les Wiener Philharmoniker par Renaud Capuçon, le Concerto Ă  la mĂ©moire d’un ange de Berg est l’une des partitions favorites du violoniste français, et l’une de celles qu’il dĂ©fend le mieux. Loin de l’angulositĂ© recherchĂ©e par certains, Capuçon y appose au contraire une beautĂ© pure, plastique, d’un romantisme de fin de vie magnifiĂ©.

    L’Andante lui permet d’étaler toute la superbe de son Guarneri, et de traiter ses phrases de manière lyrique et pleine, où l’intériorité le confond à la luminosité. L’Orchestre de Paris procure un excellent accompagnement, coloré par ses individualités, notamment les bois. Quelques saillies exagérées des cuivres montrent un excès un peu démonstratif, mais globalement, la formation en impose, tant en tutti qu’en soli, à l’instar du sublime échange entre le violon solo et la petite harmonie lors de la citation du choral de Bach au second mouvement.

    Les grands moments de fanfare, dont le Finale du concerto, annoncent le style de la symphonie à venir. Sans bis du soliste et sans réel entracte, puisque le temps est encore compté avant le couvre-feu, la Symphonie n° 5 de Mahler est lancée ce deuxième soir à la Philharmonie par une trompette tonitruante, excellente dans l’introduction, plus en difficulté dans l’accelerando et à nouveau impeccable dans la coda de la Trauermarsch. Les cuivres montreront des moments de grâce puis de faiblesse analogues, notamment les cors et les trombones, sans doute car Klaus Mäkelä leur demande de jouer dynamique et très fort.

    On entre alors dans l’œuvre par une marche qui contient tout ce qu’a pu assimiler le compositeur du passé, de Beethoven surtout. Mais si cela fonctionne dans le premier mouvement, car le jouer brut revient à en faire ressortir les effets souhaités par Mahler pour provoquer un public germanique de son temps fasciné par la grosse machinerie brucknérienne, l’absence de vision limite ensuite cette lecture.

    La prise d’orchestre de Mäkelä, 25 ans tout juste, s’affiche certes déjà parmi les meilleures au monde : les équilibres impressionnent, tout comme sa capacité à lancer tel ou tel groupe, sans trop amplifier les idées recherchées. Mais à l’inverse, comme lors de certains de ses précédents concerts, dont la Neuvième de Mahler puis de Bruckner, il peine encore à exposer de véritables options sur les chefs-d’œuvre abordés.

    Tout s’enchaîne avec une vue relativement globale, aucun maniérisme et une magnifique amplitude. Mais l’enchaînement ne raconte rien, et si l’orchestre, porté dans ses cordes par une première violon (Charlotte Juillard) qu’on aimerait voir plus souvent invitée, parvient à dynamiser une marche peu funèbre puis un Stürmisch bewegt idéalement agité, le Scherzo perd de n’offrir rien d’autre que sa simple partition, quand l’Adagietto n’emmène nulle part.

    Sans en attendre absolument du pathos ou un grand moment nostalgique, on attend forcément de cette page si célèbre qu’elle invite à rêver, qu’elle soit davantage qu’un mouvement lent pour cordes et harpe, quand le Finale peine plus encore à sortir d’un rendu très international, sans véritable typicité, là où Tilson Thomas initialement programmé aurait probablement proposé une lecture plus éthérée et mature.




    Philharmonie, Paris
    Le 17/06/2021
    Vincent GUILLEMIN

    Concert de l’Orchestre de Paris sous la direction de Klaus Mäkelä, avec la participation de Renaud Capuçon à la Philharmonie de Paris.
    Alban Berg (1885-1935)
    Concerto à la mémoire d’un ange
    Renaud Capuçon, violon
    Gustav Mahler (1860-1911)
    Symphonie n° 5 en ut# mineur
    Orchestre de Paris
    direction : Klaus Mäkelä

     


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