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CRITIQUES DE CONCERTS 26 octobre 2021

Version de concert de Manon de Massenet sous la direction de Daniele Rustioni au Théâtre des Champs-Élysées, Paris.

Portrait incomplet
© Marco Cambiaghi

Pour son ouverture de saison le Théâtre des Champs-Élysées a proposé une Manon de Massenet presque complète avec le concours des forces de l’Opéra de Lyon. Une version de concert forte de l’engagement de ses chanteurs et de son chef. Cette générosité trouve des limites chez son héroïne et dans une surenchère expressive pas toujours mesurée.
 

Théâtre des Champs-Élysées, Paris
Le 15/09/2021
Thomas DESCHAMPS
 



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  • En visite annuelle et rituelle au Théâtre des Champs-ÉlysĂ©es, les forces de l’OpĂ©ra de Lyon en ont ouvert la saison. ArchĂ©type fĂ©minin, le rĂ´le de Manon demande Ă  son interprète de multiples ressources. Vannina Santoni n’en manque pas. En Ă©tat avancĂ© de grossesse, la soprano possède un timbre chaleureux, une belle diction et offre un portrait très convaincant de l’ingĂ©nue qui s’apprĂŞte Ă  rentrer au couvent.

    Les scènes de la rue Vivienne culminent dans un Adieu, notre petite table nuancé et émouvant. En revanche, Cours-la-Reine la trouve au-delà de sa tessiture, et cela dès Suis-je gentille ainsi ? Cette absence d’aigus s’accompagne d’une fragilité vocale qui ne doit pas être celle de l’héroïne à ce moment de l’opéra. L’évolution psychologique attendue dans ce rôle, l’épanouissement d’une femme libre, ou même la fille galante manquent à l’appel. Ce n’est que dans le tableau final que la soprano retrouve une pleine chaleur interprétative.

    Son partenaire, Saimur Pirgu, chante le plus souvent une autre musique. En fermant les yeux est très soigné mais ressemble plus à un exercice de récital qu’à un moment de poésie. Partout ailleurs, le ténor ne résiste jamais très longtemps à saturer la salle d’une générosité dynamique hors de propos qui force même la soprano à crier à Saint-Sulpice. La subtilité est en revanche l’apanage du Lescaut campé par Jean-Sébastien Bou avec un talent fou. L’étendue de son registre expressif paraît sans limite, pourtant sans aucun cabotinage. D’une voix parfaitement conduite, il rend inoubliable le pastiche très XVIIIe Ô Rosalinde, il me faudrait gravir le Pinde.

    Éric Huchet atteint la même justesse avec son Guillot de Morfontaine parfaitement rôdé, tout comme Philippe Estèphe en Monsieur de Bretigny. Très naturel, Nicolas Testé ne sonne pas toujours comme le plus concerné des Comte des Grieux. Les trois élégantes issues du studio de l’Opéra de Lyon brillent de leur parfaite complicité. Le Chœur fournit des petits rôles intelligibles et bien sentis, tandis que la diction de son ensemble malheureusement masqué force l’admiration.

    En présentant une version à peine coupée de l’ouvrage, Daniele Rustioni témoigne d’un amour manifeste et communicatif pour cette partition jusque dans ses pages trop souvent survolées, comme celles du tripot de l’hôtel de Transylvanie dont il se plaît à souligner les motifs bondissants. Avec son équipe, le chef italien passe très naturellement du chant aux dialogues de l’opéra-comique en passant par le mélodrame.

    Exigeant un engagement incessant de ses troupes, il garde révérence pour les airs des chanteurs. Ailleurs, il ne se prive pas de faire sonner à plein régime l’orchestre fourni de Massenet. C’est peut-être étourdissant dans certaines scènes, sûrement fatiguant dans son ensemble. D’autant que l’orchestre ne sonne pas à son meilleur avec des faiblesses qu’on ne détaillera pas. Joué à fond de train, le ballet de Cours-la-Reine s’éloigne considérablement du pastiche qu’il devrait être. Un peu partout le lyrisme s’engorge sous une direction velléitaire.




    Théâtre des Champs-Élysées, Paris
    Le 15/09/2021
    Thomas DESCHAMPS

    Version de concert de Manon de Massenet sous la direction de Daniele Rustioni au Théâtre des Champs-Élysées, Paris.
    Jules Massenet (1842-1912)
    Manon (1884)
    Vannina Santoni (Manon Lescaut)
    Saimir Pirgu (Les Chevalier des Grieux)
    Jean-SĂ©bastien Bou (Lescaut)
    Eric Huchet (Guillot de Morfontaine)
    Philippe Estèphe (Monsieur de Brétigny)
    Nicolas Testé (Le Comte des Grieux)
    Margot Genet (Poussette)
    Amandine Ammirati (Javotte)
    Clémence Poussin (Rosette)
    Antoine Saint Espes (L’hôtelier)
    Tigran Guiragosyan (Le premier garde)
    Yannick Berne (Le deuxième garde)
    Chœur et Orchestre de l’Opéra national de Lyon
    direction : Daniele Rustioni

     


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