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CRITIQUES DE CONCERTS 18 mai 2022

Concert de l’Orchestre de Paris sous la direction de Jukka-Pekka Saraste, avec le concours de la violoniste Alexandra Conunova à la Philharmonie de Paris.

MĂŞme pas peur !
© www.jukkapekkasaraste.com

Rutilante démonstration symphonique avec un Orchestre de Paris chauffé à blanc par la baguette volontaire et impatiente de Jukka-Pekka Saraste, qui soigne ses contrastes dans Bartók avant de donner une Cinquième de Mahler explosive, faisant trembler les murs en un triomphe de la vie sur les forces obscures manquant tout de même beaucoup de métaphysique.
 

Philharmonie, Paris
Le 19/01/2022
Yannick MILLON
 



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  • Deuxième programme de l’annĂ©e civile dĂ©jĂ  pour l’Orchestre de Paris, qui invitait le chef finlandais Jukka-Pekka Saraste. En première partie, Janine Jansen absente pour raisons de santĂ©, c’est la jeune Alexandra Conunova qui tient la partie soliste du rare Concerto pour violon n° 1 de BĂ©la BartĂłk, partition resserrĂ©e de vingt minutes en deux mouvements, Ĺ“uvre de jeunesse considĂ©rĂ©e comme perdue jusqu’à ce que le manuscrit rĂ©apparaisse en 1958.

    L’Andante sostenuto initial se cherche beaucoup, violon peu assuré et orchestre scrupuleux jusqu’à ce que le cor anglais, succédant aux cordes seules, propose quelques bouffées de phrasé qui libèrent les troupes. La jeune violoniste moldave semble d’ailleurs beaucoup plus à l’aise dans les ruptures de l’Allegro giocoso, où les jeux de réponses entre soliste et orchestre fusent, avant un bis virevoltant – mouvement liminaire de la Sonate n° 2 d’Ysaÿe.

    Après la pause, Saraste expose crânement sa conception de la Cinquième de Mahler, Ĺ“uvre charnière d’un homme ayant Ă©chappĂ© de peu Ă  la mort suite Ă  une hĂ©morragie en fĂ©vrier 1901. Partition de reconquĂŞte, entre marche funèbre et trajectoire vers la lumière, que le Finlandais aborde bille en tĂŞte, Ă  plein volume dès un tutti initial fracassant, sans cesse dans l’avancĂ©e et la relance rythmique, comme pour faire dire au compositeur rescapĂ© « mĂŞme pas peur ! Â»

    On admire l’énergie de la vision, d’autant que l’Orchestre de Paris brille de mille feux (la trompette de Célestin Guérin, le corno obbligato de Benoît de Barsony), mais on aimerait aussi explorer des zones d’ombres survolées, fins de phrases recto-tono, sans souplesse ni vraie interrogation. C’est que Saraste, sans cesse dans l’affirmative, n’a que faire de métaphysique, qui boucle l’Adagietto en un temps record et dans une esthétique proche de la Sixième de Sibelius, cordes dégraissées et translucides.

    Le Scherzo, au tempo confortable, ne prend pas autant de risques dans des épisodes valsés loin de l’esprit viennois, où le seul hautbois ose la suspension. Même sentiment dans le Finale, qui organise ses épisodes fugués telles des balises de terrain d’atterrissage. La vraie urgence, le refus d’étirer même à peine les transitions, on les avait déjà perçus dans le deuxième mouvement, quand les violoncelles errent au-dessus d’un roulement de timbales pianissimo, épisode pris à contrepied, le chef demandant plus de vibrato avec la main gauche quand on aurait aimé s’abîmer dans un no man’s land de doute et de solitude.




    Philharmonie, Paris
    Le 19/01/2022
    Yannick MILLON

    Concert de l’Orchestre de Paris sous la direction de Jukka-Pekka Saraste, avec le concours de la violoniste Alexandra Conunova à la Philharmonie de Paris.
    BĂ©la BartĂłk (1881-1945)
    Concerto pour violon n° 1 (1907-1908)
    Alexandra Conunova, violon
    Gustav Mahler (1860-1911)
    Symphonie n° 5 en ut# mineur (1901-1902)
    Orchestre de Paris
    direction : Jukka-Pekka Saraste

     


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