altamusica
 
       aide
















 

 

Pour recevoir notre bulletin régulier,
saisissez votre e-mail :

 
désinscription




CRITIQUES DE CONCERTS 17 janvier 2022

Reprise de Rigoletto de Verdi dans la mise en scène de Claus Guth, sous la direction de Giacomo Sagripanti à l’Opéra de Paris.

Deux Rigoletto plutôt qu’un
© Elisa Haberer

Reprise avec deux distributions pour les grands rôles, le Rigoletto de Verdi selon Claus Guth fait une nouvelle fois ressortir la sublime Gilda de Nadine Sierra, maintenant face à l’impressionnant Ludovic Tézier dans le rôle-titre, tandis que son bouffon de 2017 est dans l’autre distribution, devant Irina Lungu et le Duc en voix de Joseph Calleja.
 

Opéra Bastille, Paris
Le 11/11/2021
Vincent GUILLEMIN
 



Les 3 dernières critiques de concert

  • So long, Mr Sow !

  • Une Vie encombrĂ©e

  • KalĂ©idoscope pianistique

    [ Tous les concerts ]
     
      (ex: Harnoncourt, Opéra)




  • CrĂ©Ă©e en avril 2016, la production de Claus Guth du Rigoletto de Verdi Ă©tait remontĂ©e dès l’annĂ©e suivante pour faire exploser en France deux sopranos, Nadine Sierra puis Lisette Oropesa. Ă€ l’occasion d’une nouvelle reprise du spectacle, comme on le sait faite d’un Ă©norme carton dans lequel un double du bouffon clochard revit en image le drame de sa vie sur scène, revient la sublime Gilda de Sierra, Ă  prĂ©sent face au plus grand baryton français.

    Toujours aussi charismatique en scène, la chanteuse américaine affiche encore cette même pureté dans le rôle et dans la voix, magnifiée par son partenaire et père dans les duos, tant elle se montre complémentaire avec le Rigoletto de Ludovic Tézier. D’un chant tellement superbe qu’on en regretterait presque le manque de fêlures, ce dernier surpasse de loin l’autre bouffon de cette reprise, déjà présent lui aussi il y a quatre ans et maintenant dans la seconde distribution. Željko Lučić ne démérite pas, surtout au premier acte, mais son timbre gris ne fait rien d’un Cortigiani d’une incroyable puissance sous Tézier, quand la fin trouve une rare émotion encore seulement avec ce dernier.

    Dans la première distribution, le Duc de Dmitry Korchak tient vaillamment tous les airs, avec justesse et vigueur, sans parvenir à cette supériorité de style qu’apporte en cast B Joseph Calleja. La voix chevrote certes parfois, mais le ténor semble avoir profité des confinements pour revenir à son niveau le plus haut, et lance toutes ses phrases et arias avec fougue, au point de faire d’un simple Sua figlia ! d’aparté un instant de bravoure. Irina Lungu face à lui se montre une excellente Gilda, à laquelle manque toutefois le trouble et le naturel pour atteindre celle de Sierra.

    Au Page de la duchesse près, où l’on préfère largement Lise Nougier de la distribution A, tous les chanteurs sont identiques pour les autres protagonistes, du Monterone bien timbré de Bogdan Talos au Marullo bien projeté de Jean-Luc Ballestra. Ressortent également le Sparafucile sombre de Goderdzi Janelidze et plus encore la Maddalena de Justina Gringyté, mezzo ductile au dernier acte, quelque soient le duc à séduire. Dans le difficile rôle muet du double, Henri Bernard Guizirian apporte une vraie finesse d’acteur, intense dans ses grands moments et plus effacé lorsqu’il le faut pour laisser la place au chant.

    Pour accompagner le plateau, deux chefs étaient également prévus, mais Dan Ettinger a finalement disparu et ne reste donc que Giacomo Sagripanti. En grand spécialiste d’opéra italien, celui-ci s’adapte toujours aux chanteurs. La soirée du 5 novembre affiche une énergie et un volume sonore à même de toujours exalter le cast A. Plus doux avec l’autre distribution, il surveille aussi davantage le duc de Calleja et utilise le second Orchestre de l’Opera de Paris pour apporter plus de souplesse, quand le chœur d’hommes préparé par Ching-Lien Wu affiche pour Verdi une belle dynamique en plus de délivrer un texte précis. Ces deux très beaux soirs laissent seulement regretter de n’avoir eu au moins une fois le Duc de Calleja face au Rigoletto de Tézier.




    Opéra Bastille, Paris
    Le 11/11/2021
    Vincent GUILLEMIN

    Reprise de Rigoletto de Verdi dans la mise en scène de Claus Guth, sous la direction de Giacomo Sagripanti à l’Opéra de Paris.
    Giuseppe Verdi (1813-1901)
    Rigoletto, melodramma en trois actes (1851)
    Livret de Francesco Maria Piave, d'après Le Roi s'amuse de Victor Hugo

    Choeurs de l’Opéra national de Paris
    Orchestre de l’Opéra national de Paris
    direction: Giacomo Sagripanti
    mise en scène : Claus Guth
    décors : Christian Schmidt
    costumes : Christian Schmidt
    Ă©clairages : Olaf Winter
    vidéo : Andi A. Müller
    préparation des chœurs : Ching-Lien Wu

    Avec :
    Rigoletto : Ludovic Tézier 5.11, Željko Lučić 11.11 (Rigoletto), Nadine Sierra 05.11, Irina Lungu 11.11 (Gilda), Dmitry Korchak 05.11, Joseph Calleja 11.11 (Il Duca di Mantova), Goderdzi Janelidze (Sparafucile), Justina Gringyté (Maddalena), Bogdan Talos (Il Conte di Monterone), Cassandre Berthon (Giovanna), Jean-Luc Ballestra (Marullo), Maciej Kwaśnikowski (Matteo Borsa), Florent Mbia (Il Conte di Ceprano), Izabella Wnorowska-Pluchart (La Contessa), Lise Nougier 05.11, Marine Chagnon 11.11 (Paggio della Duchessa), Pierpaolo Palloni (Usciere di Corte), Henri Bernard Guizirian (Double de Rigoletto, rôle muet).

     



      A la une  |  Nous contacter   |  Haut de page  ]
     
    ©   Altamusica.com