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CRITIQUES DE CONCERTS 26 septembre 2021

Nouvelle production de Falstaff de Verdi dans une mise en scène de Barrie Kosky et sous la direction de Daniele Rustioni au festival d’Aix-en-Provence 2021.

Aix 2021 (1) :
Un Falstaff slow food

© Monika Rittershaus

Trop sage pour convaincre. Dans cette nouvelle production de Falstaff au festival d’Aix, Barrie Kosky prend le personnage shakespearien à rebours des traditions, loin de l’habituel ventripotent lubrique. L'Orchestre de l'Opéra de Lyon donne au dernier chef-d'œuvre de Verdi des couleurs et une vitalité de tous les instants.
 

Théâtre de l’Archevêché, Aix-en-Provence
Le 06/07/2021
David VERDIER
 



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  • En dĂ©couvrant le programme de cette Ă©dition 2021, on pensait que Falstaff aurait pu fournir une matière théâtrale parfaitement compatible avec l'art et l'esthĂ©tique de Barrie Kosky. Ces espĂ©rances auront Ă©tĂ© partiellement déçues. Non que le metteur en scène australien se soit fourvoyĂ©, ni que le spectacle soit un Ă©chec, mais plutĂ´t par le fait qu'on n'atteigne pas le pĂ©tillant et la vigoureuse intelligence du travail auquel il nous a frĂ©quemment habituĂ©s.

    Son personnage a été voulu et pensé à rebours des traditions shakespeariennes du paillard ventripotent et lubrique. Tenu hors de ce modèle traditionnel, il apparaît sous les traits d'un bon vivant qui rechigne à abandonner définitivement sa vie de jeune homme et l'idée de se modérer dans ses désirs sexuels et gastronomiques, tout autant qu'il refuse de considérer sa vieillesse et sa fin prochaine.

    La question sociale s'invite également dans cette mise en scène, avec une nette différence de classe entre la petite société de loosers pathétiques qui environnent le pancione et la petite bourgeoisie guindée de la famille Ford. La transgression se lit à plusieurs niveaux dans sa démarche maladroite à vouloir pénétrer ce milieu social qui finit par lui faire payer très cher son entreprise par une humiliation publique dont l'excès seul pourrait expliquer la sympathie qu'on peut éprouver pour Falstaff.

    Les deux premiers actes se déroulent dans un étonnant et très vaste décor de céramiques Jugendstil au milieu desquelles Sir John prépare ses plats et ses affaires amoureuses. Crises de rires et cris d'effroi dans le public à la vue de ses fesses nues sous le tablier, ou bien lorsqu'il enfile un costume de séducteur agrémenté des mêmes motifs que les murs.

    La petite communauté des femmes est traitée sur le même modèle caricatural avec des couleurs aussi vives que les caractères et les intentions, tandis que les personnages masculins alternent entre le cocu engoncé dans son haut col (Ford) et toute une clique d'affamés de d'opportunistes. Le dernier acte réunira tout ce beau monde, vêtu de noir et, malgré toute la science magnifique des éclairages de Franck Evin, sans le souffle ni les idées qui auraient permis de faire exploser la scène.

    Vocalement, les ensembles ne sont pas toujours ajustés dans la couleur et dans le rythme. Le Ford de Stéphane Degout remporte un succès bien mérité, idéal de timbre et de ligne dans le profil de ce personnage de bourgeois ridicule. Carmen Giannattasio ne lui donne pas vraiment le change, cantonnant son Alice dans une suite de poses acides et effarouchées. Ni la Meg Page trop neutre d'Antoinette Dennefeld ni surtout la Mrs Quickly poitrinante de Daniela Barcellona ne pourront égaler parmi les présences féminines la très belle prestation de Giulia Semenzato (Nanetta) avec un phrasé et des aigus magnifiquement déliés qui s'accordent parfaitement avec le Fenton de Juan Francisco Gatell.

    Christopher Purves compense en présence scénique ce qu'il peine vocalement à exprimer, prisonnier d'une absence de phrasé et de style ne lui permettant pas de rivaliser avec les grands tenants du rôle-titre. Rodolphe Briand et Antonio di Matteo composent un très efficace duo Bardolfo-Pistola, à l'imitation du pétulant Cajus de Gregory Bonfatti.

    L'excessive largeur de scène et des chanteurs placés sur le proscénium occasionneront certaines fragilités de synchronisation. Maigres bémols quand on pense à la façon dont Daniele Rustioni fait rugir de belle manière les forces de l'Orchestre de l’Opéra de Lyon, avec une souplesse de ligne et d'intentions qui signe une grande soirée verdienne.




    Théâtre de l’Archevêché, Aix-en-Provence
    Le 06/07/2021
    David VERDIER

    Nouvelle production de Falstaff de Verdi dans une mise en scène de Barrie Kosky et sous la direction de Daniele Rustioni au festival d’Aix-en-Provence 2021.
    Giuseppe Verdi (1813-1901)
    Falstaff, commedia lirica en trois actes (1893)
    Livret d’Arrigo Boïto d’après The Merry Wives of Windsor et des scènes de Henry IV de Shakespeare.

    Chœur et Orchestre de l’Opéra de Lyon
    direction : Daniele Rustioni
    mise en scène : Barrie Kosky
    scénographie, costumes : Katrin Lea Tag
    Ă©clairages : Franck Evin
    préparation des chœurs : Roberto Balistreri

    Avec :
    Christopher Purves (Sir John Falstaff), Stéphane Degout (Ford), Juan Francisco Gatell (Fenton), Carmen Giannattasio (Mrs Alice Ford), Daniela Barcellona (Mrs Quickly), Giulia Semenzato (Nannetta), Antoinette Dennefeld (Mrs Meg Page), Gregory Bonfatti (Dottore Cajus), Rodolphe Briand (Bardolfo), Antonio di Matteo (Pistola).

     



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