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CRITIQUES DE CONCERTS 27 novembre 2021

Programme Wagner de l’Orchestre du Festival de Bayreuth sous la direction d’Andris Nelsons à la Philharmonie de Paris.

Lâcher de décibels
© Marco Borggreve

Pour sa visite exceptionnelle à Paris en tout début de saison, l’Orchestre du Festival de Bayreuth se montre dans une forme olympique. La direction formelle et statique d’Andris Nelsons, insensible à la théâtralité et au lyrisme des œuvres, et en outre généreuse en décibels, vient diminuer le plaisir d’entendre cette formation hors de sa fosse couverte.
 

Philharmonie, Paris
Le 01/09/2021
Thomas DESCHAMPS
 



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  • Rares sont les concerts de l’Orchestre du Festival de Bayreuth en dehors de la Colline verte. Sa dernière visite Ă  Paris remonte mĂŞme Ă  plus de soixante-dix ans ! C’est dire l’importance de cette soirĂ©e de rentrĂ©e pour les Parisiens.

    Andris Nelsons y renoue avec Bayreuth, après son départ pour divergences de conception quelques semaines avant la première du nouveau Parsifal de 2016. Sans doute s’agit-il du prélude à une nouvelle collaboration. Ce concert était aussi l’occasion de penser au regretté Laurent Verney, disparu tragiquement en mai dernier. Premier alto de l’Orchestre de l’Opéra de Paris, il était également chef de pupitre dans l’abîme mystique.

    Le programme constitué d’extraits compilait celui des deux concerts donnés quelques jours auparavant à Bayreuth, en excluant le premier acte de La Walkyrie qui leur était commun. Du coup, la soirée laisse une impression de morcellement, l’art wagnérien ne s’accommodant que très peu d’un saucissonnage souligné par les applaudissements venant saluer la fin de chaque air ou page orchestrale.

    D’emblée, dans le prélude de Lohengrin, l’orchestre présente une superbe sonorité et une très grande homogénéité, dans les cordes au premier chef. Andris Nelsons, qui a dirigé Lohengrin à Bayreuth entre 2010 et 2014, maîtrise parfaitement la structure en arche de cette musique, sa lumière issue d’une division scrupuleuse des violons. L’ensemble possède une netteté qui laisse cependant peu de place à la poésie.

    Le chef ne se départit pas de cet aspect démonstratif pour accompagner dans trois airs du même opéra Klaus Florian Vogt qui doit lutter contre un orchestre trop sonore, comme si le fait d’être sorti de la fameuse fosse de Bayreuth n’avait pas été pris en compte. Le ténor arrive pourtant à distiller les sonorités immatérielles qui ont fait son succès.

    Les extraits de Parsifal le montrent plus à la peine pour les mêmes raisons. Nelsons reprend son art du crescendo dans le prélude et ne peut résister à terminer par une coda bruyante, complètement hors de propos. L’Enchantement du Vendredi saint, très peu contrasté, est brossé à gros traits dans une lenteur implacable qui essouffle presque le hautbois bien timbré de Viola Wilmsen.

    Une Chevauchée des Walkyries d’un débraillé assez efficace ouvre la seconde partie consacrée ensuite au seul Crépuscule des dieux. Retour à une plasticité impressionnante pour le Voyage de Siegfried sur le Rhin, construit à coup de gestes ramassés comme un peintre avec son couteau mais peu soucieux de déroulé théâtral, trop occupé à son arche dynamique parfaite. À ce jeu du spectaculaire, la Marche funèbre est la page qui fonctionne le mieux.

    L’Immolation de Brünnhilde accueille la soprano Christine Goerke, que l’Opéra de Paris a bien connue comme mozartienne il y a une vingtaine d’années. La voix s’est développée et le vibrato aussi, le timbre gardant une chaleur appréciable. Dans un tempo allant et avec grand fracas, le chef suit la chanteuse dans une extase rageuse. Hélas, l’absence de phrasé se fait finalement cruellement sentir : l’effondrement du Walhalla, tout sonore qu’il soit, n’est en rien le drame d’un univers qui disparaît. Plus grave encore, l’ultime retour du motif de la Rédemption du monde par l’amour a rarement sonné de manière aussi éteinte, le maestro tout à son decrescendo modelé scrupuleusement par un orchestre en pleine forme.




    Philharmonie, Paris
    Le 01/09/2021
    Thomas DESCHAMPS

    Programme Wagner de l’Orchestre du Festival de Bayreuth sous la direction d’Andris Nelsons à la Philharmonie de Paris.
    Richard Wagner (1813-1883)
    Lohengrin, Parsifal, La Walkyrie, Crépuscule des dieux
    Christine Goerke, soprano
    Klaus Florian Vogt, ténor
    Orchestre du Festival de Bayreuth
    direction : Andris Nelsons

     


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