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CRITIQUES DE CONCERTS 05 décembre 2022

Concert des Wiener Philharmoniker sous la direction d’Herbert Blomstedt au festival de Salzbourg 2021.

Salzbourg 2021 (7) :
En toute simplicité

© Marco Borrelli

Incontournable, le concert de Blomstedt avec les Wiener Philharmoniker à Salzbourg affiche cet été un art plus limpide que jamais, au service de compositeurs aussi dissemblables que Honegger et Brahms. Dans une atmosphère pacifiée pour le premier, très classique pour le second, le maestro laisse chanter la musique avec un naturel confondant.
 

GroĂźes Festspielhaus, Salzburg
Le 28/08/2021
Yannick MILLON
 



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  • En septembre 1998 au festival de Besançon, Herbert Blomstedt et l’Orchestre du Gewandhaus de Leipzig donnaient une Symphonie n° 3 de Honegger d’une incandescence noire, les musiciens pas loin de dĂ©border de la scène d’un Théâtre Ledoux surchauffĂ©. On Ă©tait alors loin de s’imaginer que le septuagĂ©naire qui se tenait sur le podium serait encore en activitĂ© presque un quart de siècle plus tard.

    Cet été, le chef américano-suédois, toujours fringant, a fêté son 94e anniversaire, et se rapproche de la longévité au pupitre de Stokowski, actif une année supplémentaire. On l’a déjà dit, Blomstedt, qui dirige toujours debout et le plus souvent par cœur (Brahms ce matin) n’a pour l’heure pas ralenti le moins du monde ses tempi, contrairement à tant de confrères qui s’enlisent au fur et à mesure des ans.

    Formellement, sa Liturgique n’a donc guère changé, d’une parfaite clarté des lignes, d’un soin du détail fruit d’une battue limpide. C’est plutôt au niveau du caractère que l’interprétation s’est muée d’un bouillonnement plein de fulgurances à une approche plus distanciée, qui cherche davantage la lueur au bout du tunnel de cette partition très sombre.

    Les soubresauts de Dies irae et de Dona nobis pacem sont bien présents, mais plus symboliques qu’assénés, tandis que le De profundis central devient le cœur de l’exécution, et l’épilogue postapocalyptique du troisième et dernier mouvement un écho organique, la juste raison d’avoir apaisé les lignes de tension du discours jusque-là.

    C’est aussi que les Wiener ne chantent pas dans leur arbre généalogique, et l’on n’est guère surpris de voir entrer en scène autant d’instrumentistes leur partition bleue à la main, après que le piccolo a répété inlassablement ses traits périlleux pendant l’installation du public. Orchestre prudent donc, mais qui sait trouver de fabuleuses fenêtres de tir pour asseoir son magistère musical.

    La conclusion, avec ses solos – violoncelle de Peter Somodari, violon de Volkhard Steude, flûte de Karl-Heinz Schütz et piccolo de Günter Federsel –, est de ces moments précieux où le Philharmonique de Vienne semble planer très au-dessus de la concurrence mondiale. Pour preuve, au cœur d’une météo salzbourgeoise très arrosée, un franc soleil revient le temps de l’entracte sur la Hofstallgasse.

    Simplicité sera aussi le maître-mot de la Quatrième de Brahms, sans doute un peu lente à l’allumage, mais où le vieux maestro, radieux comme jamais, soigne à l’infini des transitions de la plus pure beauté – l’Andante moderato, où il peaufine un accompagnement de pizz léger comme un nuage, laissant aux violons le soin de chanter en parfaite confiance, où l’on se croirait dans le classicisme lumineux de la Pastorale de Beethoven.

    Sans le moindre effet, dans une battue qui n’oublie à aucun moment le ternaire de la mesure, la chaconne finale – après un Scherzo ludique où le piccolo ramenait sa fraise avec impertinence – ne souffre aucune surcharge et laisse se déployer là encore une flûte bénie des Dieux.




    GroĂźes Festspielhaus, Salzburg
    Le 28/08/2021
    Yannick MILLON

    Concert des Wiener Philharmoniker sous la direction d’Herbert Blomstedt au festival de Salzbourg 2021.
    Arthur Honegger (1892-1955)
    Symphonie n° 3 « Liturgique Â»
    Johannes Brahms (1833-1897)
    Symphonie n° 4 en mi mineur op. 98
    Wiener Philharmoniker
    direction : Herbert Blomstedt

     


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