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CRITIQUES DE CONCERTS 26 octobre 2021

Nouvelle production de Der Silbersee de Kurt Weill dans une mise en scène d’Ersan Mondtag et sous la direction de Karel Deseure à l’Opera Ballet des Flandres.

Lac désargenté
© Annemie Augustijns

Avec Der Silbersee de Kurt Weill, l’Opéra des Flandres réinvite pour son premier spectacle de la saison le metteur en scène Ersan Mondtag, dont la mise en scène provocatrice remet en cause toutes nos valeurs mais s’épuise quelque peu vite par les limites du livret, tandis que les chanteurs comme l’orchestre traitent la musique avec humour et grinçant.
 

Opera Ballet Vlaanderen, Gent
Le 18/09/2021
Vincent GUILLEMIN
 



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  • Écrite en 1932 et crĂ©Ă©e simultanĂ©ment le 18 fĂ©vrier 1933 Ă  Leipzig, Magdebourg et Erfurt, la troisième collaboration de Georg Kaiser et Kurt Weill, Der Silbersee, ne connaĂ®tra jamais d’autres reprĂ©sentations avant plusieurs dĂ©cennies, les Nazis ayant fait en sorte d’annuler toutes les reprises. L’ouvrage rĂ©apparaĂ®t cette saison Ă  Anvers et Gand grâce au dynamisme toujours intact de l’OpĂ©ra des Flandres.

    Ersan Mondtag avait déjà tenté de dynamiter Der Schmiedt von Gent de Schreker dans cette même maison. Il revient en Flandres pour adapter la musique de scène de Weill, forcément politique, puisque ce Lac d’argent traite de malheureux comme il y en eut des millions en Allemagne après la crise de 1929. En l’absence de datation de l’intrigue, le metteur en scène fait le choix de 2033, quand l’homme aurait muté à cause de la pollution et où la dictature serait à nouveau proche.

    Puis il dynamite lui-même sa proposition après à peine trente minutes par une interruption, où Olim, le méchant policier qui a tiré sur le pauvre voleur Severin et va ensuite tenter de le sauver, entre en criant, un article de presse à la main, pour justifier la nullité du spectacle. Mondtag provoque avec tout ce qu’il touche : Olim (excellent Benny Claessens) est un homosexuel efféminé caricatural ; la belle Fennimore alterne entre une mince soprano et une ronde mezzo, qui surjoue de son poids.

    À cette distraction où sont aussi visés les vegans s’ajoute une attaque directe à la morale masquée de nos sociétés. Un somptueux décor d’entrée de palais au II tient alors par six colonnes faites de figures religieuses, d’un militaire, d’un financier ou encore de Ping et Liu, deux personnages présents pour remettre en cause les relectures récentes de chefs-d’œuvre du passé.

    © Annemie Augustijns

    Mais l’histoire, qui tient en la réhabilitation d’Olim lorsqu’il tente de sauver Severin, puis se voit floué par la riche Frau von Luber, ne permet pas de développer à outrance le propos, et si la musique de Weill n’accompagne qu’à peine un tiers du temps un texte initial de près de quatre heures, cette relecture de 3 h 20 souffre encore de longueurs, d’autant que le texte parlé alterne allemand, anglais et flamand.

    Toujours en allemand, la musique est interprétée comme du pur Weill, sans finesse, avec ironie et grinçant. Le Severin de Daniel Arnaldos se montre lyrique, notamment au monologue de l’Odyssée au III. L’agent de loterie, arrivé directement déguisé en château providentiel, bâtiment acheté juste après par Olim grâce aux gains, tient ce premier rôle haut perché et prend ensuite celui de Baron Laur. Les deux Fennimore ajoutent une touche de grotesque et surtout de douceur bienvenue, Hanne Roos pour les premiers airs avec sa souple voix de soprano, puis Marjan De Schutter dans le dernier, d’une belle profondeur de mezzo, seule devant le rideau pour occuper le public pendant un changement de plateau faussement non-préparé.

    Karel Deseure pousse en fosse un Symfonisch Orkest Opera Ballet Vlaanderen volontairement aigre, souvent fort et toujours stylisé à la manière des enregistrements des années 1950 des œuvres du compositeur, tandis que le chœur en coulisse marque surtout pour ses Olim mystiques en fin d’acte I et pour la Reminiszenz conclusive du II.




    Opera Ballet Vlaanderen, Gent
    Le 18/09/2021
    Vincent GUILLEMIN

    Nouvelle production de Der Silbersee de Kurt Weill dans une mise en scène d’Ersan Mondtag et sous la direction de Karel Deseure à l’Opera Ballet des Flandres.
    Kurt Weill (1900-1950)
    Der Silbersee, un conte d’hiver (1933)
    Texte de Georg Kaiser

    Lid Jong Ensemble Opera Ballet Vlaanderen
    Koor Opera Ballet Vlaanderen
    Symfonisch Orkest Opera Ballet Vlaanderen
    direction : Karel Deseure
    mise en scène : Ersan Mondtag
    décors : Simon Lesemann
    costumes : Josa Marx
    Ă©clairages : Roland Edrich
    préparation des chœurs : Jan Schweiger

    Avec : Daniel Arnaldos (Severin), Marjan De Schutter, Hanne Roos (Fennimore), Benny Claessens (Olim), Elsie de Brauw (Frau von Luber), James Kryshak (Agent de Lotterie / Baron Laur), Simon Schmidt, Onno Pels, Thierry Vallier, Mark Gough (Quatre garçons), Dagmara Dobrowolska, Chia-Fen Wu (Deux vendeuses), Jonas Grundner-Culemann (Médecin / rôles parlés).
     



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