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CRITIQUES DE CONCERTS 26 octobre 2021

Concert de l’Orchestre de Paris sous la direction Klaus Mäkelä à la Philharmonie de Paris.

Une nouvelle ère
© Mathias Benguigui / Pasco and Co

Pour son premier concert en tant que directeur musical en fonction, Klaus Mäkelä met en valeur la splendide virtuosité expressive de son orchestre. À la stimulante création de Spira d'Unsuk Chin, succède le magnétisme vocal de Lise Davidsen dans Strauss. Mahler achève de convaincre qu’une nouvelle ère, riche de perspectives, s’ouvre pour l’Orchestre de Paris.
 

Philharmonie, Paris
Le 16/09/2021
Thomas DESCHAMPS
 



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  • Il se raconte que de nombreux spectateurs du concert du 15 septembre, Ă©blouis par la prestation de la soprano norvĂ©gienne Lise Davidsen, ont repris des billets pour le concert du lendemain qui rĂ©pĂ©tait le mĂŞme programme. Au soir de sa seconde prestation, comme on les comprend ! Les quatre Lieder de l’Opus 27 de Strauss dans leur version avec orchestre ont complètement effacĂ© la prestation dĂ©sĂ©quilibrĂ©e de la chanteuse d’octobre 2019 en ces mĂŞmes lieux avec François-Xavier Roth. Le registre grave de la soprano Ă©voque une soie noire dans Ruhe, meine Seele ! dont l’introduction sourdement menaçante utilise la clarinette basse que l’on retrouvera plus tard dans le programme.

    Davidsen emplit de son immensité vocale la salle et vainc une acoustique qui reste délicate pour d’autres interprètes. Les deux Lieder suivants illustrent la ductilité d’une voix au souffle inépuisable. Orchestre et chanteuse trouvent des nuances subtiles dans Morgen porté de manière discrète mais incomparablement stylée par la violoniste Elise Båtnes, premier violon du Philharmonique d’Oslo, invitée pour l’occasion à tenir la chaise. Auparavant, la création française de Spira, œuvre récente de la compositrice coréenne Unsuk Chin, joue de tous les pupitres avec des percussions étendues. Ce concerto pour orchestre sonne avec une très belle transparence, et sa virtuosité presque scientifique trouve son salut dans un humour réjouissant.

    Comme pour beaucoup de concerts de prise de fonction, Mahler a été choisi par Klaus Mäkelä pour son premier concert officiel comme directeur musical. Lentement, il ouvre le monde mystérieux de la Première Symphonie en faisant un travail particulier sur les sonorités de sa formation, tant au niveau individuel qu’au niveau collectif. Sa conception se distingue de celles de nombre de ses contemporains par un rubato qui rattache de nouveau cette musique à ses racines d’Europe centrale. Des timbres plus sales, parfois fragiles, éloignent son Mahler des interprétations impeccablement lisses et brillantes.

    Les zooms sur les solos sont rares et d’autant plus marquants, notamment pour la clarinette basse ou le basson. Mäkelä retrouve tout le mystère de la marche du troisième mouvement, convoquant des images contemplatives ou nostalgiques. Mais le chef au geste élégant sait aussi lancer à corps perdu ses musiciens dans un final échevelé à son image. Jamais lourd, l’orchestre se soulève en houles concordantes ou dissonantes jusqu’à la résolution triomphale. Une seule coquetterie : le jeune Finlandais fait se lever le pupitre des cors, détail visuel ayant peu d’effet sonore.




    Philharmonie, Paris
    Le 16/09/2021
    Thomas DESCHAMPS

    Concert de l’Orchestre de Paris sous la direction Klaus Mäkelä à la Philharmonie de Paris.
    Unsuk Chin (*1961)
    Spira (2019)
    Création française
    Richard Strauss (1864-1949)
    Vier Lieder op. 27
    Lise Davidsen, soprano
    Gustav Mahler (1860-1911)
    Symphonie n° 1 en ré majeur (1889)
    Orchestre de Paris
    direction : Klaus Mäkelä

     


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