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CRITIQUES DE CONCERTS 16 janvier 2022

Nouvelle production d’Eugène Onéguine de Tchaikovski dans une mise en scène d’Éric Vigié et sous la direction de Speranza Scappucci à l’Opéra Royal de Liège-Wallonie.

Onéguine voit rouge
© J. Berger

Transposé avec risque en pleine révolution russe, la nouvelle production d’Eugène Onéguine à Liège bénéficie comme souvent dans cette maison de la qualité musicale, non seulement grâce à la distribution, mais aussi et surtout grâce à l’orchestre sous la direction de Speranza Scappucci, particulièrement bien adaptée aux situations.
 

Opéra Royal de Wallonie, Liège
Le 24/10/2021
Vincent GUILLEMIN
 



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  • Le retour d’un opĂ©ra russe Ă  Liège est une première depuis la rĂ©ouverture de la salle en 2012. Eugène OnĂ©guine n’avait plus Ă©tĂ© proposĂ© au public wallon depuis 1994. Aujourd’hui remontĂ© grâce de la directrice musicale des lieux, le chef-d’œuvre de TchaĂŻkovski trouve dans la proposition scĂ©nique d’Éric VigiĂ© une transposition risquĂ©e, heureusement soutenue par la musique.

    Pendant l’ouverture, des vidéos présentent la Révolution soviétique, sans accord avec la scène lorsque le rideau se lève. Le décor de Gary McCann dévoile un jardin classique avec une balançoire, puis le tableau suivant laisse descendre une coupole d’église orthodoxe. Tout laisse alors à penser que l’on est encore au XIXe, et que l’idée de révolution ne sera utilisée qu’au dernier tableau. Mais passé le premier entracte, on retrouve la coupole effondrée et brulée, qui place l’action des deux premiers actes en 1917.

    Difficile alors de faire rentrer dans ce concept la scène de bal chez Larina, qui devient ici une fête révolutionnaire, où l’on aurait oublié de massacrer les nobles... Encore plus compliquée, la temporalité du III nous amène en pleine fête d’entre-deux guerres, entouré des statues de Lénine et Staline, cette fois dans un bal encore moins adapté à la situation de l’URSS des années 1930. Au moins, la scène du duel aura proposé une adaptation puissante avec l’idée d’une roulette russe, cependant mal comprise par une partie du public, qui ne voit pas le geste du soldat pour rouler le barillet sur son bras, et ne comprend alors pas pourquoi seul Onéguine récupère un pistolet.

    Musicalement, Ruzan Mantashyan s’est faite porter absente ce matin même et c’est sa remplaçante, Natalia Tanasii, qui sauve la représentation. Le souffle n’est pas toujours très long et le timbre plus passe-partout que celui de la soprano arménienne, mais l’artiste tient sa partie avec un russe impeccable en plus d’un jeu en parfaite adéquation avec le reste du plateau. Onéguine possède les mêmes qualités grâce au baryton Vasily Ladyuk, aux couleurs du bas-médium cependant moins remarquables que celles d’Alexey Dolgov pour Lenski.

    Les beaux graves de Zoryana Kushpler posent bien le rôle de Madame Larina, autant que celui de la dynamique Filipyevna de Margarita Nekrasova. Maria Barakova campe une vaillante Olga, à la voix bien ouverte sur le registre aigu, quand un autre remplaçant, Thomas Morris, offre un Triquet enjoué, malgré le fait de devoir jouer sur une scène de guerre. Particulièrement luxueux pour une si courte partie, qu’il prend pour l’occasion pour la première fois à Liège, Ildar Abdrazakov triomphe dans son air du Prince Grémine.

    Préparés à la langue slave depuis mai par Denis Segond, les Chœurs de l’Opéra Royal de Wallonie-Liège font état du même niveau de qualité que lorsqu’ils chantent en italien et ravissent dans toutes leurs scènes, tandis qu’aussi bien ajusté, l’orchestre renforcé par quelques étudiants du conservatoire bénéficie d’une attention de chaque instant et d’un soutien à l’action sous le battue particulièrement juste de Speranza Scappucci. On profite alors d’une scène de la lettre rendue à son lyrisme par les violons et les bois, tandis que les cuivres, violoncelles et contrebasses arborent une belle gravité lors des moments plus sombres.




    Opéra Royal de Wallonie, Liège
    Le 24/10/2021
    Vincent GUILLEMIN

    Nouvelle production d’Eugène Onéguine de Tchaikovski dans une mise en scène d’Éric Vigié et sous la direction de Speranza Scappucci à l’Opéra Royal de Liège-Wallonie.
    Piotr Ilitch Tchaikovski (1840-1893)
    Eugène Onéguine, opéra en trois actes (1877)
    Livret du compositeur et de Constantin Chilovski d’après Pouchkine
    Choeurs et Orchestre de l’Opéra Royal de Liège-Wallonie
    direction : Speranza Scappucci
    mise en scène & costumes : Éric Vigié
    décors : Gary Mc Cann
    Ă©clairages : Henri Merzeau
    chorégraphie : Jean-Philippe Guilois
    préparation des chœurs : Denis Segond

    Avec :
    Vasily Ladyuk (Eugène Onéguine), Natalia Tanasii (Tatyana), Maria Barakova (Olga), Alexey Dolgov (Lensky), Ildar Abdrazakov (Prince Gremin), Zoryana Kushpler (Madame Larina), Margarita Nekrasova (Filipyevna), Thomas Morris (Monsieur Triquet), Daniel Golossov (Zaretsky / Le Capitaine).

     



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