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CRITIQUES DE CONCERTS 26 septembre 2021

Nouvelle production de Rigoletto de Verdi dans une mise en scène de Richard Brunel et sous la direction d'Alexander Joel à l'Opéra National de Lorraine.

Dirty dancing
© Jean-Louis Fernandez

Richard Brunel déplace Rigoletto dans l'univers de la danse classique, avec la présence exceptionnelle d'Agnès Letestu dans le rôle muet de la mère de Gilda, aux côtés de la talentueuse Rocío Pérez et de Juan Jesús Rodríguez dans le rôle-titre, tandis qu'Alexander Joel donne à l'Orchestre de l’Opéra national de Lorraine une couleur dramatique idéale.
 

Opéra de Lorraine, Nancy
Le 22/06/2021
David VERDIER
 



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  • Le projet de Richard Brunel de conjuguer dans sa mise en scène de Rigoletto l'opĂ©ra avec l'univers de la danse permet de souligner la rigueur et la fatalitĂ© du destin, la quĂŞte infinie de perfection. Le bouffon tragique a revĂŞtu les habits du maĂ®tre de ballet dont la haute stature tranche ici avec l'habituel profil de nain boiteux… seule une discrète genouillère trahit le probable accident qui a prĂ©cipitĂ© la carrière et contraint Ă  cĂ©der la place au jeune et sĂ©millant Duc de Mantoue qui lui dispute les talents de chorĂ©graphe en chef.

    La sublime Agnès Letestu relève avec panache le défi d'incarner la mère de Gilda, danseuse Étoile dont le fantôme hante le plateau, un rêve et une hallucination seulement visibles par Rigoletto. Le décor d'Étienne Pluss joue sur des emboîtements d'espaces montrant tour à tour les coulisses d'un théâtre, la salle de répétition et la loge étroite dans laquelle le bouffon dissimule sa fille.

    Tout renvoie à cette périphérie du spectacle et ces lieux où se prépare la performance – des lieux qui servent de refuge et de royaume intime à Rigoletto qui vient y pleurer la mort de sa femme tandis que le Duc multiplie les frasques sexuelles, abusant des danseuses dont il a la charge et s'attirant la haine de Monterone dont il a séduit et abandonné la fille.

    Les courtisans, quant à eux, sont remplacés par ces équipes techniques qui miment comiquement la troupe de danseurs dans Scorrendo uniti remota via. La thématique de la danse s'épuise progressivement et le dernier acte justifie assez mal la question, en imposant à Agnès Letestu de virevolter dans la scène de l'orage tandis que Sparafucile observe placidement Gilda se planter toute seule le poignard dans le ventre. Elle sort du sac vêtue d'une tenue de danseuse, emportée vers l'arrière-scène par sa mère, laissant Rigoletto avec sa douleur.

    En effectif restreint pour raison sanitaire, l'orchestre recourt à une réduction signée Frédéric Chaslin qui permet à Alexander Joel d'exprimer toute l'urgence et la vigueur de l'écriture musicale. La fosse sollicite de belle manière un plateau où triomphe la Gilda élégante et virtuose de Rocío Pérez, capable dans Gualtier Maldè de déployer une ligne souple et chatoyante dans l'aigu.

    Le Duc de Mantoue est confié aux bons soins d'Alexey Tatarintsev qui signe une incarnation tantôt sanguine (Questa o quella) ou bien carrément furibonde (La donna è mobile). Juan Jesús Rodríguez débarrasse le personnage de Rigoletto des histrionismes de jeu et de couleur vocale qui en ternissent régulièrement l'expression. Son Cortigiani, vil razza est très exposé mais réussit à faire briller la force et le courroux.

    Francesco Salvadori est un Marullo de premier plan, suivi de près par la Maddalena vigoureuse de Francesca Ascioti. On réservera de longs applaudissements à Önay Köse, dont la ligne noire, puissante et féroce fait de Sparafucile un lointain cousin de Fafner ou Hagen.




    Opéra de Lorraine, Nancy
    Le 22/06/2021
    David VERDIER

    Nouvelle production de Rigoletto de Verdi dans une mise en scène de Richard Brunel et sous la direction d'Alexander Joel à l'Opéra National de Lorraine.
    Giuseppe Verdi (1813-1901)
    Rigoletto, opéra en un prologue et trois actes (1851)
    Livret de Francesco Maria Piave d’après Le Roi s’amuse de Victor Hugo

    Choeur et Orchestre de l’Opéra national de Lorraine
    direction : Alexander Joel
    mise en scène : Richard Brunel
    décors : Étienne Pluss
    costumes : Thibault Vancraenenbroeck
    Ă©clairages : Laurent Castaingt
    chorégraphie : Maxime Thomas

    Avec :
    Juan Jesús Rodríguez (Rigoletto), Alexey Tatarintsev (Il Duca di Mantova), Rocío Pérez (Gilda), Önay Köse (Sparafucile), Francesca Ascioti (Maddalena), Aline Martin (Giovanna), Pablo Lopez (Monterone), Bo Zhao (Matteo Borsa), Samuel Namotte (Il Conte di Ceprano), Francesco Salvadori (Marullo), Jue Zhang (La Contessa di Ceprano), Inna Jeskova (Il Paggio), Agnès Letestu (La mère de Gilda), Adèle Borde, Eliot Chevalme, Gianni Illiaquer, Rémy Kouadio, Olivia Lindon, Joséphine Meunier (danseurs).

     



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